From Turkey to Russia

Non, il ne s’agit pas d’un article pour vous parler de mon prochain voyage (même si j’aimerais bien, car ce sont deux immenses pays que je rêve de découvrir, je ne vous le cache pas !) mais de manifestations culturelles parisiennes ! Comme vous le savez certainement, dans quelques semaines (fin mars) s’achèvera la saison de la Turquie en France et il était temps pour moi de vous parler de deux expos visitées dans ce cadre.

* « De Byzance à Istanbul – Un port pour deux continents » au Grand Palais (attention, ça se termine lundi prochain)

expo_Byzance

Exposition phare de la saison de la Turquie en France, « De Byzance à Istanbul » raconte, à travers plus de 300 objets provenant de collections publiques et privées de Turquie, de France, d’Italie, de Grèce, de Belgique ou de Pologne (…) l’histoire exceptionnelle d’une ville qui a servi de capitale à deux empires sur une période de près de 2000 ans et qui a su assimiler les multiples influences auxquelles elle fut confrontée. Salle après salle, ce long parcours nous propose une sorte de biographie urbaine très complète et instructive.

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Petit brief (très peu exhaustif) en quelques mots: Byzance est d’abord une ville grecque. Au début du IVe siècle, Constantin, le premier empereur chrétien en fait sa capitale et Byzance devient Constantinople, la capitale de l’empire d’Orient qu’on qualifia de byzantin. En 1204, les Croisés prennent la ville et la saccagent, mais l’Empire latin est éphémère. En 1453, les Turcs ottomans s’emparent de la cité en déclin et font de Sainte Sophie une mosquée. Quatre siècles durant, la ville est le cœur d’un empire vaste et redouté. Constantinople devient alors Istanbul. En 1918, les troupes occidentales entrent dans une ville vaincue qui va perdre en 1923 son statut de capitale turque au bénéfice d’Ankara. Pourtant Istanbul est passée de 1 à 10 millions d’habitants en traversant le XXe siècle… La meilleure illustration de tout ça réside peut-être ailleurs: dans les magnifiques clichés plein de nostalgie d’Ara Güler exposés lors du dernier salon de la photo et qui nous montrent la ville du milieu du XXe siècle et des quartiers durement marqués par le passage du temps…

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Mais, revenons au Grand Palais ! La première salle, au rez-de-chaussée, nous emmène des fondations grecques de la ville à la période romaine, suivie par « l’invasion latine » de la quatrième croisade. A l’étage, on change complètement d’univers puisque les salles sont consacrées à l’Empire Ottoman. En dehors de magnifiques objets d’art uniques, on découvre aussi toute une culture à travers des représentations de scènes de la vie quotidienne comme la maison de café où les hommes se retrouvent entre eux (image ci-dessous), la représentation des petits métiers par des gravures du XVIIIè siècle ou encore celle de la vie « intime », avec les hammams et les bains où les femmes se dénudent…

La fin du parcours évoque la découverte de vestiges du port de l’empereur romain Théodose à Yenikapı lors de fouilles entreprises en 2004 à l’occasion des travaux de construction du futur métro. De quoi nous offrir un dernier pont entre le passé et le présent !

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« De Byzance à Istanbul » est une très belle exposition, qui nous fait voyager dans le temps parmi les civilisations qui se sont établies successivement sur les rives de la Corne d’Or et du Bosphore. Elle est riche de très nombreux objets d’une qualité exceptionnelle (statues, sarcophages, armes, manuscrits, monnaies, ustensiles quotidiens, livres, icônes, bijoux d’un extrême raffinement, dessins ou peintures des paysages que le regard des visiteurs des temps des Lumières et du Romantisme a transformé en icônes). De plus, la scénographie est vraiment très réussie, les éclairages sont parfaits et mettent sublimement en valeur les objets présentés et le passage d’une culture à une autre. Mention spéciale pour le hall (que vous pouvez voir ci-dessus) qui montre, une à une, les coupoles peintes des églises et des mosquées de la ville — une merveille que le catalogue ne peut évidemment pas reproduire et qui vaut le déplacement ! Comme dans la plupart des musées parisiens, les efforts pédagogiques ne sautent pas aux yeux mais si vous téléchargez l’audio-guide avant de partir, je vous garantie que vous ne vous sentirez pas perdus. Un MUST !

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C’est où ?
« De Byzance à Istanbul »
Galeries Nationales du Grand Palais
3, av. du Gal Eisenhower (8è) – M° Champs-Elysées-Clémenceau
Ouvert tous les jours de 10h à 20h (mercredi: 22h), jusqu’au 25 janvier (lundi prochain).
Voici un parcours virtuel de l’expo pour tous les non-parisiens très curieux !

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* « La Splendeur des Camondo – De Constantinople à Paris » au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme

Camondo

Une expo mineure par rapport à celle dont je viens de vous parler et même si je l’ai visitée il y a des lustres -grâce à une journée portes ouvertes au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ) avec la carte Louvre Jeunes- je ne pouvais pas passer à côté ! Avant de m’y rendre, Camondo n’évoquait pour moi que la splendide collection de meubles et d’objets d’art du XVIIIè siècle exposée au Musée Nissim de Camondo ou encore un titre de livre de Pierre Assouline « Le dernier des Camondo » (quelqu’un l’a lu ?)… Je peux vous dire que le MAHJ s’est chargé de combler mes lacunes ! L’expo « la splendeur des Camondo » nous permet de découvrir l’extraordinaire destin de cette famille séfarade (anoblie par le Roi d’Italie et l’Empereur d’Autriche) qui fait rapidement le lien entre l’Orient et Paris (le sous-titre de l’expo est quand même: De Constantinople à Paris, 1806-1945 !). Et c’est là qu’on se rend compte que tous les amateurs d’art doivent un fameux tribut à cette riche famille de banquiers mécènes ! Isaac de Camondo a légué ses collections à l’État français et de considérables sommes d’argent afin qu’elles puissent être présentées au plus grand nombre: le Musée Guimet, le Musée d’Orsay, le Musée Carnavalet ou encore le Musée du Louvre abritent les œuvres de ce collectionneur aussi avisé que généreux. Sans oublier le soutien à la création du Théâtre des Champs-Elysées car Isaac était aussi musicien à ses heures.

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Mais, pour les amoureux de la Turquie, revenons au rôle des Camondo dans la capitale de la Sublime Porte. Il y a tout d’abord Abraham-Salomon, le patriarche, banquier des vizirs, puis Isaac et Moïse, les investissements à Péra et Beyoglü, les tramways, Abraham-Behor, chef de file des intellectuels juifs progressistes, puis l’installation à Paris en 1868, la participation au financement du canal de Suez, la haute société parisienne… et la guerre. Au moment de la Seconde Guerre Mondiale, tout ce qui reste de la famille (après la mort de Nissim, le jeune fils, tué en 1917 à bord de son avion de reconnaissance) malgré l’œuvre accomplie en faveur de la France, est déportée à Drancy puis à Auschwitz. Pour cette famille dont le goût parfait représente la quintessence de ce que l’art de vivre peut donner de meilleur, c’est l’anéantissement. Il ne reste que leur nom, vénéré des amateurs de peinture impressionniste, des arts asiatiques et des arts décoratifs au XVIIIè siècle des Lumières. L’expression de la beauté et de la civilisation confrontée à la barbarie.

Degas___Les_repasseuses

Les œuvres acquises par Isaac de Camondo figurent parmi les plus marquantes de leur siècle : Le citron d’Edouard Manet, Vétheuil soleil couchant de Claude Monet, Les Repasseuses d’Edgar Degas (ci-dessus), La pendule des trois Grâces de Falconnet, Le Porteur de lanterne d’Hokusai… Les voir à l’occasion de cette rétrospective, et surtout dans l’atmosphère dans lesquelles elles ont été achetées, vaut la visite et le coup d’œil. Une petite expo mais néanmoins instructive et très complète.

C’est où ?
« La Splendeur des Camondo »
Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme – Hôtel de Saint Aignan
71, rue du Temple (3è) – M° Rambuteau
Ouvert du lundi au vendredi de 11h à 18h.
Jusqu’au 7 mars 2010.

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La semaine prochaine, après la Turquie, sera inaugurée la saison de la Russie, un pays dont la culture me passionne et me fascine depuis toujours ! D’ailleurs, je n’ose pas mettre ça dans mes bonnes résolutions de l’année -car je sais par avance que je n’en aurai pas le temps- mais d’ici quelques années, je compte bien apprendre le russe. Je suis folle, je sais… ! Toujours est-il que je suis ravie que cette culture soit à l’honneur chez nous pendant quelques mois et je me réjouis de tous les évènements qui nous attendent.

Au programme: concerts (dont la programmation russe de l’Orchestre Philharmonique de Radio France que j’attends impatiemment), ballets (dont je vous ai déjà parlé ici), expos (« Dans le sillage des Ballets russes » au CND jusqu’en avril ou encore la tant attendue « Sainte Russie » au Louvre), un cycle de lectures russes au MAHJ et bien d’autres manifestations (dont le salon à l’âme slave aménagé en plein cœur du restaurant 144 de Petrossian que j’ai hâte de découvrir). En parlant de ça, ça me donne envie de tester le nouveau thé de chez Kusmi Tea, « Label Impérial » créé par Kusmi pour Kiehl’s en s’inspirant d’une boisson traditionnelle russe servie depuis le XIIè siècle et consommée pour affronter les hivers difficiles ! Ça tombe bien, je n’avais pas encore été faire un tour à la nouvelle boutique, entre la place Vendôme et l’Opéra. Ce sera l’occasion.

Le site officiel avec tous les évènements sera mis en ligne lundi prochain, jour officiel d’ouverture (tout comme le concert officiel d’ouverture: l’intégrale de l’œuvre symphonique de Tchaïkovsky par le Théâtre Mariinsky- salle Pleyel, j’y serai et j’ai hâte !), j’actualiserai ce lien à ce moment-là ! Mais je vais être amenée à vous en reparler très vite.

Russie

25 réponses à From Turkey to Russia

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  • flo dit :

    Je regratte de ne pas avoir pu voir l’expo au Grand Palais, mais je me rattraperais avec la saison russe. Comme toi j’aime beaucoup ce pays.
    Bisous

  • maspalio dit :

    Voici une magnifique idée de sortie pour occuper notre long week end à venir. Merci Bliss :)

  • Fleur dit :

    J’adore tes billets culturels : ils sont toujours très bien écrits et à chaque fois, ils me donnent envie de faire un tour dans les expos où tu es allée! Malheureusement, je ne pourrai pas visiter « De Byzance à Istanbul – un port pour deux continents » avant lundi…

  • Marnie dit :

    La famille Camondo, comme celle des Reinach dans le même genre, est tout à fait fascinante. J’ai lu il y a déjà pas mal de temps « Le dernier des Camondo », un excellent ouvrage documentaire qui se lit comme un roman au fil de la vie des personnalités brillantes que tu évoques dans ton billet et de leurs proches, d’autres richissimes familles dont bien des membres possédaient une très haute culture.
    Même si l’expo a dû t’apprendre l’essentiel sur le destin de ces personnages, je te conseille la lecture de l’ouvrage (vite lu) qui prolongera le charme de la visite.

  • Marnie dit :

    Et puis, en sachant tout ça, revoir les pièces privées de l’hôtel Camondo et les quelques documents présentés à leur sujet à la fin de la visite du musée est encore plus touchant.

    • Bliss dit :

      En visitant l’expo, je me suis souvenue de ce bouquin justement mais je n’avais jamais pris le temps de le lire alors que ça me tente pas mal. Merci de ton conseil, j’vais le mettre dans ma PAL du coup, avec une p’tite visite du musée en prime ;)

  • Poleen dit :

    Elles ont l’air vraiment chouettes ces expos !
    Je vais essayer d’aller voir celle au Grand Palais d’ici lundi, mais j’ai peur que ça soit dur …
    Au pire j’irai voir la visite virtuelle ! :)
    Gros bisous, bonne soirée !!

  • July dit :

    Moi j’organise un salon de peinture/sculpture à mon boulot pour mars et l’artiste invitée d’honneur est russe. Donc je vais aussi chercher des artistes russes comme de la musique donc merci pour l’info avec le site et tout ça me sera utile! et au plaisir de te relire en parler! bises ma belle!

  • Uwe dit :

    « De Byzance à Istanbul » est une exposition géniale, qui franchement arrive à mettre en relief toute l’histoire de la ville ! Je trouve que tu rends parfaitement hommage à cette expo ;)

  • Claire dit :

    Pas le temps de voir l’expo au GP c dommage elle avait l’air bien !
    j’irai à celle sur la famille Camondo au beau musee du judaisme j’ai lu le livre le dernier des camondo l’histoire de cette famille est tout simplement passionnante et le musee nissim de camondo regorge de très beaux meubles objet et peinture en plus ils ont rénové de nouvelles pièces dont la cuisine !!
    c trop cool que ce soit l’année de la Russie j’aime beaucoup la culture de ce pays : danse musique litterature et je rêve d’aller à St Pétersbourg…
    Pétrossian je connais bien je travaille en face :)J’ai de bons retours sur la cuisine on a beaucoup parlé du chef qui mêle cuisine africaine et occidentale je n’ai pas encore entendu parler du nouveau restaurant si c le cas je t’en ferai part !!

    bonne soirée tu dois être en train d’écrire un billet pour demain :)

    • Bliss dit :

      Dommage pour l’expo, ça me fait regretter de ne pas avoir mis le billet en ligne plus tôt, snif ! Marnie avait déjà commencé, mais tu me donnes aussi envie de visiter le musée et de lire le bouquin. Moi aussi je suis super contente que la Russie soit à l’honneur, ce pays me fascine et comme toi, je rêve d’y aller (pas juste à St Petersbourg !) mais j’aimerais maitriser quelques rudiments de la langue avant de partir ! Si tu entends quoi que ce soit sur Petrossian, ça m’intéresse ;) Bisous !

  • Emma dit :

    La Turquie m’indiffère autant que la Russie m’enthousiasme (j’ai pourtant visité une partie de la Turquie, honte à moi !). J’ai néanmoins lu ton bel article avec intérêt et j’y ai appris plein de choses, comme toujours :)
    J’imagine à quel point tu dois être ravie à l’idée de ces prochaines semaines russes qui t’attendent ! J’espère que tu auras le temps de faire tout ce qui te tente.
    Je suis allée au ciné Le Balzac dimanche et ils organisent un événement russe également, le 6 février il me semble (à vérifier). Une sorte de grande balade dans Paris, à travers quatre ciné indépendants, où seront projetés des films russes bien sûr, mais où seront également donnés des concerts et où on pourra goûter la gastronomie russe. Plutôt sympa !
    Des bisous :)

    • Bliss dit :

      Tu as de la chance d’avoir été en Turquie, je n’y suis jamais allée mais ça me tente depuis assez longtemps (Uwe y a été aussi et il a beaucoup aimé Istanbul donc !). Pour la saison russe, j’espère pouvoir faire un maximum de choses, c’est une occasion unique, va falloir penser à la saisir quand même !! C’est vraiment sympa ces évènements organisés par le Balzac, je le note, j’vais me renseigner, merci ^^ Bisous Emma !

  • Elodie dit :

    J’ai adoré l’expo au Grand Palais. Par contre, j’avais complètement oublié qu’on pouvait télécharger l’audioguide sur le site.

  • Anastasia dit :

    Zdravstvouy !

    En parlant du nouveau thé de Kusmi Tea, ils vont aussi lancer des événements liés à l’année France-Russie

    Kusmi Tea va organiser 3 nuits slaves pour célébrer l’année de la Russie en France.
    Il suffit de s’inscrire sur le site http://www.lesnuitsslaves.com

    A Bientot

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