La divine Miss V.

miss_VCela faisait déjà quelques semaines que je ne vous avais pas parlé théâtre. Hier soir, j’ai eu le plaisir d’assister à la représentation de « La divine Miss V. » au théâtre Hébertot.

Un titre pareil, et Claire Nadeau seule à l’affiche, ça intrigue tellement qu’on est curieux de voir à quoi ça ressemble. Et bien, sachez-le: à un très bon spectacle! La divine Miss V., c’est Diana Vreeland. Ca ne vous dit rien ? Normal. Quoique ! Cette femme a été la toute puissante rédactrice en chef du magazine Vogue dans les années 60. L’Anna Wintour de cette décennie, en quelque sorte ! Donc forcément un personnage. Ou au moins, un tempérament.

C’est ce que confirme cette pièce, co-écrite par Mark Hampton et Mary Louise Wilson d’après « D.V. », les mémoires que Diana Vreeland rédigea à la fin des années 80, et créée aux Etats-Unis en 1995. Le spectacle commence par la fin: la grande prêtresse de la mode est de retour à New-York après quelques mois passés en Europe à tenter d’oublier… son brutal renvoi de Vogue.
Seule et ruinée, elle donne un dîner destiné à la remettre en selle. Pendant que la fidèle Inge (irrésistible femme de chambre allemande qu’on ne voie jamais!) prépare ce qu’elle peut avec les moyens du bord, Diana Vreeland se remémore sa vie. Et le récit qu’elle en fait est un régal de drôlerie, d’esprit et d’émotion. Il faut l’entendre dérouler le fil de sa riche existence: petite fille laide mais heureuse dans le New-York du début du siècle dernier; femme de banquier et mère de famille dans le Londres des années 20; rédactrice de mode au Harper’s Bazaar des années 30 aux années 60 et enfin, ce poste à Vogue.
Le tout est parsemé de réflexions amusantes, de jugements définitifs et de remarques vachardes sur la mode mais aussi les happy few de l’époque et la vie en général. Entre « Le blue jean, on n’a rien inventé de mieux depuis la gondole », « le bonheur, c’est bon pour les vaches dans les prés, il faut des rêves dans la vie! » et un affreux « j’ai cru qu’on vous avait déportée » (à sa femme de chambre qui tarde à rentrer!), on mesure que la palette de son humour est large. Et le personnage attachant sous un abord cassant. Dirigée par Jean-Paul Muel, Claire Nadeau lui donne vie avec une grâce infinie. Tantôt dure et amère; tantôt douce. Seule en scène dans un décor rouge flamboyant (la divine Miss V. adorait le rouge), elle cueille la salle sans y toucher. Bravo !

C’est où ?
Théâtre Hébertot
78 bis, bd des Batignolles (17è) –  M° Rome
Jusqu’au 4 janvier 2009.

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