Expo Jacques Prévert à L’Hôtel de Ville

Jusqu’au 28 février 2009, Paris rend hommage à un artiste qui l’a maintes fois célébrée dans son œuvre : Jacques Prévert. Curieux de tous les arts, il a conté sa ville avec le même talent en littérature, au théâtre, au cinéma, en poésie, en chanson, en dessin et en photographie… Cet éclectisme assumé, doublé d’un refus absolu de tout conformisme, ont fait de lui l’électron libre génial de son siècle.

L’expo « Jacques Prévert, Paris la belle » nous montre chronologiquement le travail et les rencontres de l’artiste. On le présente comme parisien et amoureux fou de Paris. C’est vrai qu’il a beaucoup marché, écrit sur sa ville. Dans la mémoire collective, et dans la mienne, Prévert, c’est ce fabuleux recueil « Paroles » (dont on peut voir la première édition dans ce parcours) qui trainait sur la table de chevet de mon grand-père et dont il me lisait des bribes de temps en temps. C’est tout ces poèmes qu’on nous fait apprendre quand on est petit et qui restent. Pour longtemps (je suis certaine que vous vous en souvenez, vous aussi).

« Il dit non avec la tête. Mais il dit oui avec le cœur. Il dit oui à ce qu’il aime. Il dit non au professeur. »

Prévert c’est aussi ces chansons pleines de poésie, écrites pour tant d’artistes que j’admire (de Gréco à Montand en passant par Gainsbourg); « Les feuilles mortes » dont le texte est gravé pour toujours dans ma tête…

« Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
Tu vois, je n’ai pas oublié…
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l’oubli.
Tu vois, je n’ai pas oublié
La chanson que tu me chantais. »

C’est aussi ces films éternels, ces chefs d’œuvre du « réalisme poétique » qu’il enchaîne avec Marcel Carné, de « Drôle de drame » aux « Portes de la nuit » en passant par « Quai des brumes », « Les visiteurs du soir » ou « Les enfants du Paradis ».

Jacques_Prevert

L’exposition présentée à l’Hôtel de Ville n’est pas parfaite mais elle mérite tout de même le coup d’oeil. J’ai adoré voir et revoir les photos de Prévert, depuis sa petite enfance dans le
quartier du jardin du Luxembourg jusqu’à sa jeunesse contestataire avec les Surréalistes à Montparnasse (rue du château, oui oui !) et au statut d’icône de Saint-Germain-des-Prés. J’ai été particulièrement émue des nombreuses photos de l’artiste dans la capitale et surtout celles avec les chats (les matous parisiens), touchantes de simplicité.  On prend également un plaisir non dissimulé à revoir de très nombreux extraits de films signés Carné/Prévert, présent tout au long du parcours. Ce qui m’a le plus étonnée dans cette expo, c’est le travail de collage de Prévert, que je ne connaissais pas du tout: des œuvres drôles et inventives qui mettent en scène des personnalités ou des membres de sa famille dans des décors insolites !

En bref, cette expo révèle un homme dont l’esprit, plus de trente ans après sa disparition, reste d’une fraîcheur et d’une actualité sans conteste. Et n’oubliez pas -comme pour toutes les expos gratuites de l’Hôtel de Ville- : prévoyez minimum 30 minutes d’attente dehors dans le froid ! Mais ça vaut le coup.

C’est où ?
Exposition « Jacques Prévert, Paris la belle »
Hôtel de Ville (4è) – Salle Saint-Jean –  M° Hôtel de Ville
Jusqu’au 28 février 2009.
Gratuit.
Article très intéressant sur le sujet sur la République des Lettres.

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