Archive pour la catégorie ‘Mon Théâtre’

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PostHeaderIcon « Blogueuse » à la Manufacture des Abbesses

Il y a quelques temps, on m’a proposé d’aller voir la pièce « Blogueuse » à la Manufacture des Abbesses, un petit théâtre niché au cœur de Montmartre et que j’aime beaucoup (et qui est climatisé en plus… si, si, c’est important !).

Pitch: « Paola, fraîchement séparée de son rocker, décide d’ouvrir un blog. Elle y décrit ses aventures, sa meilleure amie psychorigide, son travail, ce qui lui passe par la tête, Max, les hommes, ses découvertes, sa grand-mère, le sexe… Elle y raconte sa vie de peste attachante, les chroniques d’une fille de 2010, un peu girly, un peu misanthrope aussi. Une plume acerbe et drôle qui décrit un quotidien dans lequel on se reconnaît tous. Au cœur du spectacle il y a le blog, dont on a respecté la forme quotidienne et qui nous permet de réfléchir à la façon dont internet a radicalement transformé notre façon de nous exprimer et d’interagir avec les autres. «Blogueuse» c’est la comédie web de l’été ! Légère et pétillante à savourer le temps d’une heure… » (source: site de la Manufacture des Abbesses).


Je dois vous avouer qu’il a été assez difficile de passer après les excellentes critiques qu’a déjà reçu la pièce sur les quelques blogs que j’ai pu lire juste avant de me lancer dans la rédaction de cet article, mais je vais quand même essayer de vous donner mon humble et petit avis sur la pièce !

Pour tout vous dire, j’ai été un peu décontenancée par Blogueuse. Sur la forme d’abord, car je m’attendais à voir une pièce et pas une suite de séquences coupées comme des articles de blog mis les uns au bout des autres. C’est pas mal, mais ça donne un petit côté one-woman show à la pièce et j’dois dire qu’au début, ça m’a fait bizarre ! Étonnement premier mis à part, j’ai trouvé certains sketches vraiment drôles (mention spéciale pour le cours de krav-maga pendant lequel je me suis vraiment bidonnée) mais la plupart du temps, les dialogues prêtent plus à sourire qu’à vraiment rire. La mise en scène, ultra minimaliste (3 chaises et rien d’autre) est assez intéressante et très bien pensée, vu le contexte. Petit + pour le travail des 3 comédiennes qui sont plutôt crédibles et épatantes pour incarner chacune leur tour une facette de Paola, notre héroïne, ainsi que quelques-uns de ses proches. J’ai aussi trouvé pas mal le twist final (je ne vous dis rien !) assez drôle et décalé.

J’ai donc aimé certains aspects de Blogueuse mais j’avoue que c’est surtout sur le fond que j’ai été un peu déçue: le petit côté chick lit version théâtre un peu (beaucoup ?) mis en avant dans la pièce m’a agacée voire ennuyée à certains moments. Attention, je suis bien consciente qu’il y a du second degré dans la pièce mais le côté blog version Journal de Bridget Jones 2.0 / 3615 MY LIFE, j’ai du mal. Alors, évidemment, le sujet ne pouvait que me parler puisque je suis moi-même une blogueuse égocentrique, narcissique et self-centered (comme toutes les blogueuses, hein, les filles ?!) mais même en creusant un peu mon côté dinde/pintade superficielle, je n’ai franchement pas réussi à m’identifier à Paola. Même pas un tout petit peu !

Bref, je pense que j’aurais préféré sentir plus le côté « blogueuse » (geekette, accro à son ordi, à ses commentaires…) que l’aspect pintade décérébrée qui utilise 2-3 mots compliqués et dit qu’elle a fait hypokhââââââgne, histoire de rassurer son égo surdimensionné qui se justifie au travers d’une auto-dérision bidon juste pour se mettre en valeur !


Une fois de plus, j’ai l’impression de ne pas être en phase avec les autres avis de blogueuses glanés ici et là, mais comme vous le savez, j’suis une chieuse et j’assume. Et c’est pas du 30è degré, je le pense vraiment en plus. Mouahahahah. Merci quand même à Camille de m’avoir permis d’aller voir sa pièce, j’espère qu’elle me pardonnera ma franchise !

Bon, donc, allez-y pour vous faire votre propre avis et n’oubliez pas de glisser le mot « churros » au moment de la réservation pour bénéficier du tarif réduit.

C’est où ?
Blogueuse
Manufacture des Abbesses
7, rue Véron (18è) – M° Abbesses
Du mercredi au samedi à 19h.
Jusqu’au 8 août.
Durée: 1h15 environ.

PostHeaderIcon « Les Misérables » au Châtelet

Il y a un peu plus d’une semaine, je me suis rendue au théâtre du Châtelet pour voir l’adaptation du roman de Victor Hugo en comédie musicale et j’en suis ressortie absolument émerveillée: quelle réussite !

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En faisant 2-3 recherches pour écrire ce billet, je me suis rendue compte qu’en fait, à l’origine, Les Misérables, (surnommé Les Mis’ par les initiés) est une comédie musicale créée par Robert Hossein en 1980 au Théâtre Mogador, sur une musique de Claude-Michel Schönberg, et un texte adapté par Alain Boublil et Jean-Marc-Natel. Un spectacle en français donc, mais qui a attiré l’attention du producteur britannique Cameron Mackintosh qui l’a fait traduire en anglais et lancé sur le chemin du succès : 18 ans de triomphe à Broadway, affiche ininterrompue à Londres et plus de 55 millions de spectateurs à travers le monde. Excusez du peu ! Pour fêter les 25 ans du spectacle, une production époustouflante des Misérables parcourt les plus grandes villes du monde et autant vous dire que j’attendais son passage à Paris depuis des mois ;)


Et quel bonheur ! C’est brillant, flamboyant, incroyable. Cette nouvelle mise en scène est une véritable mine de petites trouvailles surprenantes. Les décors inspirés des dessins de Victor Hugo et des idées originales de John Napier (chargé de la première mise en scène) illustrent les différents tableaux qui se succèdent avec habileté sans nous laisser une minute de répit. Les effets scéniques, quant à eux, sont vraiment superbes et très réussis (la disparition de Javert et la fuite de Valjean dans les égouts sont particulièrement bluffants !). C’est visuellement très très beau ! La mise en scène romantique imaginée par Laurence Connor et James Powell est somptueuse et l’ensemble est très bien rythmé: on passe de scènes intimistes à des numéros grandioses et virevoltants en un battement de cil, c’est magique ! L’univers visuel à la fois noir et mélancolique, renforcé par les projections de dessins de Victor Hugo et l’utilisation efficace de la vidéo, donne un caractère authentique à l’histoire et lui confère une atmosphère à laquelle on ne peut que succomber.


Musicalement, rien à redire non plus ! Ce n’est certes pas ma comédie musicale préférée mais les morceaux sont parfaitement en adéquation avec le roman de Victor Hugo: poignants, forts, saisissants, graves et émouvants par moments, plus légers et entraînants à d’autres. Comment ne pas se laisser emporter par des morceaux aussi beaux et bouleversants que Bring Him Home, I dreamed a dream, One day More, Castle on a cloud, On my Own… ? L’anglais ne m’a pas gênée (contrairement à pas mal de gens dans le public qui étaient visiblement étonnés que le spectacle soit en anglais) mais je dois vous avouer que je serais bien curieuse de voir à quoi cela ressemble dans la langue de Victor Hugo ! Alors, à quand une reprise dans le texte français original ?


En plus de ça, les chanteurs sont tous excellents et soutenus par un orchestre impeccable du début à la fin. La distribution est à l’image de la mise en scène: impressionnante. Quel choix merveilleux que celui de John Owen-Jones pour incarner à la perfection les tourments intérieurs et la complexité du personnage de Jean Valjean: imposant, subtile et magnifique à chaque phrase et dans chaque regard.


En face de lui, Earl Carpenter est un Javert impeccable, charismatique et dont la sobriété, l’élégance et la puissance vocale collent parfaitement au personnage ! Gareth Gates, chanteur révélé par Pop Idol (la Nouvelle Star version anglaise) parvient à faire oublier le côté minet de Marius (oui, désolée, je n’aime pas ce personnage dans le roman !) pour le rendre plus chaleureux et attendrissant en amoureux passionné et étudiant survolté.

Du côté féminin, rien de moins exceptionnel, mais j’ai surtout été marquée par Madalena Alberto qui incarne une Fantine touchante et fragile avec sa voix douce et cristalline, et surtout par Rosalind James, magnifique dans le personnage d’Eponine, torturée, amoureuse, mélancolique et cette voix… argh, j’en ai encore des frissons en y repensant !


Quant aux Thénardier (Ashley Artus et Lynne Wilmot), avec leur gouaille insolente, ils amusent la galerie en lançant piques et clins d’œil au public, mais sont tout à fait à la hauteur de leurs personnages. Sans parler du petit Gavroche, pétillant de malice, à qui il suffit d’une seconde pour conquérir la salle toute entière.

Pendant 2h30, on passe du rire aux larmes en un clin d’œil et le spectacle est époustouflant et grandiose, de bout en bout. En bref, une production incroyable digne des meilleures comédies musicales que j’ai pu voir à Broadway, portée par un sens de la perfection jusque dans le moindre détail et éblouissante aussi bien dans l’interprétation que dans la mise en scène. Une magnifique adaptation de l’œuvre de Victor Hugo, et surtout, un spectacle à voir absolument !

C’est où ?
Les Misérables
Place du Châtelet (1er) – M° Châtelet
Jusqu’au 4 juillet.
Plus d’infos sur le site.

*****

N’allez pas trop loin, je vous ai préparé un billet gourmand pour tout à l’heure ;)

PostHeaderIcon Fabrice Luchini lit Philippe Muray au théâtre de l’Atelier

Cette semaine, j’ai enfin remis les pieds au théâtre après une petite période de disette, pour aller écouter Fabrice Luchini lire Philippe Muray au théâtre de l’Atelier.

Quel plaisir de retrouver Luchini sur scène ! Comme je le disais il y a quelques temps, je suis une fervente adepte des lectures de Luchini et je n’en ai pas manqué une seule depuis que je vis à Paris. Pourquoi ? J’aime beaucoup le bonhomme, son extravagance, ses provocations, son érudition… Après Barthes, Chrétien de Troyes ou encore la Fontaine, Luchini s’attaque cette fois-ci aux textes de Philippe Muray, essayiste, sociologue et philosophe iconoclaste disparu brutalement en 2006. Et comme je ne connaissais pas du tout son œuvre, ce fut aussi l’occasion de la découvrir.

Et quelle découverte ! Les textes de Muray choisis par Luchini, passent au crible de manière incroyablement incisive et ironique l’époque dans laquelle nous vivons. Ils dénoncent de façon sarcastique (mais tellement vraie !) le paysage désespérant de la bêtise humaine de notre temps, le conformisme intellectuel déguisé en tolérance et ouverture, l’hypocrisie ambiante sur une pseudo « pensée complexe »… Au milieu de tout ça, Luchini nous livre aussi quelques extraits de Cioran et sa philosophie pessimiste mais extrêmement jouissive.


C’est une évidence, Luchini adore les auteurs qui savent manier l’ironie du désespoir et quand on l’entend interpréter à la perfection les écrits de Muray, on se rend compte à quel point cette rencontre est pleine de sens ! Comme toujours, il réussit la prouesse de nous faire comprendre des textes qui peuvent paraitre abscons et inabordables de prime abord (que ce soit dans ce spectacle-là, ou bien dans ceux sur Céline, La Fontaine, Nietzsche…). A force d’enchaîner les lectures un peu trop vite, trop souvent, on ne s’arrête plus forcément sur tout et on ne voit plus bien en quoi chaque mot est crucial et chaque phrase importante, à la virgule près. Et c’est pourtant le cas, on s’en rend compte en écoutant Luchini. On écoute scrupuleusement, on assimile un à un les mots, on acquiert le sens de chaque phrase et de chaque mot. Sa diction articulée et nuancée lui permet de faire ressortir la puissance et le sens de chaque mot et offre une immense clarté du texte. Il s’approprie le texte qui en ressort profondément limpide. Et au-delà de ça, Luchini réussit également à sublimer les textes de Muray en leur donnant corps et âme ! Les différentes tonalités et fluctuations qu’il utilise soulignent la qualité d’écriture de l’auteur et du coup, en s’intéressant à la forme, il parvient à faire ressortir l’essence du texte.

En revanche, malgré toutes ces qualités, je dois vous avouer avoir légèrement préféré ses précédents spectacles. Ce n’est pas que le texte est moins intelligent ou intéressant, bien au contraire, la plume acerbe de Muray est plus que jouissive, surtout par la bouche de Luchini qui, on le voit bien, jubile à la lecture de tous ces textes. Non, c’est surtout que Luchini nous donnait un tout petit peu plus de lui dans ces spectacles. Entre les différents extraits, on avait droit à plus de morceaux de sa verve, improvisés ou pas, et c’est avant tout ça qui me plait énormément je crois. M’enfin, c’est bien pour chipoter car j’ai passé un excellent moment. Les textes de Muray sont d’une actualité politique impressionnante et d’un sarcasme à couper au couteau. On boit ses paroles, son humour vif et son ironie acerbe, à travers les expressions jouissives et le phrasé inimitable de Luchini. Bref, on se régale de A à Z. Un spectacle à ne pas manquer !

C’est où ?
Fabrice Luchini lit Philippe Muray
Théâtre de l’Atelier
1, place Charles Dullin (18è) – M° Anvers
Jusqu’au 30 juin 2010.

PostHeaderIcon « Thé à la menthe ou t’es citron ? » au Théâtre Fontaine

Il y a quelque temps, on m’a proposé des invit’ pour aller voir une pièce dont on voit les affiches partout dans Paris depuis des mois: « Thé à la menthe ou t’es citron ? » au théâtre Fontaine. Ne sachant pas vraiment à quoi m’attendre (j’suis toujours un peu réticente face au théâtre de boulevard), j’ai laissé ma curiosité prendre le pas sur mon scepticisme afin de me faire mon propre avis sur la pièce.

Pitch: « C’est l’histoire d’une troupe de comédiens qui répète une pièce de boulevard où il est question d’un gentleman cambrioleur qui s’est introduit chez une aristocrate. Tout y est : le cocu, l’amant dans le placard et les quiproquos attendus. Nous sommes à quelques jours de la première, rien n’est prêt ; les techniciens restent flegmatiques, la costumière est à côté de la plaque et la metteur en scène nébuleuse est débordée par les évènements. Chez les comédiens l’ambiance est électrique, l’actrice principale est au bord de la crise de nerf à cause… du jeune premier, le fils du producteur, imposé - le bouquet ! Maladroit, timide, naïf et gaffeur il fait ses premiers pas sur les planches. C’est parti pour être un Vaudeville miteux joué par des acteurs calamiteux. Le soir de la première arrive, et là… ça tourne au délire, en une succession d’imprévus qui s’enchaînent dans une folie vertigineuse. Les acteurs tentent désespérément de récupérer catastrophes sur catastrophes. C’est une apothéose de quiproquos et de gags inattendus… c’est chacun pour soi, rendez-vous aux saluts. » (Source: théâtre Fontaine).

Alors ça donne quoi ? Et bien, c’est pas mal (attendez, criez pas, je vais détailler roooh !).

La pièce est découpée en deux parties: la répétition de la pièce de boulevard et la pièce elle-même. La première partie est un peu longuette et poussive, et manque clairement de finesse et de souffle. La seconde, sans être excellente, est bien meilleure, plus rythmée et moins prévisible. Le côté parodie du théâtre de boulevard est la partie la plus réussie et est prétexte à une série de gags très drôles que ce soit au niveau de l’action ou des dialogues. Certes, on retrouve pas mal de ressorts classiques du théâtre de boulevard justement, et certaines situations ou quiproquos sont parfois un peu convenus voire lourdingues mais globalement on passe un bon moment quand même.

Concernant le casting, rien à redire, tous les acteurs sont vraiment convaincants. Mention spéciale à Patrick Haudecoeur (également auteur et metteur en scène de la pièce) qui joue à la perfection le niais de service ! Il est bien accompagné par la troupe de comédiens qui l’entoure, Jean-Luc Porraz, Nathalie Cerda ou même Bob Martet.

En bref, même si je n’ai pas eu de coup de cœur, c’est loin d’être une mauvaise pièce, il y a plein de moments drôles et j’ai particulièrement aimé le côté boulevard dans le boulevard. C’est une approche intéressante et plutôt originale. Malgré ça, dans le même style, j’ai largement préféré Le Clan des divorcées (toujours à l’affiche au Palace d’ailleurs, mais sans Alil Vardar qui joue actuellement sur la scène de la Grande Comédie avec la femme à JP Pernaut !) ou même Hors Piste et J’aime beaucoup ce que vous faîtes (qui va être adapté au ciné en juin sous le titre Les Meilleurs amis du monde avec Marc Lavoine et PEF).

Un bon divertissement qui offre une soirée de détente assez sympathique.

C’est où ?
Thé à la menthe ou t’es citron ?
Théâtre Fontaine
10, rue Pierre Fontaine (9è) – M° Pigalle ou Blanche.
Du mardi au vendredi 20h30 et le samedi à 18h et 21h.

PostHeaderIcon « Face au Paradis » au Théâtre Marigny

Il y a un peu plus d’une semaine, je me suis rendue dans la petite salle Popesco du théâtre Marigny pour voir une pièce que je surveillais depuis plusieurs mois: « Face au Paradis » de Nathalie Saugeon et mise en scène par Rachida Brakni.

Pitch: « Un immeuble vient de s’effondrer sur un supermarché. Ils sont deux survivants, deux employés du supermarché, coincés sous les décombres, chacun dans une cavité. Ils ne peuvent pas se voir… Et pourtant, l’un et l’autre seront plus visibles ici qu’ils ne l’auraient été là-haut. » (Source: le site du théâtre Marigny).

Pour commencer, je dois dire que j’ai été véritablement stupéfaite par la scénographie de la pièce qui est tout bonnement à couper le sifflet ! Chapeau à Jean-Marc Stehlé pour ce décor vraiment très impressionnant. La pièce commence par un bruit lourd et assourdissant qui nous fait décoller de notre siège alors qu’on ne s’y attend pas. S’ensuit un long silence et une vision d’apocalypse: énormes gravats, plafonds éventrés, fils, tubes, néons qui pendouillent. Ça se casse la gueule de partout mais tout est vraiment très réaliste. Pour tout vous dire, nous avions la chance d’être situés au 3è rang de l’orchestre et on avait quasiment le nez dans les décombres et la poussière… De quoi se sentir vraiment au cœur de l’action !

Les deux comédiens, Eric Cantona et Lorànt Deutsch, sont plutôt convaincants. Ça réussit plutôt pas mal à « Cantoche » d’être dirigé par sa femme Rachida Brakni. Il endosse bien le rôle du colosse fragilisé au cœur tendre, présent et sensible sous son aspect bourru. De l’autre côté du mur, on retrouve Lorànt Deutsch, qui joue le p’tit mec fluet qui saute partout et qui parle tout le temps. Rien d’étonnant, donc, dans la distribution des rôles mais les comédiens sont malgré tout assez justes. D’autant plus qu’il faut souligner la petite originalité (et difficulté pour les comédiens) de ce huis clos: Cantona et Deutsch jouent côte à côte, mais pas ensemble car ils ne se voient pas (sauf à certains moments et à travers un trou de souris). Ce choix de mise en scène est vraiment intéressant et place les deux protagonistes sur un terrain pas forcément gagné d’avance. Un vrai défi que les deux comédiens relèvent honnêtement et sans prétention.


A côté de ça, malheureusement, le scénario est assez conventionnel (les deux étrangers se découvrent, se disputent puis finalement se confient leurs peines et leurs rêves) et du coup, ça manque cruellement de rythme et la pièce s’essouffle très vite. Sans parler du lot de clichés habituels et de poncifs sur l’amour, la vie et la famille et quelques dialogues inutiles pétris de bons sentiments qui peuplent toute la seconde partie.

Au final, malgré un décor très réussi, une mise en scène simple mais rigoureuse et un tandem d’acteurs juste et qui tient bien la route, le rythme de la pièce est vraiment trop lent pour qu’on soit vraiment transporté. L’histoire se suit sans déplaisir mais il m’a manqué l’émotion ou le petit truc en plus qui fait que j’aurais pu être entièrement conquise. Une pièce sympa, mais pas exceptionnelle. Sans surprises.

C’est où ?
Face au Paradis
Théâtre Marigny – Salle Popesco
Carré Marigny (8è) – M° Champs-Élysées-Clémenceau
Du mardi au samedi à 21h. En matinée le samedi à 17h.
Durée: 1h20.
Jusqu’au 8 mai.
Plus d’infos sur le site du théâtre.

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