Culture

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« Cranach et son temps » au Musée du Luxembourg

Moment assez attendu ce matin puisque j’ai eu la chance d’assister à la réouverture du musée du Luxembourg. Et pourtant, j’étais la première à accabler la précédente gestion du musée avec ses expos minuscules aux tarifs exagérés et à la pédagogie plus que médiocre… Malgré ça la fermeture d’un musée fait toujours mal au cœur et je suis ravie de ce « nouveau départ » !

On peut vraiment parler d’un nouveau départ puisqu’en 2010, le Sénat a délégué la gestion du musée à la Rmn qui s’est engagée à offrir une identité renouvelée et des espaces d’accueil & de services entièrement rénovés au public. Cette nouvelle ère s’ouvre avec une exposition consacrée à Lucas Cranach (1472- 1553), l’un des artistes majeurs de la Renaissance germanique. Un peintre fécond et polyvalent, dont la carrière couvre toute la première moitié du XVIè siècle, mais finalement assez étranger au public français qui connait peu ou mal l’étendue de son œuvre. Sa notoriété de peintre, sa position dans la société des puissants, sa proximité avec les cercles intellectuels, font pourtant de lui une des personnalités parmi les plus originales et les plus étonnantes du XVIè siècle européen.

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L’exposition montre très bien la dimension européenne de l’art de Lucas Cranach, qui est non seulement marqué par les œuvres de Dürer dont les gravures circulent, mais qui regarde aussi du côté des Flandres et de l’Italie. Pour faire apparaitre ces influences, l’exposition met en regard une sélection de tableaux, dessins et gravures de Cranach avec la production d’autres artistes.

Elle consacre une place importante à ses voyages qui ont été favorisés par sa position officielle à partir de 1505 au sein de la cour de Frédéric le Sage, prince électeur de Saxe, fixée à Wittenberg. Au-delà des commandes artistiques de son mécène, Cranach s’est vu en effet confier des missions diplomatiques qui ont joué un rôle fondateur dans la formation de sa personnalité. A la demande de Frédéric le Sage, Cranach se rend notamment en 1508 à Malines dans les Flandres auprès de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, dont la cour est peuplée d’artistes et d’humanistes originaires de contrées diverses. Au contact de cette brillante société, il perfectionne son art. Il introduit dans ses œuvres une élégance plus raffinée mais s’intéresse surtout à de nouvelles thématiques qui rencontrent alors un vif succès dans ce milieu aristocratique, comme celles des femmes fortes et vertueuses, représentées à mi-corps.


Une partie de l’exposition est consacrée à la représentation du nu féminin qui occupe une place centrale au sein de l’œuvre de Cranach. Dans ses figures féminines d’une grande sensualité, empruntées tantôt au répertoire antique (Vénus, Diane…), tantôt à la culture chrétienne (Ève), il représente des corps à la beauté parfois inquiétante, dont le canon se distingue très nettement des proportions idéales prisées à la Renaissance. Ces images ambiguës, mêlant érotisme et morale, à la signification souvent complexe, ont rencontré en leur temps un énorme succès qui a incité l’artiste à les décliner sous des formes variées. Son sens consommé des affaires le pousse même à mieux organiser son atelier pour répondre le plus rapidement possible à la demande.

L’exposition insiste beaucoup sur la richesse et l’originalité du parcours de Cranach, un parcours jalonné de rencontres déterminantes avec des représentants majeurs de la vie politique et religieuse de l’époque, alors agitée par le vent de la Réforme protestante. A Wittenberg, il côtoie notamment Martin Luther que protège Frédéric le Sage. Portraitiste de talent, il nous a transmis les effigies des principaux acteurs de ce moment fort dans l’histoire de la chrétienté. Cranach participe aussi pleinement à la diffusion de cette nouvelle doctrine, en mettant son art au service d’une propagande visuelle, largement diffusée par la gravure. Ainsi, il a contribué à élaborer une nouvelle iconographie protestante, sans pour autant renoncer aux commandes de l’Eglise catholique.


L’exposition est très intéressante et instructive dans le sens où elle aide à comprendre la place de cet artiste dans l’histoire de l’art et son implication dans la société de son temps, touchée alors par de profonds bouleversements politiques et religieux. La scénographie est magnifique, les salles sont très sombres mais (et c’est assez rare pour être signalé) ce n’est pas gênant pour profiter des tableaux. Au contraire, on a l’impression d’être comme au creux d’une alcôve, les tableaux sont somptueux. Le lieu est très feutré mais cela met vraiment en valeur les toiles exposées. Concernant l’ajustement des salles, on note pas mal d’améliorations par rapport à avant et c’est tant mieux ! L’espace de l’exposition a été repensé et réorganisé totalement. Les salles sont plus nombreuses, tout est fait pour qu’un maximum de monde puisse circuler dans l’exposition sans (trop) se marcher sur les pieds: par exemple, les grands panneaux thématiques ont été placés assez à l’écart des tableaux ce qui fait qu’on peut les lire sans gêner la visite d’autres personnes… Astucieux !

Un progrès également côté pédagogie (il faut dire qu’on partait de zéro sur ce point !), l’expo est plutôt bien documentée. Au-delà des grands panneaux dont je parlais juste au-dessus, il y a de nombreux encarts explicatifs près des toiles, ce qui n’oblige pas à prendre l’audio-guide pour comprendre la majorité des œuvres. Ouf ! Petit bémol quand même: malgré la qualité de l’exposition, je regrette une fois de plus les tarifs plus que prohibitifs pratiqués par le musée (11€ pour une expo de cette taille ? faut p’têt pas pousser non plus…). C’est un petit musée/une petite expo, il n’y a que peu de salles, pas énormément d’œuvres et sincèrement, les prix pourraient être diminués de quelques euros, à mon goût… Au moins, si vous y allez, vous vous y rendrez en connaissance de cause ;)

C’est où ?
Cranach et son temps
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard (6è) –  RER Luxembourg
Ouvert tous les jours de 10h à 20h, et jusqu’à 22h le vendredi et le samedi.
Tarifs: 11€/7€50
Le nouveau site.
Du 9 février au 23 mai 2011.

« L’Orient des femmes » vu par Christian Lacroix au Quai Branly

Hier, je me suis rendue au vernissage presse de la nouvelle exposition présentée par le musée du Quai Branly: « L’Orient des femmes » vu par Christian Lacroix. Un titre assez étonnant et pour le moins énigmatique derrière lequel j’étais bien curieuse de voir ce qui pouvait se cacher !


Hymne aux femmes orientales, l’exposition dévoile un autre visage des femmes, du nord de la Syrie au désert du Sinaï, en présentant 150 costumes et parures traditionnels du Proche-Orient, sélectionnés par Christian Lacroix, avec le concours de Hana Chidiac (responsable des collections Afrique du Nord et Proche-Orient du musée du quai Branly). Christian Lacroix a imaginé le parcours de l’exposition comme une « déambulation poétique » évoquant les atmosphères des lieux où vivaient les femmes: les pièces présentées forment comme un cortège immobile & planant et habitent un espace coloré où se projette, dans une lumière feutrée et chaleureuse, l’imaginaire du couturier vers un Orient rêvé.

Passionné d’art, de mode et de voyage, Christian Lacroix s’inspire dans ses créations des costumes et des traditions orientales et occidentales des XVIIIè, XIXè et XXè siècle (et autres inspirations provençales, ethniques ou baroques) auxquels il emprunte les couleurs chatoyantes, les coupes et les motifs. De ces goûts et inspirations est né un parcours poétique ponctué de pièces somptueuses qui, pour la plupart, sont exposées pour la première fois en France.

Une grande partie de ces vêtements traditionnels étaient portés par des villageoises ou des Bédouines de Syrie, de Jordanie, de Palestine et du désert du Sinaï, qui se transmettaient de génération en génération un savoir-faire et un savoir-vivre incroyable. Tissus brodés, manteaux, robes de fête, voiles, coiffes, bijoux et accessoires forment une panoplie de formes et de couleurs éclatantes. Datant pour la plupart de la fin du XIXè siècle à nos jours et ornées de broderies et d’applications de couleurs, elles témoignent d’une continuité des traditions et des savoir-faire dans un contexte social et politique qui a considérablement évolué au cours de cette période. Chacune des créations dévoile un pan de l’histoire de ces femmes dont les mains, les gestes, les goûts et le talent ont donné aux étoffes, aux fils de soie ou de coton, une part d’elles-mêmes, composant chaque pièce comme une petite œuvre d’art. Au-delà de sa portée historique et ethnologique, L’Orient des Femmes est aussi une invitation à la découverte esthétique de l’art vestimentaire féminin (l’art des textiles se voulant tout autant manière de se vêtir que langage, marqueur social, géographique ou religieux).

La scénographie choisie par Christian Lacroix est intelligente et bien faite, allant du noir au blanc comme de l’ombre à la lumière. Le parcours se déroule selon un itinéraire géographique qui part du Nord de la Syrie pour atteindre le désert du Sinaï dévoilant ainsi, tour à tour, les costumes des femmes syriennes, jordaniennes, palestiniennes et bédouines. Le découvrir est vraiment très plaisant, on apprend beaucoup de choses (comme toujours au Musée du Quai Branly), tout est très bien expliqué, instructif, pédagogique (il y a même une salle où l’on peut toucher des créations !) et relativement intéressant. Je dis « relativement » non pas parce que l’expo est mauvaise (loin de là !) mais parce qu’elle est assez spécialisée et ne correspond pas forcément à mes goûts personnels. Notez quand même que ça ne m’a pas empêchée de passer un bon moment (et je dois avouer qu’écouter Christian Lacroix parler de son travail sur cette exposition avec autant de passion et de conviction m’a vraiment surprise !), donc si l’envie vous prenait d’aller visiter les collections permanentes du musée, n’oubliez pas de faire quelques pas dans cette exposition, c’est avant tout un bel hommage à ces femmes d’Orient et à leur travail.

Petit tour d’horizon en images pour finir:

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C’est où ?
« L’Orient des femmes » vu par Christian Lacroix
Musée du Quai Branly
Mezzanine Est – Plateau des Collections
37, quai Branly (7è) – RER Pont de l’Alma
Ouvert tous les jours (sauf le lundi): les mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h & les jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h.
Tarifs: 8€50/6€.
Jusqu’au 15 mai 2011.

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Aujourd’hui, je me rends à la présentation presse de l’exposition « Cranach et son temps » qui inaugure la réouverture du Musée du Luxembourg. J’essaierai d’en dire 2-3 mots dans un billet que je mettrai en ligne cet après-midi ou ce soir. Sinon, ce sera pour un peu plus tard ;) Bonne journée mes agneaux !

« Hors Piste aux Maldives »: ma première déception théâtrale de l’année !

Encore un petit billet théâtre aujourd’hui mais on change totalement de registre ! Le week-end dernier, je me suis rendue au théâtre Fontaine pour assister à l’une des premières représentations de la suite de la pièce à succès Hors Piste d’Éric Delcourt (vue et grandement appréciée il y a un peu plus d’un, la preuve): Hors Piste aux Maldives.

Pitch: « Trois ans après un week-end « hors piste » au ski assez mouvementé, Thomas Klein, brillant homme d’affaires, a de nouveau réuni ses amis aux Maldives, pour célébrer ses 40 ans. Les Maldives, plein les gencives ! Mais la vie est un long fleuve peu tranquille, la crise financière est passée par là et les destins de chacun ont radicalement changé. Cookie est plus que jamais une artiste underground glamour et militante. Blandine est devenue son assistante et s’émancipe à son contact en devenant une femme libre et indépendante. Stan a troqué ses foyers sociaux de jeun’s à Aubervilliers contre un engagement humanitaire à travers le monde. Quant à Francis, pizzaïolo à la dérive, suite à sa rupture avec Blandine, il sort de la dépression après avoir fait son coming out. La cerise sur le gâteau étant la présence de Pierre, l’improbable guide de haute montagne qui a radicalement changé de vie et qui est mystérieusement invité par Tom. Ce qui devrait alors être un séjour de rêve tourne vite à la catastrophe n’en déplaise à leur hôte bientôt totalement dépassé par la situation. Leur amitié va être une nouvelle fois mise à rude épreuve. On prend les mêmes et on recommence dans une comédie au sommet qui devient tropicale. L’aventure continue… mais en tongs. » (source: le site du théâtre)


Et bien autant j’avais adoré le premier opus, autant je suis sortie très très déçue de cette suite. Déjà, j’ai trouvé le titre plutôt mal choisi. Avec Hors Piste aux Maldives, on pouvait s’attendre à retrouver la fine équipe en train de se tirer dans les pattes sur une plage idyllique façon Les Bronzés ! Et bien, non, Éric Delcourt nous fait atterrir… dans la brousse. Hum, mouais, pas terrible les Maldives transformées en jungle ! Ensuite, les ressorts comiques des personnages ayant déjà été usées jusqu’à la corne dans le premier opus, l’auteur rame pour leur donner un deuxième souffle et ça se sent. Il peine à nous surprendre et utilise des ficelles cousues de fil blanc complètement à côté de la plaque… Bref c’est du déjà-vu et en (beaucoup) moins drôle.

Alors bien sûr, on se réjouit de retrouver cette bande de comédiens sympathiques et leurs personnages, toujours aussi timbrés. Il y a aussi quelques répliques caustiques et jeux de réparties cinglantes assez drôles, on rit de temps en temps mais rien de plus. Le reste n’est que jeux de mots poussifs, gags lourds et dialogues insipides manquant cruellement de naturel… J’ai même trouvé que certaines répliques et trouvailles dans le scénario frisaient le pathétique (le coup du « chien » -pour celles et ceux qui verront la pièce- par exemple, d’un ridicule sans nom… et pourtant je suis bon public la plupart du temps !) ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais au théâtre. Les personnages sont ultra-caricaturaux (c’était déjà le cas dans le premier mais c’est justement ce qui les rendait aussi drôles !), les blagues prévisibles et l’intrigue totalement creuse. Tout ce qu’on a aimé dans le premier devient lourd, poussif et grotesque ici. Ceci dit, je le répète, tout ceci n’est qu’un simple avis, bien entendu… Sachez quand même que la plupart des spectateurs, dans le public, étaient hilares de A à Z. Humour TF1 sans doute ? Bouh, je suis méchante ! Ou pas.

Bref, une suite que je ne recommande pas, d’autant plus quand on a vu (et aimé) le premier opus. Dommage…

C’est où ?
Hors Piste aux Maldives
Théâtre Fontaine
10, rue Fontaine (9è) – M° Pigalle ou Blanche
Du mardi au vendredi à 20h30, et le samedi à 18h et 21h.
Durée: 2h.

« Une banale histoire » au théâtre de l’Atelier

Comme je le disais ici, la semaine dernière je me suis rendue au théâtre de l’Atelier pour assister à une représentation de la pièce Une banale histoire.

Pitch: « De lourdes insomnies portent le vieux professeur de médecine Nicolaï Stepanovitch à se pencher sans concession sur son passé. Il a regardé Katia, sa pupille, grandir, aimer puis sombrer. Ils partagent désormais les mêmes questions sans réponse sur l’amour, l’art, la science et bien d’autres sujets propres à masquer les étranges sentiments qui les unissent. La pièce est librement adaptée de la nouvelle éponyme de Tchekhov. » (source: le site du théâtre)

Une banale histoire, nouvelle du médecin-écrivain Anton Tchekhov, a été ici librement adaptée et mise en scène sur les planches du théâtre de l’Atelier par Marc Dugain, pour qui cette histoire est très liée aux hésitations de l’auteur à revenir à la scène après l’échec d’Oncle Vania. La volonté de l’écrivain de faire figurer dans cette pièce une sorte de testament prématuré sur cet art qui le fait vivre et qui l’agace par la médiocrité du milieu qui l’anime y est aussi flagrante. Stepanovitch, professeur de médecine quitté par la vie, n’est pas sans ressemblance avec Tchekhov lui-même qui sait que bientôt la tuberculose finira par l’emporter. On y trouve aussi cette relation confuse qu’entretient l’auteur avec les femmes et cette distance amoureuse qui lui est si particulière. C’est un texte magnifique (même sans être aussi fan que moi de littérature russe) et malheureusement assez peu connu, dont les propos sur l’art, la vie, la science et l’amour, sont d’une humanité et d’une lucidité incroyables.

Marc Dugain concentre la mise en scène sur l’omniprésence du docteur Stepanovitch et sur ce murmure intérieur qu’il entretient: c’est comme un fil conducteur sur lequel viennent s’agréger sa femme et sa pupille avec laquelle il nourrit une relation étrange et d’une intensité au-dessus de ses dernières forces. L’homme est à la fois toujours là mais plus tout à fait là en même temps, et toutes les sollicitations dont il fait l’objet lui paraissent dérisoires au moment où il s’emploie à tirer quelques leçons de son existence. Le texte est empreint d’une légère mélancolie teintée de petits passages caustiques mais qui n’entament jamais la profonde humanité de l’auteur.

Au delà du texte, la pièce mérite véritablement d’être vue pour l’excellente performance de Jean-Pierre Darroussin: crâne presque dégarni, barbichette poivre et sel & fines lunettes, il habite complètement son personnage de bout en bout. Sans tristesse, ni sentences, il livre d’une voix douce mais parfaitement claire et limpide, ce qui sont les pensées d’un être cultivé dont les jours sont désormais comptés. Se déplaçant à pas feutrés, proférant des avis sobres mais circonstanciés, usant de mimiques discrètes mais efficaces, il surprend par la subtilité généreuse qui habite cet homme. Il dévoile peu à peu une philosophie de la vie, des rapports humains et en société, aux antipodes de ce qui est le modèle de ses contemporains, frivoles et truqueurs, et nous offre, à cette occasion, une composition parfaitement réussie. Chapeau !

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Une bonne surprise de cette nouvelle saison théâtrale à l’Atelier. J’ai hâte d’y voir la performance de Romain Duris très prochainement !

C’est où ?
Une banale histoire
Théâtre de l’Atelier
1, place Charles Dullin (18è) – M° Anvers
Du mardi au samedi à 21h, en matinées samedi et dimanche à 16h.
Durée: 1h30.

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Hop, hop, hop… partez pas ! Un second billet « théâtre » sera mis en ligne cet après-midi :)

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Little Miss Chatterbox

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