Culture

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Balade dans les expos du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Voilà déjà plusieurs semaines que je devais vous parler de ces expositions, alors comme mieux vaut tard que jamais, je me lance !

Rétrospective Basquiat (jusqu’au 30 janvier 2011)


La rétrospective Basquiat est, sans hésiter, l’une des expositions à ne pas manquer en cette rentrée ! A travers une centaine de tableaux exceptionnels, elle témoigne de l’intensité et de la vitalité créative de cet artiste autodidacte, symbole éblouissant d’une contre-culture violente et fascinante, héros de l’underground, très grand coloriste, exploitant supports, techniques, formes et formats pour aboutir à des œuvres étonnantes au sein desquelles couleurs, lettrages et graphismes s’allient à l’élégance de noirs structurants. On y découvre une peinture originale et puissante aux couleurs franches, au geste énergique, rageur et exubérant, au style à la fois cru, enfantin et naïf.

L’artiste peint sur une multitude de supports (portes, palettes de transport, planches, frigidaire…) des figures grotesques, des corps effrayants, des totems, des sigles, le tout dans un esprit de culture de rue, et en restant fidèle à sa double origine haïtienne et portoricaine. Son trait rapide, brut, instinctif, qui lui fit réaliser près de 800 tableaux en 8 ans, fut souvent le narrateur du caractère tragique de l’existence humaine. L’exposition est remarquable à bien des niveaux et parvient, en une centaine de pièces seulement, à nous faire comprendre comment Basquiat est passé de la rue à l’atelier, du mur à la toile, sans faire de hiérarchie entre le dessin, l’écriture, le collage, la peinture, le griffonnage… Une magnifique expo retraçant l’œuvre fulgurante d’un grand artiste, dans laquelle toute une génération se reconnait aujourd’hui, tant dans sa révolte, que dans sa liberté. A voir absolument !


Didier Marcel, Sommes-nous l’élégance (jusqu’au 2 janvier 2011)


Après l’agitation de la rétrospective Basquiat, place au calme avec l’exposition présentée à l’étage, « Sommes-nous l’élégance » du plasticien français Didier Marcel, un parcours teinté d’élégance et tout en volupté « plastique ». Dans cette expo, il valorise à sa façon une forme de banalité qui se fond normalement dans le paysage et cherche un moyen d’archiver le réel et d’interroger l’intervention de l’homme dans la nature.

Sa pratique part d’une mise en abîme, du constat que le naturel est lui-même mis en scène, au point qu’il est devenu presque impossible de démêler le vrai du faux. L’artiste prélève des fragments de paysages façonnés par l’homme, puis les reproduit artificiellement avant de les replacer dans l’architecture épurée du musée, et nous présente des constructions artificielles bien réelles de tables en forme de cerfs, de chemins de pierres et de terre à travers des bois, de grillages, etc… Quoiqu’on pense de l’art contemporain, il faut essayer de vivre cette exposition comme une expérience « minérale, végétale et animale » et qui se fait de façon intime. On est bien bien loin de Basquiat ici, mais la démarche de l’artiste est loin d’être inintéressante.


Larry Clark, Kiss the past hello (jusqu’au 2 janvier 2011)


Pour finir, quelques mots sur la très médiatisée et controversée exposition (interdite aux moins de 18 ans, je vous le rappelle) des photographies du sulfureux Larry Clark, réalisateur phare de la contre-culture US et spécialiste de la perte de repères comme des dérives de la jeunesse américaine, et plus particulièrement de sa période « adolescente ». L’expo est assez complète car elle présente plusieurs séries réalisées entre 1971 et 2010, mais ce sont certainement ses premières photographies (tirées de son livre « Tulsa » (1963-1971) et déjà présentées à la MEP) qui sont les plus intéressantes au regard de son discours.

Larry Clark photographie et filme des teenagers de l’Amérique à la recherche d’eux-mêmes, à peine formés, nus face à la vie. Dans ses images, on joue avec le feu comme on joue avec les drogues ou les armes, on fait l’amour dans les bois et on se baigne nus dans la boue, on donne du plaisir tout en se regardant dans la glace, des sexes au repos côtoient la nudité sans gène des corps… Les plans sont serrés, vivants et réalistes. Les clichés sont crus, faits de violence et de morbidité et très souvent marqués du sceau de la souffrance et du désarroi d’une jeunesse dépourvue de repères, de limites et d’espoir. Les images sont belles, même si souvent assez trash (forcément !), et le travail de Larry Clark, explorant un univers de marginalité et de dérive, intéressant.

C’est où ?
Rétrospective Basquiat (jusqu’au 30 janvier 2011).
Larry Clark, Kiss the past hello (jusqu’au 2 janvier 2011).
Didier Marcel, Sommes-nous l’élégance (jusqu’au 2 janvier 2011).
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
11, avenue du Président Wilson (16è) – M° Iéna
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h.
Pour les tarifs, allez voir sur le site du MAM.

Mes bandes-annonces de la semaine

Petit post, en passant, avec quelques repérages de films qui devraient sortir sur nos écrans dans les prochains mois !

♥ Morning Glory

Morning Glory
Malgré un scénario qui ne sort pas tellement des sentiers battus, je suis tout de même curieuse de voir ce Morning Glory, écrit par le scénariste du Diable s’habille en Prada et dirigé par le réaliseur de Notting Hill. Son principal atout ? Un casting 5 étoiles: Rachel McAdams, Jeff Goldblum, Patrick Wilson et surtout le duo Harrison Ford / Diane Keaton, qui m’a l’air assez convaincant sur ces quelques images ! Le pitch: Bien qu’elle soit jeune, jolie, dynamique et ambitieuse, Becky Fuller est en pleine traversée du désert professionnelle et sentimentale. Aussi, lorsqu’on propose à cette productrice TV de reprendre « Daybreak », la matinale la moins regardée du pays, elle accepte le défi sans hésiter. Pour booster l’audience, elle décide d’engager Mike Pomeroy, le journaliste de légende de la chaîne. Mais le charisme de Mike n’a d’égal que ses caprices de star, et ses relations sont électriques avec Colleen Peck, sa co-présentatrice. Les coups bas hors-plateau s’accompagnent très vite de petites phrases assassines à l’antenne… Dans le même temps, Becky craque pour un producteur de la chaîne, mais sentiments et travail ne font pas toujours bon ménage. Parviendra-t-elle à sortir l’émission de l’impasse et à trouver l’amour ? Réponse le 16 février 2011.

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♥ Nowhere Boy

Nowhere Boy

Fans de John Lennon ? Nowhere Boy sera sûrement LE film à voir en cette fin d’année ! Il raconte la jeunesse de Lennon, ses relations avec sa tante Mimi qui l’a élevé et sa mère, Julia, dont il se rapproche à l’adolescence, son parcours au sein des Quarrymen, le groupe qu’il fonde en 1957, et sa rencontre avec Paul McCartney et George Harrison. Au casting, Aaron Johnson, que j’aime beaucoup, dans le rôle de Lennon ado, Kristin Scott Thomas plus punchy que jamais, Thomas Sagster (qu’on a notamment déjà vu dans Love Actually, Nanny McPhee ou Bright Star… et qui a le même âge qu’Aaron Johnson alors qu’il fait vachement plus jeune – vous trouvez pas ?!) dans le rôle de Paul McCartney… Le film sort le 8 décembre en France. Ouf, c’est pas trop tôt !

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♥ True Grit

True Grit

Autre sortie très attendue (et pas que par moi !), celle de True Grit, le prochain film des frères Coen, qui savent mieux que quiconque alterner bouses, chef-d’œuvres et petites pépites. Dans quelle catégorie se situera True Grit ? Après avoir vu la bande-annonce, j’ai tendance à penser que ce sera dans l’une des deux dernières car elle semble assez prometteuse : images superbes, histoire intéressante, excellente B.O et surtout, un casting exceptionnel : Josh Brolin, Matt Damon et Jeff Bridges dans les rôles principaux. Le pitch ? Mattie Ross, une gamine de quatorze ans, est déterminée à rendre justice à son père, tué de sang-froid par le lâche Tom Chaney (Josh Brolin). Elle engage Rooster Cogburn (Jeff Bridges), un Marshall alcoolique réputé pour avoir la gâchette facile, et décide de l’accompagner (malgré ses réticences) à la poursuite de Chaney. Ils devront traquer le criminel jusqu’en territoire Indien, et le trouver avant LeBouef (Matt Damon), un Ranger également à sa recherche pour un meurtre commis au Texas. Sortie le 23 février 2011.

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Juste pour rire ? #1

Comme je le disais ici, ces dernières semaines n’ont pas forcément été de tout repos du fait de nombreux petits soucis du quotidien quotidien (elle est drôle, hein ?!) et du coup, pour me remonter le moral, je me suis fait une orgie de pestacles humoristiques au théâtre. Oui, bon… on fait comme on peut. Nah !

A commencer par deux spectacles d’humoristes qu’on ne présente plus.

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* Jean-Luc Lemoine dans « Lemoine Man Show » à la Gaité Montparnasse


Je l’avais déjà vu sur scène il y a quelques années pour son spectacle Jean-Luc Lemoine est inquiétant et celui-ci se situe dans la même droite lignée. Alors bien-sûr, on a plus souvent l’habitude de le voir dans des émissions de télé mais sachez qu’il est également dans son élément sur la scène d’un théâtre et sait entraîner le spectateur avec lui en jouant les cartes de la complicité et de l’empathie. Lemoine, c’est le séducteur, c’est le mec sympa mais qui sait manier l’auto-dérision et se la jouer (un brin) cynique quand il le faut. Tout au long de ce Lemoine Man Show, construit comme une longue conversation, il réfléchit sur notre société sans jamais tomber dans la polémique et en sachant toujours habilement rester du côté « pas trop risqué » de la barrière. Alors, bien-sûr, il sait lancer des piques, mais on est encore loin des kalachnikovs ! Parfois, on aimerait qu’il se lâche un peu plus. Son truc à lui, c’est le sourire et la distance amusée, et s’en dégage un sentiment qu’il se repose un peu trop sur ses acquis. M’enfin, je chipote évidemment, car j’apprécie vraiment son travail et j’ai passé un bon moment devant ce spectacle plaisant et drôle !

C’est où ?
Lemoine Man Show
Théâtre de la Gaîté Montparnasse
26, rue de la Gaîté (14è) – M° Gaîté
Jusqu’au 2 janvier 2011.

*****

* Gaspard Proust à l’Européen


C’était la première fois que je voyais Gaspard Proust sur scène. Et ce ne sera certainement pas la dernière ! Pourtant, il y aurait eu de quoi être dérouté par la moue désopilante que le monsieur arbore en permanence (il fait la gueule, en gros !) et par son impertinence constante. Mais c’est le but ! Sa recette ? Un gros soupçon d’insolence, une louche d’ironie grinçante, une belle pincée de sujets tabous tournés en dérision, et surtout, le fait de se payer la tête de tout le monde et de s’en foutre. Ouf, ça fait du bien par les temps qui courent ! Merci Gaspard Proust. Du coup, évidemment, il ne peut pas plaire à tout le monde (et tant mieux !) mais les nostalgiques de Desproges et de l’intelligence de ses saillies, qui aiment la provocation bien menée et l’humour intelligent, en auront pour leur compte. Le spectacle est étonnant, éminemment drôle et surtout brillamment écrit ! Et quand on aime le second degré, je vous le dis tout de suite, on ne peut qu’être tout simplement hilare face au ton désabusé de Proust et à son discours très politiquement incorrect, irrévérencieux, cynique et plein d’esprit dans lequel rien, ni personne, n’est épargné. Bref, un « one-man show » férocement décalé et caustique, intelligemment mené et construit, comme on en voit peut. Amateurs de 20è degré assumé, mettez-le sur votre short list !

C’est où ?
Gaspard Proust
L’Européen (complet jusqu’au 6 novembre)
5, Rue Biot, (17è) – M° Place de Clichy
A 20h30 du mardi au samedi.
Reprise du spectacle à la Cigale à partir du 10 décembre 2010.

******

N’allez pas trop loin, un autre petit billet sera mis en ligne cet après-midi… Have a great day (croisez les doigts pour moi, j’ai un rdv pour un chouette poste ce matin !).

Henry Moore au Musée Rodin

Depuis plusieurs semaines, le musée Rodin accueille une exposition consacrée au sculpteur anglais Henry Moore (1898-1986). C’est la première grande rétrospective organisée à Paris depuis plus de trente ans, et l’occasion de renouer les liens établis dès 1956 entre le sculpteur anglais et le musée, notamment lors des expositions internationales organisées dans les jardins de l’hôtel Biron puis à l’occasion des deux expositions qui lui ont été consacrées en 1961 et 1971.

Avec cette rétrospective « Henry Moore, l’atelier: sculptures et dessins au Musée Rodin », le musée nous invite à entrer dans l’atelier du sculpteur et à découvrir ses œuvres mais aussi ses ébauches et ses maquettes, et à une balade dans l’imaginaire de l’artiste, peuplé de formes allongées aux courbes arrondies et de sculptures monumentales. Pour évoquer l’atmosphère de l’atelier de Moore à Perry Green, en Angleterre (devenu aujourd’hui la Fondation Henry Moore) et le processus de création de l’artiste, nous sont présentées plus de cent cinquante sculptures, deux pièces monumentales, une cinquantaine de dessins et trois albums de croquis, ainsi que des ossements, coquillages, morceaux de bois, et débris de toutes natures que l’artiste ramassait au cours de ses promenades et parmi lesquels il travaillait.

Cet ensemble retrace la carrière de l’artiste de 1930 au début des années 1980. Les premières œuvres aux formes abstraites cohabitent à partir de 1939 avec des figures couchées, références explicites au corps humain que l’on peut percevoir comme autant de paysages. Le sculpteur a également beaucoup dessiné et l’expo présente justement de nombreuses études préparatoires pour des sculptures, des croquis d’os, de coquillages, de figures, ainsi que les célèbres dessins illustrant la vie des gens dans les abris pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est qu’à la fin de sa vie que Moore entreprend une série de pièces colossales, parmi lesquelles Locking Piece et The Arch, exposées dans la cour de l’hôtel Biron.

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Petite originalité de cette expo: c’est assez rare que les plâtres provenant de l’atelier d’un sculpteur soient à ce point à l’honneur. Longtemps délaissé par Moore et souvent considéré comme une étape intermédiaire pour la réalisation d’un bronze, le plâtre s’affirme ici comme le matériau même de la création, au plus proche de la main de l’artiste et est reconnu, du plus petit au plus grand, comme une œuvre à part entière (d’ailleurs, nombre d’entre eux ont été restaurés à cette occasion).

Au final, c’est une expo très courte que nous propose le musée Rodin ici (mais c’est le cas à chaque fois: l’espace consacré aux expos temporaires est relativement petit et on en fait souvent le tour très vite), mais on y découvre des œuvres intéressantes, mystérieuses et atypiques. L’incursion dans l’atelier et dans l’univers de Moore, artiste que l’on connait généralement peu chez nous est donc totalement bienvenue. En plus de ça, la scénographie est très belle, la mise en couleurs réalisée par Farrow & Ball est sublime et met superbement les sculptures en valeur. Et puis, ça fait toujours une bonne excuse pour se balader dans le joli musée Rodin, ainsi que dans le jardin, juste après ;)

Un petit coup d’œil ?

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C’est où ?
Musée Rodin
79, rue de Varenne – M° Varenne
Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 10h à 17h45.
Jusqu’au 27 février 2011.
Le site.

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