Mon Théâtre

Page 5 sur 16« First...34567...1011121314...Last »

Juste pour rire ? #1

Comme je le disais ici, ces dernières semaines n’ont pas forcément été de tout repos du fait de nombreux petits soucis du quotidien quotidien (elle est drôle, hein ?!) et du coup, pour me remonter le moral, je me suis fait une orgie de pestacles humoristiques au théâtre. Oui, bon… on fait comme on peut. Nah !

A commencer par deux spectacles d’humoristes qu’on ne présente plus.

lemoineProust

* Jean-Luc Lemoine dans « Lemoine Man Show » à la Gaité Montparnasse


Je l’avais déjà vu sur scène il y a quelques années pour son spectacle Jean-Luc Lemoine est inquiétant et celui-ci se situe dans la même droite lignée. Alors bien-sûr, on a plus souvent l’habitude de le voir dans des émissions de télé mais sachez qu’il est également dans son élément sur la scène d’un théâtre et sait entraîner le spectateur avec lui en jouant les cartes de la complicité et de l’empathie. Lemoine, c’est le séducteur, c’est le mec sympa mais qui sait manier l’auto-dérision et se la jouer (un brin) cynique quand il le faut. Tout au long de ce Lemoine Man Show, construit comme une longue conversation, il réfléchit sur notre société sans jamais tomber dans la polémique et en sachant toujours habilement rester du côté « pas trop risqué » de la barrière. Alors, bien-sûr, il sait lancer des piques, mais on est encore loin des kalachnikovs ! Parfois, on aimerait qu’il se lâche un peu plus. Son truc à lui, c’est le sourire et la distance amusée, et s’en dégage un sentiment qu’il se repose un peu trop sur ses acquis. M’enfin, je chipote évidemment, car j’apprécie vraiment son travail et j’ai passé un bon moment devant ce spectacle plaisant et drôle !

C’est où ?
Lemoine Man Show
Théâtre de la Gaîté Montparnasse
26, rue de la Gaîté (14è) – M° Gaîté
Jusqu’au 2 janvier 2011.

*****

* Gaspard Proust à l’Européen


C’était la première fois que je voyais Gaspard Proust sur scène. Et ce ne sera certainement pas la dernière ! Pourtant, il y aurait eu de quoi être dérouté par la moue désopilante que le monsieur arbore en permanence (il fait la gueule, en gros !) et par son impertinence constante. Mais c’est le but ! Sa recette ? Un gros soupçon d’insolence, une louche d’ironie grinçante, une belle pincée de sujets tabous tournés en dérision, et surtout, le fait de se payer la tête de tout le monde et de s’en foutre. Ouf, ça fait du bien par les temps qui courent ! Merci Gaspard Proust. Du coup, évidemment, il ne peut pas plaire à tout le monde (et tant mieux !) mais les nostalgiques de Desproges et de l’intelligence de ses saillies, qui aiment la provocation bien menée et l’humour intelligent, en auront pour leur compte. Le spectacle est étonnant, éminemment drôle et surtout brillamment écrit ! Et quand on aime le second degré, je vous le dis tout de suite, on ne peut qu’être tout simplement hilare face au ton désabusé de Proust et à son discours très politiquement incorrect, irrévérencieux, cynique et plein d’esprit dans lequel rien, ni personne, n’est épargné. Bref, un « one-man show » férocement décalé et caustique, intelligemment mené et construit, comme on en voit peut. Amateurs de 20è degré assumé, mettez-le sur votre short list !

C’est où ?
Gaspard Proust
L’Européen (complet jusqu’au 6 novembre)
5, Rue Biot, (17è) – M° Place de Clichy
A 20h30 du mardi au samedi.
Reprise du spectacle à la Cigale à partir du 10 décembre 2010.

******

N’allez pas trop loin, un autre petit billet sera mis en ligne cet après-midi… Have a great day (croisez les doigts pour moi, j’ai un rdv pour un chouette poste ce matin !).

« La Mère » au Petit Théâtre de Paris

Le week-end dernier, je me suis rendue au Petit Théâtre de Paris pour assister à une représentation de l’adaptation théâtrale de la 5è pièce de Florian Zeller, « La Mère ».

Le pitch ? « Comme d’autres, Anne, le personnage principal de « La Mère », a tout donné pour ses enfants, pour son mari, pour sa maison; puis les années ont passé et les enfants sont partis, le fils, la fille, et maintenant le père. Elle se retrouve seule, dans un royaume qui fuit de toutes parts. Mais il suffit que le fils, en pleine rupture sentimentale, revienne passer quelques jours à la maison pour qu’elle se remette à vivre, à respirer, à danser – quitte à oublier qu’il faudra, une deuxième fois, le laisser partir… » (source: le site du théâtre).

Romancier et dramaturge très « parisien », Florian Zeller nous livre de façon régulière des œuvres légères où les petits tracas des bobos sont épinglés et mis au crible. Cette « mère » dont il nous fait le sombre portrait ici, est solitaire, sans activité, accro à la bouteille et se languit à longueur de journées de ce fils qui a pris son envol, de cet être qui ne donne jamais de nouvelles et ne revient que furtivement au domicile familial. Pour tout vous avouer, j’avais un peu peur d’avoir à faire à un texte faussement complexe et prétentieux (un peu comme celui de « Chien Chien », dont je parlais ici), mais finalement, il n’en fut rien. La pièce de Florian Zeller ne brille, certes, ni par son inventivité, ni par son originalité mais sa construction narrative l’a rend plutôt intéressante. Il utilise le procédé de la variation pour rejouer les mêmes scènes plusieurs fois, mais de façon différente, un peu comme pour brouiller les pistes et notre perception des choses et ne jamais nous apporter les réponses qu’on aimerait trouver (est-ce un rêve ? la réalité ? un saut dans l’inconscient ?). Déconcertant donc, d’autant plus que même si l’histoire en elle-même n’est pas tellement originale et que les thèmes abordés sont vus et revus, ils sont néanmoins intéressants et prêtent à réfléchir.

Mais la pièce se distingue surtout grâce à la mise en scène, inquiétante et épurée (très dépouillée: un espace gris, tout en profondeur) de Marcial Di Fonzo Bo qui installe, du début à la fin, une atmosphère oppressante, malsaine et énigmatique. Le tout est formidablement bien porté par les comédiens, dont l’exceptionnelle Catherine Hiegel, charismatique et bouleversante, qui a trouvé un rôle à sa mesure, prétexte à nous montrer toute l’étendue de son talent. Jean-Yves Chatelais est également très convaincant dans le rôle du mari qui semble bien plus occupé à gérer ses affaires et à passer ses semaines dans des déplacements ambigus, qu’à se préoccuper de sa femme triste, en colère et esseulée. En revanche, j’ai été un peu moins emballée par les performances de Clément Sibony et Olivia Bonamy, nettement plus en retrait.

C’est où ?
La Mère
Petit Théâtre de Paris
15, rue Blanche (9è) – M° Trinité d’Estienne d’Orves
Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 16h.
Plus d’infos sur le site.

******

Un second billet sera mis en ligne en début d’aprem, stay tuned !

« Chien Chien » au Théâtre de l’Atelier

Le week-end dernier, je me suis rendue au théâtre de l’Atelier pour y voir la pièce de Fabrice Roger-Lacan mise en scène par Jérémie Lippmann: « Chien Chien ».

Le pitch: « Ce qui ressemble au hasard réunit deux anciennes amies d’enfance. Les jeux dangereux et cruels auxquels elles jouaient autrefois vont empoisonner leur relation d’aujourd’hui. Linda et Léda… Le même âge, presque le même prénom, mais des existences aux antipodes l’une de l’autre. Les deux femmes se rencontrent à l’occasion d’un de ces week-ends mêlant travail et détente qu’organise le mari de Linda, tout puissant patron du mari de Léda. Elles ont deux heures devant elles pour faire connaissance avant l’arrivée des hommes. Très vite, les rouages bien huilés se grippent et ce qui ne devait être qu’un apéritif de courtoisie tourne à l’affrontement acide. Derrière les apparences, Linda et Léda ne tardent pas à se reconnaître. Dans une autre vie, elles ont été deux petites filles qui ne pouvaient s’aimer sans se faire du mal l’une à l’autre. Seules dans une villa au luxe irréel, les deux femmes vont renouer avec les rituels du passé. Mais les enjeux ne sont plus les mêmes et la situation leur échappe. En ouvrant la boîte aux dangereux joujoux, elles ont réveillé leurs vieux démons. » (source: site du théâtre de l’Atelier)

Une histoire de femmes entre rivalités, nostalgie et blessures du passé pas encore totalement enfouies? J’dois vous avouer que l’idée sur laquelle est construite cette pièce avait largement de quoi me plaire et me donner envie de me précipiter au théâtre. Oui, mais voilà, même si c’était loin d’être inintéressant sur le fond, je suis restée absolument hermétique à la forme. Je n’ai pas du tout accroché au texte de Fabrice Roger-Lacan que j’ai trouvé prétentieux à l’excès (le genre de texte qui applaudit ses propres phrases, voyez ? beurk), bavard, prévisible et finalement creux comme une coquille de noix.

A côté de ça, les deux comédiennes présentes sur scène font ce qu’elles peuvent et il faudrait être difficile pour ne pas être séduite par ce joli duo de femmes gracieuses et magnifiques (petite préférence pour le jeu de la superbe Alice Taglioni, plus spontané et naturel que celui d’Élodie Navarre, qui avait l’air de réciter son texte par moments, humpf). Le décor est plutôt sympa à l’œil mais j’étais déjà toute acquise à la cause du beau théâtre de l’Atelier avant même d’y mettre un pied ce soir là. En revanche, je n’ai pas non plus été très emballée par la mise en scène, un peu à côté de la plaque avec des trouvailles ridiculement pompeuses (que ce soit au niveau de la gestuelle des comédiennes ou même des effets musicaux ou de lumière) pas tellement bienvenues (et il en aurait fallu beaucoup plus pour me sortir de la torpeur dans laquelle j’ai été plongée passée la première demie-heure de la pièce de toute façon).

Bref, malgré quelques touches positives par ci, par là, c’est une pièce que je ne recommande pas, le texte m’a vraiment trop ennuyée voire agacée par moments. Dommage…

C’est où ?
Chien Chien
Théâtre de l’Atelier
1, place Charles Dullin (18è) – M° Anvers ou Pigalle.
Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 16h.
Durée: 1h20.
Le site.
Petite astuce
: Sur présentation de votre billet acheté plein tarif au Théâtre de l’Atelier, les théâtres la Pépinière, la Madeleine et Marigny vous feront bénéficier d’une réduction de 10 euros sur l’achat d’un billet plein tarif.

« Le Technicien » au théâtre du Palais Royal

La semaine dernière, je me suis rendue avec plaisir au très beau théâtre du Palais Royal pour assister à la représentation de la pièce proposée pour la rentrée: « Le Technicien ».

Le pitch ? « Il y a plus de 20 ans, Séverine Chapuis s’est fait plaquer par Jean Pierre son mari, un flamboyant homme d’affaires sans foi ni loi. Abandonnée, sans un sou, Séverine a vaillamment retroussé ses manches et monté une maison d’édition qui aujourd’hui, a le vent en poupe et lui assure un train de vie confortable. Un beau matin, Jean Pierre réapparaît dans le bureau de Séverine. Ce n’est plus un businessman arrogant et cynique mais un homme ruiné, quasi SDF. Il est venu lui demander pardon … et un emploi vu qu’il est chômeur en fin de droits. Séverine décide de lui redonner une chance. Jean Pierre sera technicien … de surface. Autrement dit homme de ménage ! Mettant un mouchoir sur son orgueil, Jean Pierre va enfiler une blouse de travail, manier seau, torchon et balai, accepter toutes les humiliations de Séverine qui va le traiter comme le dernier des larbins. Mais celui-ci n’est pas du genre à se résigner et s’il n’a plus un rond, il ne manque pas de ressources. » (source: site du théâtre du Palais Royal).

Le Technicien est la première pièce que je vois en cette rentrée théâtrale et je dois vous avouer qu’après lecture du pitch et à la vue du casting, je n’en avais pas de très grosses attentes. Et pourtant… c’est une bonne surprise car j’ai passé une soirée théâtre très sympa ! C’est une pièce simple, qui ne révolutionne certes rien et ne rénove pas le genre, mais qui n’est pas prétentieuse et a le mérite de ne pas se prendre pour ce qu’elle n’est pas. C’est déjà beaucoup !

Le Technicien une bonne comédie avec des dialogues souvent drôles et des répliques bien senties, un casting très en forme et tout particulièrement le couple, à la ville comme sur la scène, qui tient le haut de l’affiche: Roland Giraud, excellent comme d’habitude, mais surtout la formidable Maaike Jansen, qui a une énergie incroyable sur scène et m’a tout simplement épatée ! Le texte d’Eric Assous est suffisamment malin pour offrir un petit mélange de 1er et de second degré, compromis idéal pour séduire n’importe quel spectateur ! Les rebondissements sont nombreux et le scénario se suit sans déplaisir, même si la fin est un peu rapide et cousue de fil blanc. La mise en scène de Jean-Luc Moreau est assez bien rythmée et dynamique (même si pas super originale), ce qui fait qu’on a vraiment pas le temps de s’ennuyer. Bref, largement de quoi passer un agréable moment de théâtre grâce à une pièce qui combine à la fois les atouts classiques de la comédie et une galerie de personnages capable de toucher tous les publics.

Merci à Sarah et à En3mots pour ce très sympa moment de théâtre.

C’est où ?
« Le Technicien »
Théâtre du Palais Royal
38, rue de Montpensier (1er) – Pyramides ou Palais Royal-Musée du Louvre.
01 42 97 40 00
Le site du théâtre.

*****

Stay tuned, je vous propose un autre billet culturel pour cet après-midi ! A tout’ ;)

Page 5 sur 16« First...34567...1011121314...Last »

Little Miss Chatterbox

Suivez moi aussi par ici …

instagram