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« Sentiments Provisoires » au Théâtre Edouard VII: LA déception de l’année

Pour ne rien vous cacher, je suis la première admiratrice des collaborations entre Bernard Murat, metteur en scène et directeur du Théâtre Édouard VII et Pierre Arditi, comédien de talent qu’on ne présente plus, qui partagent une complicité artistique qui fait mouche à tous les coups (ou presque) depuis de nombreuses années. La saison passée, j’avais passé un moment génialissime devant « Faisons un rêve », un enchantement signé Guitry sur une histoire d’adultère en apparence banale mais génialement tricotée et interprétée par un Arditi charmeur, gourmand et malicieux à souhait. Un régal ! Toujours sur les planches du magnifique théâtre Edouard VII, j’avais très envie de retrouver Arditi au cœur d’un nouveau triangle amoureux dans « Sentiments provisoires ». Face à lui cette fois, François Berléand et Sylvie Testud.

Le pitch en 3 mots: trois monologues – trois versions de l’histoire. « Une jeune femme annonce à l’homme avec lequel elle vit depuis dix ans qu’elle le quitte… pour son meilleur ami. Pas si facile quand les reproches paraissent lointains, le mari aimant et l’amant un peu trop fade. Un triangle amoureux typique duquel chacun empruntera un chemin différent. »

Affiche

Après n’avoir lu que des critiques dithyrambiques dans la presse et sur certains blogs, je me suis rendue pleine de confiance au Théâtre Edouard VII pour admirer un trio de comédiens que j’aime beaucoup habituellement: Arditi, Testud et Berléand. Et bien, force est de constater que j’aurais mieux fait de m’abstenir ! Je suis presque choquée des critiques si élogieuses que j’ai pu lire un peu partout et j’avoue que je ne les comprends pas du tout. Le public s’est-il laissé séduire par un casting 3 étoiles en mettant de côté son sens critique et en oubliant de jeter un œil sur le fond ? Pour ma part, la sauce n’a pas pris du tout. J’ai trouvé ça creux, lisse, fade et ennuyeux. Au bout de 40 minutes, je ne pouvais plus quitter ma montre des yeux et j’ai même failli partir avant la fin (je ne l’ai pas fait car j’étais en milieu de rangée mais autrement je ne me serais pas gênée !).

Et pourtant croyez-moi, j’ai bien essayé de donner sa chance à la pièce, j’ai longtemps espéré que l’histoire décolle… en vain ! La pièce alterne flash backs et monologues, telle une partie de ping-pong entre nos 3 comédiens « stars » mais cela ne suffit pas, il faudrait encore que le texte suive et qu’il y ait une intrigue ! Ce qui n’est pas le cas ici, je regrette. L’histoire est jouée dès le premier tableau quand les 3 personnages, que l’on retrouvera dans le même état à la fin, nous livrent d’emblée leurs états d’âme. L’un est quitté, l’autre quitte et le troisième attend. Difficile dès lors de croire à quelques rebondissements. La messe est dite… et sera longue, trèèèès longue ! Pierre Arditi, en cocu admirable, souffre avec talent, humour et noblesse. François Berléand, les épaules basses, espère sans y croire. Sylvie Testud, encore un peu Sagan, pousse l’indifférence jusqu’à l’absence. Absence de texte convaincant, absence d’histoire malgré une mise en scène qui essaie de sauver les meubles. En faire quelque chose aurait relevé du miracle car il n’y a rien dans « Sentiments provisoire », si ce n’est de l’esbroufe, du vent et du déjà-vu. Les auteurs contemporains peinent à égaler la truculence des classiques au théâtre et Gérald Aubert ne fait pas exception à la règle avec cette pièce.

Un gros effet d’affiche avec des comédiens de talent posés indéniablement sur un socle trop fragile.

Sentiments_provisoires

La pièce devrait bientôt être diffusée sur France 2, vous pourrez vous faire votre avis à moindre frais !

C’est où ?
« Sentiments Provisoires »
Théâtre Edouard VII
10, place Edouard VII (9è) – M° Madeleine ou Opéra.
Du mardi au samedi 21h, matinées le samedi à 17h30 et le dimanche à 15h30.
Jusqu’au 22 janvier.

*****

Un autre article culturel sera mis en ligne un peu plus tard dans la journée, stay tuned !

« Hors Piste » au Théâtre Fontaine

HPVoilà des années que je passe devant l’affiche de « Hors Piste » sans pour autant jamais avoir franchi la porte du théâtre qui l’héberge. La faute sans doute à mes nombreux a priori: c’est quoi cette affiche un peu beauf bof ? et cette histoire, ça sent le déjà-vu non? Et puis, finalement, à force d’en entendre du bien partout, j’en ai conclu que le mieux serait encore de me faire mon propre avis en allant voir la pièce. J’suis trop forte, je sais…

Il y a 2 jours, c’était la 500è représentation (oui, déjà !!) de cette comédie écrite et co-mise en scène par Eric Delcourt (qui joue aussi dans la pièce) et je me suis dit que pour que ça reste aussi longtemps à l’affiche, ça ne pouvait pas être sans raison. « Hors Piste » traine sur les planches depuis avril 2008 et a attiré des dizaines de milliers de spectateurs au théâtre de la Renaissance et au Splendid (cet été), avant de revenir récemment au Théâtre Fontaine (jusqu’au 2 janvier). Autant vous le dire, quand j’ai vu que la pièce durait 2h15, j’ai eu peur de m’ennuyer ferme… mais ouf, ça n’a pas été le cas du tout ! Bien au contraire, j’ai passé un excellent moment.

Le pitch: En dix ans, Tom, a fait fortune grâce à Internet et pour fêter son premier milliard, il invite ses amis perdus de vue depuis dix ans pour une randonnée de l’extrême, en plein cœur des Pyrénées, afin de se retrouver loin de leurs trépidantes occupations citadines. Pourquoi les Pyrénées ? Parce que « les Alpes c’est mort » ! Imaginez un peu le tableau: une artiste underground engagée très glamour, un animateur social très asocial, un pizzaïolo arriviste très proche du gouffre, une boulangère apprentie starlette en devenir et un guide de haute montagne assez atypique sont en route pour une randonnée en hors piste vers la Crête de l’Ours. Mais la montagne est traîtresse et de petites glissades en francs dérapages, les retrouvailles donneront lieu à quelques règlements de comptes assez grinçants.

Alors, certes, comme vous pouvez le constater, le scénario est assez basique et ne casse pas 3 pattes à un canard mais les comédiens campent des personnages tellement énormissimes, barjes et caricaturaux qu’il suffit d’un rien pour se laisser prendre au jeu. La complicité entre eux est palpable, on sent qu’ils s’amusent bien et c’est vraiment communicatif ! Le texte est très drôle (c’est un ping pong incessant de répliques cultes), les dialogues sont truffés de petites trouvailles hilarantes et bourrés de références… bref, on rit beaucoup du début à la fin et ça mérite sincèrement le déplacement. Un bon remède à nos journées grises et tristounes du moment en somme !

C’est où ?
« Hors Piste »
Théâtre Fontaine
10, rue Fontaine (9è) – M° Pigalle ou St Georges

« Christophe Alévêque est Super Rebelle… enfin ce qu’il en reste » au Rond Point

Comme je vous le disais la semaine dernière, j’ai eu la chance de voir « Christophe Alévêque est Super Rebelle… enfin ce qu’il en reste » au Théâtre du Rond Point samedi dernier. Cynique, moqueur et tendre, mais toujours hilarant, Alévêque s’inscrit dans l’honorable lignée des Coluche, Bedos, Timsit, Desproges et autres Guillon. Son spectacle, qui n’est que le reflet de tout ça, mérite sincèrement le déplacement !

super_rebelle

Irrévérencieux et très politiquement incorrect, le dernier spectacle de Christophe Alévêque rassemble le genre d’humour que j’apprécie particulièrement dans cette société trop lisse, où le prêt-à-penser prédomine. Il revendique être odieux, un brin vulgaire, mais finalement beaucoup moins que les faits mis en lumière dans ce one-man show. Militant, il se moque des délires de « Zébulon » et de sa majorité (sans faire de cadeau non plus à ceux d’en face), il astique la nomenklatura et les bien-pensants et caricature aussi les scènes de la vie ordinaire. Son sketch sur la zombification des ados est à mourir de rire !

Le meilleur est gardé pour la fin avec une revue de presse méchante, cynique et tout sauf consensuelle qui démonte au scalpel, à l’instar d’une opération à cœur ouvert sans pitié, les dérives de la parole politique. Il décrypte, éparpille, schématise, décape et entraine la salle dans presque deux heures de délire. Un spectacle décalé à voir pour se dépoussiérer les zygomatiques et affuter (si besoin en est) son sens critique et son auto-dérision !

C’est où ?
« Christophe Alévêque est Super Rebelle… enfin ce qu’il en reste »
Théâtre du Rond Point
2bis, av Franklin-Roosevelt (8è) – M° Franklin-Roosevelt
Jusqu’au 20 décembre.

« Qui est Monsieur Schmitt ? » au Théâtre de la Madeleine

946_image001Récemment, et en partie grâce à l’article d’Emma sur le sujet, je me suis rendue au théâtre de la Madeleine pour voir la nouvelle pièce de Sébastien Thiéry « Qui est Monsieur Schmitt ? ». Et j’ai bien fait !

Le pitch: Monsieur et Madame Bélier sont en train de dîner dans leur appartement, quand tout à coup, la sonnerie du téléphone retentit. La stupéfaction est de rigueur puisque les Bélier ne sont pas abonnés au téléphone ! Ensuite, l’interlocuteur veut parler à Monsieur Schmitt et, bien évidemment, leur nom n’est pas Schmitt ! Après plusieurs appels du même type, le couple se rend compte qu’un tableau représentant un chien est accroché dans l’appartement… pourquoi ce chien est-il là ? Bientôt ils se rendent également compte que les livres sur les rayons de leur bibliothèque ne sont pas les leurs, ainsi que les vêtements dans la penderie ! A partir de là, tout s’emballe et difficile de démêler le vrai du faux. Qui est fou ? Qui détient la vérité ? Qui est Monsieur Schmitt ?

Voilà les questions auxquelles nous donnera envie de répondre Sébastien Thiéry (qui avait signé l’an dernier « Cochon d’Inde » avec Patrick Chesnais à Hébertot), pendant toute la durée de la représentation. En effet, avec « Qui est Monsieur Schmitt ? », il nous propose une pièce où se mêlent très finement, et sans qu’on s’en rende vraiment compte, à la fois l’absurde, l’humour et la gravité. Certaines scènes sont tout simplement truculentes et propices aux rires (nombreux et mérités !) des spectateurs, le texte est truffé de répliques énormissimes ! Rajoutez à cela que le casting est vraiment très réussi: Richard Berry, pour commencer, est totalement bluffant et excellent en type énervé et paniqué dont le sarcasme et l’intelligence ne suffisent pas à dépasser la situation. Raphaëline Goupilleau, quant à elle, est également plus que convaincante dans son rôle d’épouse un peu simplette et agaçante, au début, qui bascule lentement vers un côté plus grave, froid et résigné.

Certains moments sont donc très drôles et décalés, mais la tension est maintenue grâce à un suspens permanent et à notre envie de connaître le dénouement et d’avoir les réponses aux questions qui se posent à nous dès les premières minutes de la pièce (comment cette situation a-t-elle pu arriver ? Comment les Bélier se sont-ils retrouvés à la place des Schmitt ? etc…). La réponse s’offre à nous, aussi brutale qu’inattendue, et nous donne une claque monumentale avant de nous faire sortir de là perturbé, dérangé, plein de questions et de réflexions pour analyser ce qu’on vient de voir ! Une vraie réussite et un très bon moment de théâtre.

C’est où ?
« Qui est Monsieur Schmitt ? »
Théâtre de la Madeleine
19, rue de Surène (8è) – M° Madeleine
Du mardi au samedi à 21h et en matinée le samedi à 18h.

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