Mes films

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Explorez les Salles Obscures

Je dois dire que je suis plutôt satisfaite de ce mois de novembre cinématographique qui nous offre de quoi remplir sans aucun problème les salles obscures… Voyez plutôt !

Ceux qui donnent à réfléchir:

*** Ô Jérusalem
Pitch:
 « 27 Novembre 1947. Les représentants de 56 des pays membres de l’Organisation des Nations Unies votent le partage de la Palestine. Cette année-là à New York, deux amis âgés de 27 ans, Bobby Goldman, juif new-yorkais, et Saïd Chahïn, arabe de Jérusalem, vivent dans l’atmosphère insouciante de la fin de la Seconde Guerre mondiale et partagent avec ferveur les mêmes idées et les mêmes valeurs.
Bouleversés par les évènements qui vont bientôt enflammer Jérusalem, Bobby et Saïd s’embarquent sur un navire à destination de la Terre Sainte. Les deux amis ne réalisent pas encore que leur destin commun vient de prendre un tournant dramatique : frères devenus ennemis, ils vont des années durant se déchirer comme vont se déchirer leurs deux mondes, leurs deux peuples, leurs deux religions, leurs deux cultures. »

Je triche un peu car c’est sorti en octobre mais j’ai vraiment aimé donc je ne voulais surtout pas le louper ici. Voilà un très beau film d’Elie Chouraqui qui évite les écueils partisans et réussit une oeuvre forte et émouvante sur un sujet on ne peut plus brûlant. La reconstitution de Jérusalem est époustouflante et il est indéniable qu’on apprend beaucoup de choses sur ce sujet délicat qu’est le partage de la Palestine alors occupée par les Anglais. Révélant une vérité qui nous permet de comprendre un peu mieux les évènements actuels, Chouraqui nous montre comment l’ensemble des deux communautés est amené à s’affronter malgré des idéaux partagés.
On redécouvre les méandres qui ont nourri le drame d’aujourd’hui : la lâcheté des pays arabes « frères » et celle des anglais, l’irresponsabilité des palestiniens, le jusqu’au-boutisme des tous jeunes israéliens. Même si la réalisation est classique, l’histoire est éclatante, les acteurs sont profonds : Saïd Taghmaoui est excellent, ainsi que JJ Feild (Bobby) et surtout Ian Holm, qui campe un Ben Gourion plus vrai que nature. Ce n’est pas un chef d’oeuvre mais c’est un très bon film, loin de tout manichéisme (et ça fait du bien) qui ressemble un peu au « Munich » de Spielberg (à voir également hein!) dans le sens où l’absurde de cette excalade de la violence crève l’écran, surtout dans la scène finale. A voir!

*** Mémoires de nos pères
Pitch:
« Au cinquième jour de la sanglante bataille d’Iwo Jima, cinq Marines et un infirmier de la Navy hissent ensemble le drapeau américain au sommet du Mont Suribachi, tout juste repris aux Japonais. L’image de ces hommes unis face à l’adversité devient légendaire en l’espace de quelques jours. Elle captive le peuple américain, las d’une guerre interminable, et lui donne des motifs d’espérer.
Pour mettre à profit cet engouement, les trois « porte-drapeaux » sont livrés à l’admiration des foules. Leur nouvelle mission : servir leur pays en vendant les précieux Bons qui financent l’effort de guerre.
Le laconique John « Doc » Bradley, le timide Amérindien Ira Hayes et le fringant Rene Gagnon se prêtent au jeu avec un dévouement exemplaire. Ils sillonnent sans relâche le pays, serrent des milliers de mains et prononcent des allocutions. Mais, en leur for intérieur, une autre bataille se livre… »

Clint Eastwood dévoile la première partie de son projet sur la bataille d’Iwo Jima. « Flags of our fathers » présente l’affrontement du côté américain avec comme ligne directrice l’histoire d’une photo qui a symbolisé la bataille, s’écartant ainsi d’une narration linéaire qui ne ferait que décrire la préparation à la bataille, les 35 jours de combats et enfin les conséquences; là apparaît le seul petit ‘défaut’ de ce film, un enchaînement de flashbacks un peu déstabilisants au départ. À part ça, le film est parfait. L’histoire de la controverse autour du drapeau est intéressante et portée par des acteurs tout à fait à la hauteur. Les scènes de combats sont tout bonnement impressionnantes et sans concession; la scène du débarquement est quasi aussi forte et époustouflante que celle de « Saving Private Ryan ».
Comme pour « Million Dollar Baby », Clint Eastwood a composé la majorité des titres de la bande originale de son film avec son fils Kyle, en y ajoutant les musiques militaires réalisées par John Philip Sousa, une symphonie de Mozart, le jazz de Glenn Miller..
La réalisation est très bonne et très travaillée, comme dans tous les films de Clint (oui, je l’appelle Clint, je peux non ?!). Le film prend véritablement son envol dans la dernière partie, une fois que toute la situation a bien été présentée. Les 30 dernières minutes sont sublimes et émouvantes à souhait. Il faut aussi bien prendre en compte le fait que ce film n’est qu’une partie, que « Lettres d’ Iwo Jima » viendra compléter en janvier 2007. On aura ainsi les réponses à tous les « blancs » laissés par « Mémoires de nos pères » et ce second film donnera une autre vision du conflit. Bref : une vraie réussite, pour un projet original et intelligent.

Ceux qui font vibrer:

** Ne le dis à personne
Pitch: « Sa femme Margot a été sauvagement assassinée par un serial killer. Totalement détruit, Alex ressasse jour après jour le souvenir bouleversant de son amour perdu.
Huit ans ont passé. Alex reçoit un e-mail anonyme. Il clique : une image: le visage d’une femme au milieu d’une foule, filmé en temps réel. Celui de Margot… »

Voilà un film d’action francais de qualité et ça fait plaisir! Auteur d’une filmographie honorable en tant qu’acteur, Guillaume Canet signe ici sa deuxième réalisation avec un réel talent. Adapté du roman d’Harlan Coben, ce film est vraiment prenant, avec peut être un petit manque d’émotion, mais néanmoins une réelle efficacité, notamment dans la manière de retracer l’intrigue, entre quelques belles courses poursuites et des seconds rôles étoffés, parfois ambigus et toujours intéressants. De plus, le casting est pour le moins impressionnant, puisque l’on retrouve pas moins de sept grands noms (au moins) au générique, en plus des impeccables Marina Hands, Gilles Lelouche, Jalil Lespert ou encore Phillippe Lefebvre. François Cluzet et André Dussolier signent une prestation de haut vol. Bref, un thriller qui n’a pas grand chose à envier à de nombreux thrillers américains, d’autant plus qu’ici, le scénario tient tout à fait la route et garde un réel intérêt jusqu’à la fin.
Petit coup de chapeau à Guillaume Canet pour ses goûts musicaux, la B.O
du film est vraiment fantastique: rien que pour les quelques minutes du
« Lilac Wine » de Jeff Buckley, ça vaut le déplacement :)
Peut-être pas un coup de maître, mais incontestablement une belle réussite.

**** Le dahlia noir
Pitch: « Dans les années 40, à Los Angeles, Bucky et Lee, deux inspecteurs, s’attaquent à une affaire de meurtre particulièrement difficile. Une starlette, Elizabeth Short, a été découverte atrocement mutilée. Sa beauté et sa fin tragique deviennent les sujets de conversation de toute la ville. Certains sont prêts à tout pour en tirer bénéfice… ou cacher leurs secrets. Quels étaient les liens de la victime avec la puissante famille Linscott ? Que vivait-elle dans son intimité ? Et avec qui ? Au-delà des apparences, l’enquête commence… »

Brian de Palma revient au meilleur de sa forme avec cette adaptation du livre de James Ellroy. Tout était présent dans le roman pour permettre au cinéaste de réaliser un grand film noir dans la tradition des grands chef-d’oeuvres. Toutes les pièces de l’intrigue, d’abord confuses, se révèlent comme les pièces d’un puzzle à assembler. Au spectateur de faire le reste. De Palma filme avec réussite la corruption, la folie et le malaise des années 40 sur lesquels s’est bâti Los Angeles (on pense immédiatement à « L.A Confidential »).

La direction d’acteurs est hallucinante, avec une Hilary Swank d’une sensualité faisant passer Scarlett Johansson (pourtant très sensuelle) pour une potiche. Aaron Eckhart est excellent, une fois de plus et Josh Harnett se débrouille étonnamment bien.
« Le dahlia noir » mérite d’être vu ne serait-ce que pour sa mise en scène, et là j’insiste, la mise en scène est vraiment exceptionnelle, si vous voulez voir ce que c’est que du cinéma, allez voir ce film: des travellings fantastiques aux jeux d’ombres à la Hitchcock, ou encore de ses scènes d’une intensité dépassant tout ce que l’on peut imaginer de mieux (celle de l’escalier par exemple, un moment inouï). En plus, l’utilisation du décor est étonnante, la façon de mettre chaque personnage en scène est d’une audace et d’une force incroyable, les plans servent à merveille les émotions des personnages, leurs mouvements, leurs regards, l’image capte cette sensation de grande petitesse de chaque être, à moins que ce ne soit le contraire…
J’avais lu un peu partout que le film était assez difficile à suivre, surtout pour ceux qui n’ont pas lu le roman d’Ellroy et j’avais un peu peur de me paumer en route. Et bien que nenni ! Je ne citerai qu’une réponse de De Palma à un journaliste qui avait eu du mal à suivre pendant une projection du film: « Trop compliqué ?… Si vous voulez voir des choses simples, regardez la télé; il y a plein de choses simples à la télé, des films bien compréhensibles, bien formatés, abordables par tous ». Tout est dit !

Ceux qui font rire :

**** Prête moi ta main
Pitch: « La vie est facile pour Luis, 43 ans, célibataire heureux, épanoui dans son métier, aimé, choyé, couvé par sa mère et ses cinq soeurs. Cela aurait pu durer toute une vie, mais voilà… Lassées de le materner, celles-ci décident qu’il est temps pour lui de se marier. Le plus vite possible ! Cerné par sa famille qui ne pense plus qu’à ça, il élabore un plan : trouver la femme parfaite qui va se faire passer pour sa fiancée et qui va lâchement l’abandonner le jour du mariage. Après ça, plus personne n’osera même prononcer le mot mariage devant lui. Mais comment trouver cette perle rare ? Luis ne voit qu’une solution : la louer ! Et justement, Emma, la soeur de son meilleur ami et collègue, vient d’arriver à Paris et cherche du travail. Ça y est, le plan est en route. Au bout, la liberté pour Luis. Les plans, c’est bien sur le papier. Mais dans la vie, ça peut s’emballer… »

Avec des dialogues drôlissimes et des répliques déjà cultes, cette comédie est absolument jubilatoire. Le scénario est très bon et les acteurs sont vraiment formidables: Chabat est excellent sans surjouer, au top (égal à lui-même hein !) et Charlotte est irrésistible, tout simplement sublime, aussi bien par son jeu que par sa prestance hors du commun.
Que de bonheur dans ce joli film! Loin des clichés stupides sur les relations amoureuses, ce film traite de ce sujet avec de la subtilité, de l’humour et de l’émotion! C’est une grande bouffée de fraîcheur : le film est pétillant au possible et à en croire les rires communicatifs de la salle, je ne dois pas être la seule à le penser.
Tous les ingrédients sont là : acteurs, rythme, dialogues et situations. A ne surtout pas manquer!

** Désaccord parfait
Pitch:
« Quelle bonne idée, ces retrouvailles »… se réjouissent d’avance les organisateurs des BATAR, à Londres, sans se douter une seconde qu’ils ne vont pas du tout avoir droit au grand moment d’émotion et de mondanité qu’ils avaient prévu. Car ces fameuses retrouvailles sont celles d’Alice d’Abanville, célébrissime actrice du théâtre londonien, et de Louis Ruinard, réalisateur français, qui connut son heure de gloire dans les années 70, avec cinq films cultes dont Alice fut l’inoubliable héroïne.
Alice, Louis… Deux personnalités hors du commun. LE couple choc et glamour des années 70. Le Créateur et son Egérie. Sauf que le fameux couple mythique ne s’est pas revu depuis trente ans. Pire, même : ils ont tout fait pour ne pas se revoir, après une séparation aussi brutale qu’incompréhensible. C’est dire si ces retrouvailles arrangées et officielles, ne sont pas du tout de leur goût. »

Le film repose avant tout sur l’interprétation du très bon couple Jean Rochefort/Charlotte Rampling, Quelle excellente idée d’associer ces 2 grands comédiens ! D’un côté, un Jean Rochefort inimitable, irrésistible, formidable (comme d’habitude) et même parfois touchant et de l’autre une Charlotte Rampling magnifique, la classe anglaise en personne.
Le film contient quelques bons gags et si vous êtes un minimum anglophile, c’est un bonheur pour les scènes tournées en anglais où l’on retrouve la fameuse ‘british touch’ et le sens de l’humour britannique qui me fait particulièrement mourir de rire.
Même si le scénario est assez prévisible (surtout la fin), on se laisse porter par cette comédie romantique et on passe un très bon moment avec ce duo qui joue à l’unisson une partition sur mesure !

A voir très prochainement:

Et non je n’ai pas mis le dernier James Bond « Casino Royal » car je le boycotte ce dernier James Bond sorti de je-ne-sais où: blond aux yeux bleus, qui tombe amoureux, qui n’est pas macho pour 2 sous…Je rêve là! Si 007 perd un 0 je me demande où va le monde !!
Et non, Erwan, je n’ai pas mis « The Host » hihi :)

Bienvenue dans le royaume de la poésie Burtonienne

Lundi dernier je vous parlais d’une chanson (et d’une artiste en général hein) que j’aimais beaucoup écouter en cette saison. Et bien, ce matin, je vais vous parler d’un film qui m’a énormément marquée, que j’aime évidemment voir en cette saison (et pas qu’en cette saison d’ailleurs !) et qui fait partie de mon top 5 (rien que ça !). Il s’agit de « L’étrange Noël de M. Jack » de Tim Burton (enfin Henri Selick à la réalisation mais l’univers c’est bien Tim Burton ne nous y trompons pas !) mais je préfère de loin le titre original qui retranscrit beaucoup plus l’essence même du film: « The Nightmare before Christmas ».

Pitch: C’est l’histoire de Jack Skellington, le roi des citrouilles de la ville Halloween, qui découvre un beau jour la ville de Noël et décide illico de célébrer lui-même cette fête étrange.

« The Nightmare before Christmas » est un des longs-métrages les plus représentatifs de l’œuvre de Tim Burton. Un mélange de noir et blanc, de couleurs, de musiques, et de choses fantastiques. Le décor est tout à fait exceptionnel, dans ses formes un peu arrondies, et recourbées. On remarque certaines similitudes avec le film « Edward aux mains d’argent », par exemple dans ce parallèle de noirs et blancs et de couleurs, d’obscurité et de lumière qui marque la frontière entre deux mondes. Deux mondes que tout oppose, comme l’incarnation du bien et du mal, et qui ont des pratiques différentes. Comme dans beaucoup d’autres de ses œuvres, Tim Burton nous fait part d’un monde de conte de fée hors du commun, avec des créatures étranges et des couleurs sublimes. Il nous plonge dans un tout autre univers (et dans une histoire hors du commun également, improbable et qui nous emmène en terre inconnue), avec des cimetières arrondis, des stèles sur les collines, et une lune qui semble pendue dans le ciel, comme un tableau qui illumine la nuit de sa lumière profonde. La forêt est remplie d’arbres immenses, comme un long couloir sans fin, et la cité de noël, resplendit de guirlandes colorées, et d’une neige étincelante.

Les personnages sont tous tellement charismatiques et vivants. Le personnage de Jack a un côté étrangement humain et expressif, alors qu’il est dépourvu d’yeux, et que son corps est svelte et allongé. Ce physique très particulier le rend en fait beaucoup plus vivant, on peut même parfois percevoir l’émotion à travers ses yeux. Sa faculté de passer d’un visage innocent à un visage effrayant est également des plus fascinantes. Le personnage de Sally (que j’aime beaucoup) ressemble à une vieille poupée de chiffons rapiécée. Elle incarne en fait l’image de l’œuvre de Mary Shelley, « Frankenstein », la marionnette de son créateur, qui croit détenir un pouvoir et un droit de propriété sur elle.

Au dela de la fantaisie poétique qui se révèle être la ligne de conduite cinématographique de Tim Burton, « The Nightmare before Christmas » est un paradoxe réussi: Uun parallèle où se confrontent le rêve et le cauchemar, la peur et la joie, l’humour et la tristesse; un ensemble d’oppositions harmonieuses qui génèrent en nous ce que le cinéma provoque de plus beau comme sentiments. 

La musique du film est, quant à elle, tout simplement fantastique, merveilleuse, entraînante et mélodieuse (en version originale bien sûr, je la déconseille en vf car cela dénature un peu l’ambiance), bref, du grand Danny Elfman.
L’animation est orchestrée avec habileté: les plans, les lumières, les couleurs et les ambiances sont splendides grâce au très beau travail des animateurs.

 

En bref, ce film est un véritable chef d’oeuvre. Il nous montre toute l’étendue du génie de Tim Burton qui réalise ici un joyau de beauté et de poésie dans un monde de douce folie onirique et mélancolique. « The Nightmare before Christmas » nous transporte dans un conte fabuleux où l’on oublie, l’espace d’un instant, la rationalité pour laisser place au merveilleux. On en ressort avec des étoiles plein les yeux…

Ciné: Up & Down du Moment

UP

Thank You For smoking

Pitch : Lobbyiste séduisant et ambitieux, Nick Naylor met son charme, son talent et son sourire carnassier au service de la société Big Tobacco pour contrer les ravages de la politique de prévention contre le tabagisme.
De conférence de presse en talk-show télévisé, il défend l’indéfendable, mais a du mal à convaincre son ex-femme qu’il peut être un père modèle pour son fils.

Je recommande vivement ce film, qui laissait présager le pire mais s’en sort bien, ce qui prouve une fois de plus la vitalité de la comédie américaine (on ne compte plus les « petits films »-surprises et les comédies audacieuses). Le film, qui suit donc les pas d’un lobbyiste du tabac qui a toujours le dernier mot, se lance un pari : comment lui faire conserver son talent, sa tchatche et son charme malgré sa mauvaise foi, les causes dégueulasses pour lesquelles il n’arrête pas de lutter et, surtout, les attendus du scénario lambda (retournement moral du héros).

Rien de ce qu’on attend n’a lieu, et le film s’en tire par des pirouettes politiquement incorrectes qui n’ont rien de gratuit puisqu’elles désignent justement le coeur du film : la rhétorique. Certaines scènes sont passionnantes par ce qu’elles disent du langage et de ses effets sur le fonctionnement démocratique. Le film part de rien, d’exemples de tous les jours, pour déboucher sur une vision qui pourrait facilement passer pour cauchemardesque si elle ne baignait dans une atmosphère franchement hilarante. Énergique, sagace: clairement une petite réussite.

DOWN

World Trade Center

Pitch : 11 septembre 2001. Une chaleur étouffante règne dès le lever du jour dans les rues de New York. Will Jimeno, du Port Authority Police Department, se demande s’il ne va pas prendre un jour de congé pour s’adonner à la chasse à l’arc. Il choisit finalement de se rendre au travail et rejoint le sergent John McLoughlin, alors que celui-ci et ses collègues du PAPD commencent leur tournée quotidienne dans les rues de Manhattan. Une journée banale qui commence comme tant d’autres…
Sitôt l’alerte donnée, cinq policiers, dont McLoughlin et Jimeno, se rendent au World Trade Center et s’introduisent dans les Tours jumelles. McLoughlin et Jimeno survivent par miracle à l’effondrement des gratte-ciel. Ils se retrouvent piégés sous plusieurs tonnes de béton, de charpentes métalliques tordues, de verre et de gravats…

Contrairement aux terroristes, Oliver Stone a raté sa cible (elle est bonne, hein ?  Mais pas de moi, malheureusement !). A force de vouloir trop éviter le spectaculaire (les collisions des avions dans les tours ne sont mêmes pas présentes dans le film) il se concentre uniquement sur les conséquences. Mais comment les traiter correctement en effaçant les causes qui sont à peine survolées (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots). Il se retrouve ainsi presque hors sujet en parlant exclusivement d’une situation qui pourrait concerner n’importe quelle catastrophe alors que l’attentat du World Trade Center est d’une gravité sans précédents.


La première demi-heure est pourtant marquante, donnant à voir ce que l’on connaît sous un angle inédit (l’effondrement d’une tour vu de l’intérieur…). Mais, passée cette entrée en matière, le cinéaste, pourtant expert en traumatismes (« Platoon ») et complots américains (« JFK », « Nixon »), évite toute polémique, en rendant un hommage un peu convenu à l’héroïsme des sauveteurs, lors de cette funeste journée. Dans ce dessein, il se glisse aux côtés de deux policiers, bloqués près d’une journée durant, dans les décombres de l’un des bâtiments, et de leurs familles, rongées par l’attente insoutenable.
Le film n’est pas mauvais, mais a la particularité de faire ressentir au spectateur ce que les rescapés ont dû ressentir : de l’ennui et une envie pressente que cela se termine. Comment peut-on faire un film si décevant à partir d’une histoire pourtant extraordinaire ?

A voir:
Indigènes
Le Grand Meaulnes
Le Parfum

A revoir:
Le diable s’habille en Prada (je vous en avais déjà parlé ici)

Mes Bilans de l’été (2) – Mes films de l’été

Ce matin, j’ai décidé de réfléchir aux films qui m’ont marqué cet été et la compétition n’a pas été très rude car comme chaque année, l’été, on nous envoie que des navets (ou presque).

Le carton attendu, mon film de l’été : PIRATES DES CARAIBES 2 (« The Dead Man’s Chest »,  en V.O c’est mieux !)… je le mets en numéro 1 car c’est le bon film de divertissement par excellence, donc LE film à voir l’été (ça ne le serait sûrement pas sans Johnny Depp, on est d’accord !).
Pitch: Dans ce second opus, le toujours aussi excentrique (et sexy !) pirate Jack Sparrow est confronté subitement à son passé. Treize ans auparavant, Jack signait un pacte avec Davey Jones, le maître des sept mers, dont l’esprit maléfique n’a d’égal que son apparence tentaculaire. En échange de son âme, ce dernier lui promettait le commandement du mythique Black Pearl… Aujourd’hui, Jones vient donc récupérer sa dette. Mais lui donner son âme est sans issue, il n’y a pas de rédemption possible, c’est devenir comme tous les membres de son équipage maudit, un fantôme au physique aussi repoussant que terrifiant. Pour éviter ce sort funeste auquel Jack ne tient pas vraiment, il n’a qu’une solution : retrouver le coffre maudit de Jones où sont cachées les âmes emprisonnées…

Je ne vais pas épiloguer sur le film pendant 2h car beaucoup d’entre vous l’ont déjà vu et chacun a un avis bien tranché sur la question. Toujours est-il que moi j’ai préféré ce film au premier volet (oui, on voit plus Johnny Depp donc ce n’est pas pour me déplaire si vous vous souvenez de ça), je l’ai trouvé drôle, léger, divertissant, plein de rebondissements, tout ce qu’il y a de plus agréable à regarder et que j’en redemande…j’ai vraiment hâte de voir la suite !

Les Outsiders gagnants, mes bonnes surprises :
– OVER THE HEDGE

Le film d’animation des studios Dreamworks de cet été… une petite merveille. Un film d’animation totalement déjanté où l’on rit du début à la fin ! On suit avec plaisir les aventures du raton et des autres personnages secondaires excentriques et géniaux (notamment l’écureuil qui est vraiment excellent). Les répliques sont bien trouvées, les images extrêmement bien faites et le scénario très travaillé évite les situations de déjà-vu dues aux nombreux films et dessins animés sur nos amis les animaux. Cela nous permet de ne pas nous ennuyer une seconde. Un film intelligent et en même temps très drôle : à ne pas rater donc !

– THE DEVIL WEARS PRADA

Bon, ok, je triche un peu, le film n’est pas encore sorti en France (il sera en salles le 27 septembre) mais j’ai pû le voir sur les écrans Outre Atlantique et ce fut une très bonne surprise. Je n’ai pas encore lu le bouquin (il m’attend sur ma pile d’ailleurs, va falloir que je m’y mette !) mais je compte bien m’y atteler. Meryl Streep est vraiment excellente dans ce rôle de rédactrice en chef imbuvable ; une vraie garce mais rien que pour elle, le film vaut le déplacement! La BO pop rock est tout aussi convaincante. Bien entendu, certains passages sont un peu mielleux et ce n’est pas le chef d’oeuvre de l’année mais c’est une comédie très rafraîchissante et une chose est sûre: on sort de la salle de cinéma avec le sourire et ça c’est l’essentiel! C’est un film de fille (selon moi) mais très sympathique, ça fait du bien de temps en temps !

– LA SCIENCE DES REVES

Il y a Gael Garcia Bernal ET Charlotte Gainsbourg, je ne pouvais qu’aimer! J’aimais déjà beaucoup le précédent Gondry, « Eternal Sunshine of the Spotless Mind », mais ce film va encore plus loin dans l’originalité. La déconnection du réel est parfois totale, parfois intrigante et souvent déroutante. C’est un véritable bol d’air que nous offre là le réalisateur, toujours plus déjanté avec cette jolie histoire d’amour compliquée entre une Charlotte Gainsbourg parfaite et un Gael Garcia Bernal vraiment très touchant (et très beau, my god!). Les quelques seconds rôles qui viennent s’ajouter sont tous très drôles et bien interprétés (Chabat apporte le coté terre à terre du film qui nous empêche de naviguer dans le totalement barge et déjanté !). J’ai vraiment aimé ce film, même si j’avoue avoir une préférence pour « Eternal Sunshine… ».

Les Fausses Promesses :
– SUPERMAN RETURNS

« Pas terrible » pourrait qualifier parfaitement ce « Superman returns » qu’on nous annonçait à bâtons rompus. Les acteurs à l’image de Brandon Routh n’ont aucune profondeur. Quel ennui, quel vide !! Pas d’action, pas d’humour, l’histoire est tirée par les cheveux et le scénario prétextant un retour inutile est plus que faiblard. Désolée mais la sauce ne prend pas ! Même Kevin Spacey (grand acteur au demeurant) n’arrive pas à sauver ce « Popcorn Movie ». Non vraiment, un film à déconseiller sauf pour les insomniaques ou les fans de Derrick (à la rigueur).

– LA JEUNE FILLE DE L’EAU

Le dernier film de Night Shyamalan, qui depuis son grandiose « Sixième sens » ne fait plus que du réchauffé et s’étiole de plus en plus au fur et à mesure du temps. A chaque sortie d’un de ses nouveaux films, j’y vais pleine d’espoir et de bonne volonté mais je suis de plus en plus déçue à chaque fois… Ce dernier opus est le moins réussi de tous ses films. Tout au long du film on a l’impression qu’il manque quelque chose, que l’histoire est juste « survolée » et ça manque carrément d’intensité. Le film hésite trop à choisir son registre. La réalisation très travaillée est impressionnante de par son incroyable maîtrise (de mieux en mieux à chaque film) et son originalité. Il essaie tant bien que mal de crédibiliser son histoire mais la sauce a du mal à prendre là encore. Le film ne décolle jamais et même s’il pose certaines questions intéressantes (le devenir de chacun par exemple) il mêle beaucoup trop d’ingrédients pour qu’on puisse véritablement s’attacher à l’histoire. Peut-être Shyamalan devrait-il délaisser l’écriture et la réalisation de ses propres scénarios pour le moment -quitte à se perdre un petit peu dans des projets moins personnels- et songer à réaliser les scénarios d’autres auteurs car son talent est aussi et surtout dans sa mise en scène.  Affaire à suivre..

A découvrir pour la rentrée :
Voici, non pas les films que je vous recommande (comment le pourrais-je, je ne les pas encore vus!), mais ceux que j’ai envie de découvrir pour cette rentrée.

-Je vais bien ne t’en fais pas, de Philippe Lioret (sortie le 6 septembre)
-Quand j’étais chanteur, de Xavier Giannoli (sortie le 13 septembre)
-World Trade Center, d’Oliver Stone (sortie le 20 septembre)
-Indigènes de Rachid Bouchareb (sortie le 27 septembre)

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Little Miss Chatterbox

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