Henry Moore au Musée Rodin

Depuis plusieurs semaines, le musée Rodin accueille une exposition consacrée au sculpteur anglais Henry Moore (1898-1986). C’est la première grande rétrospective organisée à Paris depuis plus de trente ans, et l’occasion de renouer les liens établis dès 1956 entre le sculpteur anglais et le musée, notamment lors des expositions internationales organisées dans les jardins de l’hôtel Biron puis à l’occasion des deux expositions qui lui ont été consacrées en 1961 et 1971.

Avec cette rétrospective « Henry Moore, l’atelier: sculptures et dessins au Musée Rodin », le musée nous invite à entrer dans l’atelier du sculpteur et à découvrir ses œuvres mais aussi ses ébauches et ses maquettes, et à une balade dans l’imaginaire de l’artiste, peuplé de formes allongées aux courbes arrondies et de sculptures monumentales. Pour évoquer l’atmosphère de l’atelier de Moore à Perry Green, en Angleterre (devenu aujourd’hui la Fondation Henry Moore) et le processus de création de l’artiste, nous sont présentées plus de cent cinquante sculptures, deux pièces monumentales, une cinquantaine de dessins et trois albums de croquis, ainsi que des ossements, coquillages, morceaux de bois, et débris de toutes natures que l’artiste ramassait au cours de ses promenades et parmi lesquels il travaillait.

Cet ensemble retrace la carrière de l’artiste de 1930 au début des années 1980. Les premières œuvres aux formes abstraites cohabitent à partir de 1939 avec des figures couchées, références explicites au corps humain que l’on peut percevoir comme autant de paysages. Le sculpteur a également beaucoup dessiné et l’expo présente justement de nombreuses études préparatoires pour des sculptures, des croquis d’os, de coquillages, de figures, ainsi que les célèbres dessins illustrant la vie des gens dans les abris pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est qu’à la fin de sa vie que Moore entreprend une série de pièces colossales, parmi lesquelles Locking Piece et The Arch, exposées dans la cour de l’hôtel Biron.

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Petite originalité de cette expo: c’est assez rare que les plâtres provenant de l’atelier d’un sculpteur soient à ce point à l’honneur. Longtemps délaissé par Moore et souvent considéré comme une étape intermédiaire pour la réalisation d’un bronze, le plâtre s’affirme ici comme le matériau même de la création, au plus proche de la main de l’artiste et est reconnu, du plus petit au plus grand, comme une œuvre à part entière (d’ailleurs, nombre d’entre eux ont été restaurés à cette occasion).

Au final, c’est une expo très courte que nous propose le musée Rodin ici (mais c’est le cas à chaque fois: l’espace consacré aux expos temporaires est relativement petit et on en fait souvent le tour très vite), mais on y découvre des œuvres intéressantes, mystérieuses et atypiques. L’incursion dans l’atelier et dans l’univers de Moore, artiste que l’on connait généralement peu chez nous est donc totalement bienvenue. En plus de ça, la scénographie est très belle, la mise en couleurs réalisée par Farrow & Ball est sublime et met superbement les sculptures en valeur. Et puis, ça fait toujours une bonne excuse pour se balader dans le joli musée Rodin, ainsi que dans le jardin, juste après ;)

Un petit coup d’œil ?

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C’est où ?
Musée Rodin
79, rue de Varenne – M° Varenne
Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 10h à 17h45.
Jusqu’au 27 février 2011.
Le site.

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