Mes expos

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Du rab d’expos photos ?

Comme promis ce matin, je vous propose un petit billet culturel pour vous présenter non pas 1 mais 2 expos photos de la nouvelle saison culturelle parisienne: l’exposition André Kertész au Jeu de Paume et « La France de Raymond Depardon » à la BnF François Mitterrand.

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A travers une exposition qui a ouvert ses portes en début de semaine, le Musée du Jeu de Paume rend hommage à un photographe majeur et pourtant un peu mis de côté chez nous : André Kertész (1894-1985). Hongrois exilé en France puis aux États-Unis, il a fait don de ses négatifs à l’État français mais n’a jamais eu de rétrospective d’ampleur en France. C’est pourtant l’un des plus grands photographes du XXè siècle tant du point de vue de la richesse de son œuvre que de la longévité de sa carrière… Il était temps d’y remédier et l’exposition proposée par le Jeu de Paume le fait vraiment très bien !

Par rapport à l’exposition « Harry Callahan, Variations » présentée à la Fondation Cartier-Bresson (dont je vous parlais ici), cette rétrospective est beaucoup plus grande puisqu’elle est composée de pas moins de 300 images, essentiellement des originaux et des tirages réalisés par le photographe lui-même. Ces clichés sont tous très intéressants et saisissants car ils illustrent parfaitement la liberté de style de Kertész, génial cadreur de l’instantané mais également auteur d’étonnantes et audacieuses distorsions de corps féminins.

André Kertesz, La Plaque cassée, 1929, Courtesy Attila Pocze, Vintage Galéria, Budapest

Le parcours est en grande partie chronologique puisqu’il propose d’explorer les différentes époques de sa vie et toutes les étapes de sa carrière de photographe. La scénographie est vraiment très réussie puisqu’elle met en valeur l’autonomie de chaque photographie, tout en ponctuant le parcours par des séries ou des thèmes récurrents (comme par exemple les distorsions dont je parlais plus haut, les buildings new-yorkais, les cheminées ou la solitude). Cela permet de se rendre compte comment, dans l’œuvre de Kertész, s’élabore une poétique de la photographie, « un véritable langage photographique » selon ses propres termes.


L’exposition s’attache à souligner et à mettre en valeur certaines particularités du travail du photographe: une pratique bien personnelle (la carte postale photographique, les Distorsions), son implication dans l’édition, des recherches créatives récurrentes (les ombres, les cheminées) ou l’expression plus diffuse des sentiments (la solitude). Des moments jusqu’alors délaissés ou inexplorés sont valorisés (l’activité de soldat en 1914-1918, la période new-yorkaise et les polaroids des dernières années) et cette exposition met particulièrement l’accent sur la genèse du photo-reportage à Paris, à partir de 1928 et sur la diffusion de ses images dans les médias (magazines VU, Art et Médecine, Paris Magazine, etc…) dont il avait fait un métier.


Bref, une exposition à visiter sans une once d’hésitation pour tous les curieux et les amoureux de la photo !

C’est où ?
« André Kertész »
Musée du Jeu de Paume
1, place de la Concorde (1er) – M° Concorde
Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 19h (nocturne le mardi jusqu’à 21h), le week-end de 10h à 19h.
Fermé le lundi.
Tarifs: 7€/5€. Entrée gratuite pour les étudiants et les moins de 26 ans le dernier mardi du mois, de 17h à 21h.
Plus d’infos sur le site.
Jusqu’au 06 février 2011.

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Seconde expo photo de ce billet: « La France de Raymond Depardon » à la BnF Mitterrand. Ici, on change totalement de registre et autant j’ai pu apprécier le côté esthétique des tirages d’André Kertész, autant, ici, j’ai eu comme qui dirait, un peu plus de mal ! Mais cette expo est loin d’être dénuée d’intérêt pour autant… Pour Depardon, « il y a trois sortes de France : la France du centre-ville avec ses commerces franchisés et ses parkings ; la France des banlieues ; la France des petites villes et des petits villages. La France que je voulais photographier, c’est celle d’où je viens, celle du Tour de France, des ronds-points et des villages ou moyennes villes, avec des petites zones industrielles ou urbaines qui se ressemblent toutes et qui sont très peu photographiées. »


Célèbre pour ses reportages sur des lieux sensibles ou pour ses films où il s’attache au quotidien d’une société en pleine mutation, Raymond Depardon, cinéaste autant que photographe, s’interroge toujours avec acuité sur les liens entre image et éthique, et cherche à comprendre, documenter la France, exposer et questionner les changements. Dans ce dernier projet, mis en route en 2004, il se concentre sur le paysage de lieux qui n’ont pas forcément grand-chose en commun, montrant comment l’intervention de l’homme l’a peu à peu transformé. Il montre les conséquences de l’explosion des villes françaises durant la seconde moitié du XXè siècle qui a créé des usines à vendre en périphérie des villes entourées d’un océan de parkings, des zones périurbaines qui engloutissent les petites villes et les villages, la surexploitation immobilière du littoral et de la haute montagne…

L’exposition présente dans une immense pièce aux murs blancs, une installation de trente six tirages argentiques en couleur et de très grand format (1,60m x 2m). Cette salle se pose comme un endroit neutre et les photos sont sans légendes (un sas vers la deuxième salle donne les noms des lieux). Raymond Depardon les a façonnés et ajustés pendant quatre ans d’après les meilleurs “scan” numériques possibles à ce jour. La deuxième salle montre quant à elle, à côte d’autres photos plus anciennes du photographe, le travail d’artistes et photographes dont Depardon revendique l’influence, comme Paul Strand et Walker Evans. On peut aussi lire ses essais, ses travaux préparatoires, suivre sa trajectoire, accéder aux arcanes de la réalisation de La France de Raymond Depardon.

Une exposition enrichissante sur le fond donc, dans laquelle on reconnait bien la marque de fabrique de Depardon, présente dans chaque photo. À la fois distant et présent, il nous offre un portrait du réel, entre campagne et ville, entre passé et présent, et nous fait redécouvrir l’infinie diversité du territoire français: ses panneaux routiers, l’espace presque palpable d’une rue, de ses trottoirs, avec son salon de coiffure, sa boucherie charcuterie rouge carmin, mais aussi cette France des verts paysages, et celle où l’on reconnait l’instinct du reporter (que l’on voit ci-dessus), où des habitants de dos, sur une place d’une ville, regardent au loin en hauteur, la fumée d’un incendie sous la toiture d’une maison. Bref, un reportage intéressant certes, mais dont il ne se dégage pas grand chose si ce n’est un sentiment de froideur et de détachement général. Mais ça n’engage que moi, comme toujours, évidemment ;)


Si ça vous intéresse, sont à noter un certain nombre d’événements autour de cette expo :
* une journée d’étude sur “l’expérience du paysage” à la BnF réunira chercheurs et photographes (le 23 novembre 2010)
* la Magnum Gallery consacrera trois expositions à Raymond Depardon dans ses deux antennes parisiennes entre le 15 septembre 2010 et le 8 janvier 2010
* la BnF expose la nouvelle génération de photographes français dans l’allée Julien Cain de la Grande Bibliothèque…

C’est où ?
« La France de Raymond Depardon »
BnF François Mitterrand – Entrée Est
Quai François Mauriac (13è) – M° Bibliothèque François Mitterrand.
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h et le dimanche de 13h à 19h.
Fermé le lundi et les jours fériés.
Tarifs: 7€/5€.
Plus d’infos sur le site.
Jusqu’au 9 janvier 2011.

« Harry Callahan, Variations » à la Fondation Cartier-Bresson

Encore un petit billet rattrapage aujourd’hui avec la jolie exposition de rentrée de la Fondation Cartier-Bresson: « Harry Callahan, Variations ».

L’exposition de la Fondation Cartier-Bresson, organisée dans le cadre du trentième anniversaire du Mois de la Photo, rassemble une centaine de tirages magnifiques en noir et blanc, réalisés par Harry Callahan (1912-1999) et provenant de collections publiques, la Maison européenne de la photographie (Paris) et le musée d’Art moderne (New York), de la Galerie Pace/MacGill représentant la famille, et d’une collection privée.

Cette exposition est vraiment très intéressante puisqu’elle permet de découvrir les thèmes de prédilection du photographe: la ville (essentiellement les passants, perdus dans leurs pensées, à Detroit, Chicago et Providence), sa famille (sa femme Eleanor et leur fille Barbara) et la nature (bien souvent des paysages ou des détails, à l’exception de son travail à Cape Cod) sont trois axes intimement liés à sa vie personnelle et qui vont se conjuguer jusqu’à la fin de sa vie. En apparence très formelles, ses photos ont en fait une puissance émotionnelle profonde.

Harry Callahan, Chicago, 1960 © The Estate of Harry Callahan, Courtesy Pace/MacGill Gallery, New York

Callahan produit un travail minimaliste et épuré, d’une grande rigueur, mais également très poétique. Il ne se considère pas comme un story teller, il n’y a pas de récit photographique dans son travail, mais une tentative compulsive de donner forme à son expérience intérieure: un choix pas évident et loin d’être rentable, sachant qu’à la fin des années trente, c’est la photographie engagée qui offrait des tribunes (et aussi des emplois) aux reporters.

C’est donc plutôt un photographe de l’intuition, de la foi absolue dans le médium photographique. Ses obsessions intimes récurrentes constituent le rythme essentiel de son œuvre. Sur la forme, les tirages sont également très réussis, j’ai beaucoup aimé les jeux avec les contrastes, le graphisme ou encore l’ombre & la lumière.

En bref, une belle exposition qui nous présente le regard personnel d’un artiste sur le monde et un remarquable travail photographique guidé par une indépendance d’esprit remarquable. Une découverte à faire sans hésiter, d’autant que c’est gratuit tous les mercredis soirs entre 18h30 et 20h30.

C’est où ?
« Harry Callahan, Variations »
Fondation Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis (14è) – M° Gaité.
Ouvert du mardi au dimanche de 13h à 18h30,  le samedi de 11h00 à 18h45, nocturne le mercredi jusqu’à 20h30. Fermé le lundi.
Tarifs: 6€/3€ (chômeurs, moins de 26 ans, etc…). Gratuit en nocturne le mercredi entre 18h30 et 20h30.
Jusqu’au 19 décembre 2010.
Plus d’infos sur le site.

Ma nouvelle saison culturelle à Paris

Comme je vous le disais ici, je me suis rendue hier matin à « Spectaculaire », l’évènement de la rentrée à ne pas manquer lorsqu’on est accro aux sorties culturelles !


Comme ces dernières années, j’ai trouvé l’événement assez bien organisé, très complet et j’ai vraiment apprécié la balade. J’en retiendrai: toujours beaucoup de chouettes spectacles et animations gratuites (y’avait notamment Patri(iiii)ck Bruel hier après-midi !), des stands à gogo bien pratiques pour préparer son année culturelle (le début en tout cas… il faudrait un autre « Spectaculaire » en janvier moi j’dis… non ?!), un festival de brochures portées par des bras musclés (faut bien qu’ils servent un peu !), plein de chouettes choses gourmandes à se mettre sous la dent entre les stands, des discussions avec plein de gens sympas et passionnés et surtout des tonnes d’idées et d’envies à la clé. C’est pas que j’avais déjà un programme chargé, hein, mais là, c’est officiellement pire o_O

Si vous ne connaissez pas cet évènement, je vous propose quelques images pour vous donner une petite idée de ce à quoi ça ressemble…

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Si vous souhaitez vous y rendre, c’est encore ouvert aujourd’hui de 10h à 19h. Y’aura notamment Christophe Alévêque (que j’avais eu le plaisir de voir au Rond-Point l’an dernier ici) cet après-midi à 16h. Plus d’infos sur leur site.

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Quelques petits mots sur cette nouvelle saison culturelle, encore, avec une sorte de bloc-notes perso histoire de ne pas trop en oublier jusqu’à la fin de l’année :

Côté théâtre, on m’a généreusement offert des billets pour aller voir le « Young Man Show » de Kev Adams au Petit Palais des Glaces la semaine prochaine et je vais aussi avoir le plaisir de me rendre au joli théâtre du Palais Royal pour voir « Le Technicien » (que mes copines Lili & Bouquet de Bamboo ont apparemment beaucoup apprécié) avec le tandem Roland Giraud et Maaike Jansen.

Au delà de ça, j’ai fait aussi pas mal de repérages pour les prochains mois :
* En ce qui concerne les reprises et continuités de la dernière saison, j’irais bien voir « Les 39 Marches » au théâtre la Bruyère et le « How to become parisian in one hour » d’Olivier Giraud recommandé par Pauline l’été dernier.
* « Solness le Constructeur » de Henrik Ibsen au théâtre Hébertot avec l’incroyable Jacques Weber (je ne manque aucun de ses passages sur scène, je suis fan !) et Mélanie Doutey.
* « Nono » de Sacha Guitry, mise en scène par Michel Fau à la Madeleine avec la pétillante Julie Depardieu dans le rôle titre.
* « La Mère » de Florian Zeller au Petit Théâtre de Paris avec Catherine Hiegel, Clément Sibony, Olivia Bonamy… mise en scène par Marcial Di Fonzo.
* « Le Prénom » mise en scène par Bernard Murat au magnifique théâtre Edouard VII avec Patrick Bruel, Valérie Benguigui, etc… Vu le bien qu’en dit l’excellent site Les Pestaculaires, je meurs de hâte de m’y rendre !
* « Chien-Chien » au théâtre de l’Atelier pour voir ce qu’Élodie Navarre et Alice Taglioni valent sur scène (à partir du 28 septembre).
* Peut-être aussi « Kramer contre Kramer » aux Bouffes Parisiens avec Fréderic Diefenthal et Gwendoline Hamon, mise en scène par Didier Caron et Stéphane Boutet… puisque j’aime le film.
* J’irai aussi à la Comédie Française pour voir une représentation de « L’Avare » par Catherine Hiegel mais j’attends surtout de pied ferme la mise en scène d' »Un Tramway nommé Désir » de Tennesse Williams (une de mes pièces préférées) par Lee Breuer qui aura lieu du 05 février au 02 juin 2011 !
* D’ici la fin de l’année et surtout au début de l’année prochaine, pas mal de choses sympas au Rond-Point: le cirque Eloize avec « Rain » pour la période de Noël, les « Monstrueuses Actualités de Christophe Alévêque », « Le Problème » de François Bégaudeau avec Emmanuelle Devos, Anaïs Demoustier & Jacques Bonnaffé, « Quelqu’un comme vous » mise en scène par Isabelle Nanty avec Jacques Weber (encore lui !) et Bénabar, etc… Mais tout cela ne sera qu’en 2011 donc j’ai le temps de vous en reparler !
* Sans oublier quelques passages au théâtre de Chaillot pour voir « L’homme de l’Atlantique », une création « à voir et à entendre » consacrée à Sinatra avec Olivier Dubois et Marion Lévy et le projet de Preljocaj avec le Bolchoï, au théâtre Marigny pour voir « L’amant » de Harold Pinter, à l’Athénée pour le cycle Tchekhov…

♥  Côté expos, comme je le disais récemment ici, il y a également de quoi faire et je pense que j’utiliserai mon clone pour ne pas manquer:
* Pas mal de vernissages prévus la semaine prochaine déjà: l’expo « André Kertész » au Musée du Jeu de Paume, « La France de Raymond Depardon » à la BNF Mitterrand, « La Russie romantique à l’époque de Gogol et Pouchkine » (yiiiii *_*) au Musée de la Vie Romantique, « BaBa Bling – Signes intérieurs de richesse à Singapour » au Quai Branly puis « Brune blonde » à la Cinémathèque Française. Vous allez en bouffer du billet à expo, j’vous le dis !
* En octobre, il y aura aussi deux rétrospectives intéressantes au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (une consacrée au sulfureux photographe et réalisateur Larry Clark dès le 8 octobre, et une très attendue revenant sur l’œuvre de Basquiat à partir du 15).
* Dès le 12 octobre, la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain proposera « Moebius-Transe-Forme », première grande exposition à Paris jamais consacrée à l’œuvre de Jean Giraud, connu sous les pseudonymes de Gir et Moebius, icône incomparable de la bande dessinée.
* Et sinon ? Petits rattrapages avec des expos déjà mentionnées ici, puis « Trésors des Médicis » au Musée Maillol (du 29 septembre au 31 janvier), « Voyage en Capitale, Louis Vuitton et Paris » au Musée Carnavalet à partir du 13 octobre, Arman à Beaubourg (jusqu’au 10 janvier 2010), Henry Moore au Musée Rodin (du 15 octobre au 17 février 2011), « Jean-Léon Gérôme, L’histoire en spectacle » à Orsay du 19 octobre au 23 janvier 2011, etc…
* Sans parler évidemment des deux expos consacrées à Monet au Musée Marmottan et surtout au Grand Palais… même si je sens par avance que je vais pester de ne pouvoir vraiment m’approcher des tableaux comme pour TOUTES les expos présentées là-bas (qui sont néanmoins réussies, ce n’est pas la question !).
* D’autres repérages pour un peu plus tard aussi: « L’Antiquité rêvée – Innovations et résistances au XVIIIe siècle », la prochaine expo présentée au Louvre à partir du 2 décembre et qui promet d’être intéressante ! Sans parler du teasing que nous fait le musée de l’Orangerie pour l’automne 2011 avec son « Frida Kahlo et Diego Rivera »… Ça promet !

Côté classique, je suis moins emballée qu’à la saison précédente par les opéras présentés à l’Opéra de Paris mais je vais tout de même aller prendre ma dose annuelle de Mozart avec « Les Noces de Figaro » et probablement « Cosi Fan Tutte » l’année prochaine; peut-être « Tosca » que j’ai déjà vu à Bastille il y a quelques années ou bien l' »Otello » de Verdi ou « Madame Butterfly » mais c’est encore loin ! Idem pour les ballets.

En revanche, j’ai déjà pas mal de concerts classiques réservés salle Pleyel, au théâtre des Champs-Élysées, etc… Je vous en reparle.

♥ Et puis, il y aura aussi pas mal de salons intéressants les prochains mois: le Mondial de l’automobile (02-17 octobre), la FIAC (21-24 octobre), le salon du chocolat (28 oct-1er nov), le salon de la photo (04-08 nov), le salon Marjolaine (6-14 novembre)…

Évidemment, je n’aurai pas le temps de vous parler de tout ça ici mais j’essaierai de vous en faire profiter tant que je peux ;) A suivre, donc !

« L’Or des Incas » à la Pinacothèque

Il y a quelques jours, histoire de rattraper mon retard concernant les expositions parisiennes de la rentrée, je me suis rendue à la Pinacothèque de Paris afin de visiter leur nouvelle exposition « L’Or des Incas ». Si vous me lisez depuis un certain temps, vous ne devriez pas être sans savoir que je raffole de tout ce qui touche de près ou de loin (mais surtout de près quand même ;)) aux civilisations précolombiennes. Je ne pouvais donc manquer ce rendez-vous sous aucun prétexte !

Plus de 250 objets précieux précolombiens émanant des plus prestigieux musées péruviens (et de quelques musées européens) sont exposés pour la première fois en France, à la Pinacothèque. L’objet de l’expo est d’étudier le lien des peuples préhispaniques aux métaux précieux. La plupart des objets en or présentés ici sont des raretés découvertes ces vingt dernières années dans des tombes ayant miraculeusement échappé aux pillages et à la destruction par les conquistadors (qui ont fait fondre la plupart des bijoux en or trouvés sur les sites) débarqués au Pérou en 1532. Ils témoignent de la haute maîtrise technique des orfèvres de l’époque, mais ils soulignent surtout l’importance de ce métal et de sa force symbolique pour les manifestations rituelles.

On réalise alors que l’or n’était en rien une valeur numéraire pour les peuples andins mais un matériau étroitement associé à la divinité solaire. L’or faisait partie intégrante du décorum impérial inca, l’empereur étant considéré comme l’incarnation vivante du soleil appelé Inti. Si les Incas ont mis au premier plan la vénération du soleil au point d’en faire une religion d’Etat, ce culte existe dans les Andes depuis des temps immémoriaux. La « sueur du Soleil » ornait presque tous les objets du culte et les bijoux imposants en or, argent ou cuivre (plastrons, lourds colliers, ornements nasaux, couronnes, diadème, boucles d’oreilles, épingle, pectoral,  figurine, ornement…) constituaient l’apanage des élites.

L’or était donc à la fois un outil de différenciation sociale pour l’élite, un élément indispensable du trousseau funéraire du défunt mais également un support essentiel de toute création artistique. Malgré ça, il ne faut pas limiter la virtuosité des créateurs précolombiens à la métallurgie car l’expo montre que leur talent s’est étendu à tous les domaines de l’art: le textile, l’art de la plume, la sculpture sur pierre ou sur bois mais aussi la céramique. Petit côté ludique dans l’expo également: sont présentés ici et là des objets qu’on retrouve dans plusieurs albums de « Tintin » (ça m’est venu tout de suite à l’esprit en me baladant dans l’expo mais j’ai du trop lire cette BD quand j’étais petite !) comme les coiffes rappelant un peu celles des prêtres du Temple du Soleil et surtout un fétiche en bois qui fait diablement penser à celui de L’Oreille cassée (même s’il a ses deux oreilles, lui !).

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Bref, une très jolie expo sur le fond, qui nous apprend beaucoup sur une culture passionnante. Même si elle n’est pas forcément toujours pertinente, la scénographie, entre ombre et lumière, est vraiment belle et permet de faire ressortir l’éclat des couronnes en or, des lourdes boucles d’oreille et des pectoraux qui, du coup, attirent les regards des visiteurs comme un aimant. En plus de ça, c’est une exposition qui invite indéniablement au voyage. Je pense en particulier à cet écran situé à mi-parcours où sont projetées de magnifiques images des sites précolombiens situés au Pérou (qui donnent une envie folle de s’y rendre évidemment… j’en rêve !). Les objets exposés sont pour la plupart inédits en France et d’une qualité exceptionnelle, donc je pense quand même que ça vaut le coup de se déplacer. Si vous souhaitez la visiter, je vous recommande quand même d’attendre quelques semaines (voire quelques mois) car en ce moment, même en pleine semaine il y a la queue dans la rue pour pouvoir entrer dans le musée.

Malheureusement, à côté de ça, et c’est souvent pareil dans la plupart des expositions parisiennes où le même type de reproche s’impose: on nous donne pas mal d’éléments sur de grands panneaux explicatifs, situés en marge des œuvres, remettant un peu les choses à leur place mais il y a vraiment peu d’explications détaillées sur les différents objets exposés. Ce qui fait que sans audioguide, on se retrouve face à des vitrines dans lesquelles sont exposés des objets magnifiques mais dont on ne comprend pas toujours le sens (ou pas totalement en tout cas) quand il nous manque des infos ou qu’on ne les a pas sous le nez. Donc, comme d’habitude, je ne saurais que trop vous recommander de vous procurer le guide audio intégral (2€) de l’exposition à disposition en téléchargement ici sur le site de la Pinacothèque. Sur place vous pourrez télécharger gratuitement l’appli iPhone (qui est à 2€99 sur l’App Store) mais uniquement concernant les premiers objets de l’expo… une fausse bonne idée donc ! En revanche, l’appli iPad en HD, quoiqu’un peu chère (4€99) est vraiment magnifique et permet d’en reprendre plein les yeux si on a aimé les sublimes objets présentés dans les vitrines de la Pinacothèque.

C’est où ?
L’Or des Incas
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine (8è) – M° Madeleine
Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h, nocturne le mercredi jusqu’à 21h.
Tarifs: 10€/8€ (pour les moins de 25 ans, les étudiants, demandeurs d’emploi, etc…).

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Little Miss Chatterbox

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