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« Dans l’intimité des frères Caillebotte » au Musée Jacquemart-André

Comme je vous le disais ici en début de semaine, il y a quelques jours j’ai eu le privilège de me rendre à la magnifique expo « Dans l’intimité des frères Caillebotte, Peintre et Photographe » lors d’une visite privée matinale organisée par Arts Magazine au musée Jacquemart-André.

A travers une mise en regard à la croisée de la peinture impressionniste et de la photographie, cette exposition évoque à merveille l’univers artistique et intime des frères Caillebotte, parfaits témoins d’une époque en pleine mutation urbaine et technique, mais aussi d’un art de vivre si joliment illustré par les artistes impressionnistes. Grâce à des prêts exceptionnels de collections privées et publiques, le musée Jacquemart-André y fait habilement dialoguer, de façon inédite, plus de 50 toiles (dont certaines n’avaient encore jamais été présentées au public) de Gustave avec près de 130 tirages modernes, réalisés à partir des originaux de Martial.

L’expo est vraiment très intéressante car là où la renommée de Gustave Caillebotte -célèbre pour son talent de peintre et son rôle de mécène auprès de ses amis impressionnistes- n’est plus à établir, celle de son frère semble être longtemps restée dans l’ombre de l’Histoire de l’Art. « Dans l’intimité des frères Caillebotte, Peintre et Photographe » a donc le mérite de nous faire comprendre l’importance de Martial (à la fois compositeur, pianiste et photographe) dans la vie de Gustave, ainsi que les liens et affinités profondes qui unissaient les deux frères. La mise en perspective inédite des tableaux et des photographies est vraiment passionnante car elle permet de s’immiscer dans l’intimité d’une grande famille parisienne à l’aube du XXè siècle, mais aussi d’en apprendre un peu plus sur la nouvelle vie citadine de l’époque.


L’exposition est assez courte mais comme toujours à Jacquemart-André, vraiment bien faite, pertinente et très riche. La scénographie est également plutôt réussie avec un changement d’ambiance au gré des différentes salles et thèmes que l’on traverse. J’ai beaucoup aimé découvrir le travail de Martial, témoin d’une grande sensibilité pour des thèmes représentés dans les toiles de Gustave : les vues de Paris, les voiliers, les jardins ou les bords de l’eau. J’ai adoré scruté les moindres détails de ses photos où l’on apprend des tas de choses passionnantes sur la vie à l’époque, les photos de Paris avec Montmartre et son Sacré Cœur en construction, les photos des amis de Gustave (ahhh Renoir !), etc… Et quel plaisir de regarder avec curiosité les photos de leurs maisons remplies de tableaux impressionnistes et découvrir par hasard des toiles qui sont maintenant dans nos musées nationaux… Pfff, le rêve ! 

L’exposition est vraiment très instructive (encore plus avec l’audio-guide qui fourmille de mille petits détails intéressants… on peut le télécharger gratuitement ici) et pour ma part, je n’ai pas cessé de m’émerveiller devant chaque toile, sublime, de Gustave: ah ces couleurs, cette lumière, cette sensibilité… Un vrai coup de cœur ! Grâce à Arts Magazine, je suis également repartie avec le magnifique catalogue de l’exposition et autant vous dire que depuis, je me régale en en feuilletant quelques pages chaque soir.

Une exposition à ne surtout pas manquer !


C’est où ?

Dans l’intimité des frères Caillebotte, Peintre et Photographe
Musée Jacquemart-André
158, Bd Haussmann (8è) – M° Miromesnil ou Saint-Philippe-du-Roule
Tarifs: 10€/8,50€
Ouvert tous les jours de 10h à 18h, et le lundi jusqu’à 21h30. Nocturnes supplémentaires les samedis 11, 18 et 25 juin jusqu’à 20h.
Je vous invite grandement à découvrir le joli site dédié à l’expo !
Jusqu’au 11 juillet 2011.

*****

Bon et promis, la prochaine fois, j’arrête de vous parler de mes coups de cœur (quoique ?!) et je vous mets en ligne le compte-rendu de toutes les expos parisiennes visitées ces derniers mois. Une sorte de mini récap’ avant les vacances !

Coup de ♥ : « Paris au temps des impressionnistes » à l’Hôtel de Ville

Je ne sais pas si j’aurai un jour le temps de rattraper mon « retard » pour vous raconter toutes les choses dont j’aurais envie de vous parler sur ce blog. Néanmoins, je m’y emploie sur le peu de temps libre que me laisse mon agenda chargé et je continue aujourd’hui ce petit « rattrapage » avec une expo vue récemment et que je vous recommande si vous aimez la peinture et surtout si vous aimez notre magnifique capitale: « Paris au temps des impressionnistes ». Elle se tient actuellement et jusqu’au 30 juillet à l’Hôtel de Ville, qui nous gratifie très régulièrement d’expos très réussies, passionnantes et gratuites.

Celle-ci ne déroge pas à cette habitude puisqu’elle est hyper intéressante, qu’on aime ou pas l’impressionnisme, et les œuvres présentées sont vraiment sublimes. En fait, tout ça, c’est grâce au musée d’Orsay qui, pendant ses travaux de rénovation, a prêté à la Mairie de Paris une soixantaine de toiles et autant de dessins, pour beaucoup jamais présentés au public, ainsi que des documents d’architecture et des maquettes présentant la nouvelle identité architecturale du Paris de Napoléon III. La première partie de l’expo nous propose justement de partir à la découverte du Paris du Second Empire, à travers une série de tableaux, dessins, plans (…) montrant les différentes métamorphoses et nouvelles grandes constructions de la ville à l’époque des impressionnistes. C’est vraiment très instructif et pour la petite histoire, ça m’a amusée de tomber par hasard sur un immeuble situé juste à côté du mien et de découvrir qu’il avait été construit à cette époque par un architecte originaire de ma région ! Le monde est petit !



La seconde partie de l’expo est encore plus sympa puisqu’elle nous invite à déambuler au milieu de petits « salons » à thèmes autour de la représentation de Paris à l’époque des impressionnistes (à travers des dessins mais surtout des tableaux -impressionnistes mais pas que) et on se plait à découvrir (et à redécouvrir) des scènes de la vie parisienne de l’époque, « Paris, ville de tous les plaisirs », Paris comme « un atelier à ciel ouvert », etc… Comme toujours à l’Hôtel de Ville, l’exposition est assez courte (on n’y trouve qu’une soixantaine de toiles et autant de dessins) et la scénographie de la grande salle est très jolie mais comme il y a beaucoup de monde, elle n’offre pas beaucoup de recul pour pouvoir bien admirer les œuvres fixées aux murs extérieurs de chaque « salon ».

Néanmoins les toiles exposées y sont tout simplement magnifiques et il est vraiment agréable de se balader au milieu de quelques-uns des chefs-d’œuvre de l’époque des impressionnistes: à côté des célébrissimes Jeunes filles au piano de Renoir ou du Portrait de Marcel Proust de Jacques-Emile Blanche, devant Un coin de table d’Henri Fantin-Latour, près de La gare Saint Lazare de Monet, etc…

On y trouve aussi quelques petites pépites, des toiles un peu moins célèbres mais splendides, pleines de charme et vraiment touchantes comme la sublime Vue des toits (effets de neige) par Gustave Caillebotte (ci-dessous… un gros coup de ♥) ou La guinguette de Montmartre de Van Gogh (ci dessus).

En bref, une très jolie réussite, une des plus belles expositions parisiennes de la saison et un vrai coup de cœur pour moi ! Je vous la recommande sans hésitation.

C’est où ?
Paris au temps des impressionnistes
Hôtel de Ville – Entrée salle Saint-Jean
5, rue de Lobau (4è) – M° Hôtel de Ville
Ouvert tous les jours sauf dimanches et fêtes de 10h à 19h.
Entrée gratuite (ce qui fait qu’il y a beaucoup de queue, surtout le samedi… mais ça vaut le coup de patienter !).

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Cela faisait vraiment très (trop ?) longtemps que je ne vous avais pas parlé expos ici et je dois avouer que, même si ce ne sont pas les billets où vous êtes les plus réactifs (en terme de commentaires, hein, vous énervez pas !), ça m’avait manqué. Et ça tombe bien puisqu’il va falloir que je trouve le temps de vous parler de toutes les expositions vues et aimées depuis début mars (oui, je vais faire des regroupements, je suis pas maso, je vous rassure) : les 2 expositions du Grand Palais (Nature et idéal et surtout Odilon Redon.Prince du rêve 1840-1916 que j’ai adoré !), Manet, inventeur du Moderne au Musée d’Orsay, l’expo Kubrick à la Cinémathèque, Vaudou à la Fondation Cartier, Dogon au Quai Branly, Miró sculpteur au musée Maillol, Raoul et Jean Dufy, complicité et rupture à Marmottan, etc… Stay tuned ;)

La Nuit des Musées 2011 (à Paris)

Petit mot tout d’abord pour m’excuser de vous avoir un peu abandonnés cette semaine alors que j’avais promis un retour en fanfare ici il y a quelques jours ! Ahem, la loose… Tout ça c’est la faute du fabuleux cocktail fatigue extrême + allergie au soleil (une grande nouveauté… espérons qu’elle ne revienne jamais, la fourbe) qui a eu raison de moi et m’a carrément forcée à rester à la maison ces 2 derniers jours. Ceux qui me connaissent bien savent que c’est une vraie punition mais je n’ai pas eu le choix (je n’entrerai pas dans les détails parce que, d’une part, c’est pas très intéressant et ensuite, parce que j’ai envie de vous éviter d’avoir peur… mouah-ah).

Bref, en fait, ce n’est pas de ça que je voulais vous parler ici ! Mais plutôt de la soirée de demain. Comme l’année dernière, j’ai très envie de profiter de la Nuit des Musées, l’une des manifestations culturelles que je préfère. L’année dernière, j’avais passé une grosse partie de la soirée à déambuler entre des tas d’endroits différents (c’était ici) et cette année, je dois vous avouer que plusieurs évènements me font cruellement de l’œil. J’espère être en état d’y aller !


Pour cette 7ème édition, la Nuit des Musées nous propose une fois encore de découvrir en nocturne et gratuitement la richesse des collections des musées français et européens de façon assez inattendue et exceptionnelle à travers expositions, théâtre, cinéma, danse ou spectacle vivant… Bref, une soirée à ne surtout pas manquer !

Je vous propose une petite sélection (non exhaustive) d’animations parisiennes qui me semblent assez intéressantes :

♥ A la Cité de l’Architecture et du Patrimoine
La Cité restera ouverte toute la soirée et plusieurs animations seront au programme, notamment « Les pierres ont la parole » (au détour des moulages, parmi les plus beaux exemples de sculpture et d’architecture médiévale, on entendra résonner les textes de quelques uns des plus grands écrivains et amateurs d’art du XIXe siècle et du XXe siècle dont Victor Hugo, Huysmans ou Mérimée) et surtout les fameuses visites à la lampe torche dans la galerie des peintures murales et des vitraux (que j’espère bien ne pas manquer cette fois-ci) !

♥ Au musée des Arts et Métiers
Comme tous les ans, les Arts et Métiers proposeront une multitude d’animations ludiques et instructives pour cette Nuit des Musées: une « déambulation spatiale » créée spécialement par le CNES et les Arts & Métiers pour l’occasion, des parcours-jeux, des visites éclairs, des démonstrations de lanterne magique, etc…

♥ Au Louvre
Le visiteur aura la possibilité de se programmer une petite balade nocturne dans le musée (jusqu’à 23h30) ou encore d’assister à une animation dans la Cour Carrée, où l’artiste et musicien Aki Onda réalisera une performance in situ et présentera Cassette Memories, un projet artistique et sonore constitué à travers le temps en tant que journal personnel et archive de mémoires sonores (depuis plus de vingt ans, Aki Onda n’as cessé d’enregistrer ses cassettes de sons au cours de ses voyages et dans sa vie quotidienne). Original, non ?!

♥ Au musée des Arts Déco
Des conférencières accueilleront le public et proposeront des visites des collections permanentes ou des expos temporaires. Les visiteurs auront l’occasion de visiter les expositions en testant les EasyTone de Reebok (la classsssse !). Les heureux détenteurs d’iPhones pourront, eux, visiter les collections en téléchargeant la nouvelle application des Arts Décoratifs. Et enfin, dans le cadre de l’exposition Verre à Venise, 3 artistes, 3 visions, une dégustation de café San Marco sera offerte… pour tenir jusqu’au bouuuuut de la nuiiiit (oui, je déconne à plein tube, voilà ce qui arrive quand on m’enferme chez moi pendant 2 jours, voyez).

♥ Aux Archives Nationales
Aux Archives Nationales, on pourra voir : des démonstrations de restauration, reliure & suminagshi dorure (pour faire découvrir leur savoir-faire et leur intervention sur les documents d’archives… voilà qui fait envie !), un concert de musique classique, des visites commentées et/ou thématiques de l’exposition Du procès au mythe. L’affaire des templiers (1307-1314), etc…

♥ Au musée Carnavalet
Le musée de l’Histoire de Paris a prévu pas mal de choses intéressantes pour cette Nuit des Musées: un installation sonore et visuelle Le Ventre de Paris dans la crypte archéologique (parvis Jean-Paul II) par la plasticienne Agnès Pezeu, plusieurs concerts dans les très jolis jardins du musées (de 19h30 à 22h), etc…

♥ Au musée de l’Orangerie
Plusieurs petits ateliers très chouettes seront proposés autour des collections du musée (sur inscription): lecture de contes, atelier danse ou peinture autour des Nymphéas, visite poétique autour des chefs d’œuvre du musée, etc… De quoi s’en mettre plein la vue !

♥ Au musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme
Le musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme restera ouvert jusqu’à minuit pour nous permettre de découvrir l’exposition Chagall et la Bible (qui m’intéresse grandement). Alexis Kune, accordéoniste et fondateur du groupe LesMentsh, proposera aussi, accordéon et magnétophone en main, une exploration des musiques de fêtes, mêlant joyeusement sacré et profane autour de la célébration des grands moments du calendrier juif (sur inscription).

♥ Au musée du Quai Branly
Là aussi, comme tous les ans, le musée du Quai Branly proposera de très nombreuses animations durant toute la soirée: découverte de l’expo l’Orient des Femmes (dont j’avais parlé ici et qui fermera ses portes le lendemain) jusqu’à minuit, performances d’artistes, projections de films & documentaires, visites du musée par des artistes haïtiens qui nous feront entrevoir une autre facette de cette culture riche et fourmillante, etc…

♥ Au musée de Cluny
Comme l’année dernière, le musée de Cluny ouvrira au public son joli jardin d’inspiration médiévale mais proposera également de nombreuses animations passionnantes (comme toujours !) : des déambulations spatiales avec le CNES sur « La perception du temps », des démonstrations d’escrime médiévale et des visites de l’exposition L’épée usages, mythes et symboles !

♥ Au musée Rodin
Pas mal d’animations au musée Rodin également: découverte de l’exposition temporaire L’invention de l’œuvre, Rodin et les Ambassadeurs, projection du film Versions -une œuvre de l’artiste autrichien Mathias Poledna- (en boucle, dès la tombée de la nuit, sur un écran géant placé au fond du jardin) & visite nocturne du sublime jardin, qui donnera un nouvel éclairage aux sculptures (dernière entrée à minuit) !

♥ Au musée de la Poste
De jolies animations seront proposées: un atelier « mail art » (une approche ludique et interactive de la correspondance à travers une pratique artistique originale liant écriture et création), des démonstrations de gravures de timbre poste, des lectures d’impromptus poétiques de poésies ultra-marines dans les collections permanentes (pour fêter l’année des Outre-Mers), des visites en costumes des collections permanentes, etc…

Mais aussi: les 2 grandes expositions du Grand Palais (sans oublier la 4è édition de Monumenta, dédiée cette année à Anish Kapoor dans la Nef) en accès libre (je vous recommande surtout Odilon Redon, Prince du Rêve (1840-1916)), les visites guidées des « coups de cœur » du Centre Pompidou, l’accès aux collections et expos temporaires au musée d’Orsay (je vous recommande l’expo Manet, inventeur du moderne vue il y a quelques mois et dont j’ai prévu de vous parler sur ce blog), les concerts et visites guidées au musée de l’Armée, l’expo Cranach et son temps au musée du Luxembourg (dont j’avais parlé ici), une balade à la Cinémathèque Française (où je vous recommande fortement l’expo Kubrick visitée il y a quelques semaines et dont je dois vous parler très vite aussi !), la visite du musée des Lettres et Manuscrits, des tas d’animations pour petits & grands à la Cité des Sciences, des concerts au Musée de la Musique, etc…

Comme je le disais plus haut, cette liste est loin d’être complète et la plupart des musées parisiens seront ouverts et gratuits que ce soit pour leurs collections permanentes ou mêmes leurs expositions temporaires. Tout dépend de chaque musée, en fait. Pour tous les détails (horaires, adresses, etc…), allez donc voir sur le site de la Nuit des Musées. Vous trouverez aussi le programme pour les autres musées français et européens !

Alors, vous en serez ? Si c’est le cas et que vous avez un compte Twitter, n’oubliez pas de participer à « La Nuit tweete ! » toute la nuit (voici le compte twitter de l’évènement). Les messages (conseils, impressions, programmes) déposés par les musées et les visiteurs apparaitront sur des écrans dans les musées participants, sur leur site Internet et sur les espaces en ligne de la Nuit des musées.

« Cranach et son temps » au Musée du Luxembourg

Moment assez attendu ce matin puisque j’ai eu la chance d’assister à la réouverture du musée du Luxembourg. Et pourtant, j’étais la première à accabler la précédente gestion du musée avec ses expos minuscules aux tarifs exagérés et à la pédagogie plus que médiocre… Malgré ça la fermeture d’un musée fait toujours mal au cœur et je suis ravie de ce « nouveau départ » !

On peut vraiment parler d’un nouveau départ puisqu’en 2010, le Sénat a délégué la gestion du musée à la Rmn qui s’est engagée à offrir une identité renouvelée et des espaces d’accueil & de services entièrement rénovés au public. Cette nouvelle ère s’ouvre avec une exposition consacrée à Lucas Cranach (1472- 1553), l’un des artistes majeurs de la Renaissance germanique. Un peintre fécond et polyvalent, dont la carrière couvre toute la première moitié du XVIè siècle, mais finalement assez étranger au public français qui connait peu ou mal l’étendue de son œuvre. Sa notoriété de peintre, sa position dans la société des puissants, sa proximité avec les cercles intellectuels, font pourtant de lui une des personnalités parmi les plus originales et les plus étonnantes du XVIè siècle européen.

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L’exposition montre très bien la dimension européenne de l’art de Lucas Cranach, qui est non seulement marqué par les œuvres de Dürer dont les gravures circulent, mais qui regarde aussi du côté des Flandres et de l’Italie. Pour faire apparaitre ces influences, l’exposition met en regard une sélection de tableaux, dessins et gravures de Cranach avec la production d’autres artistes.

Elle consacre une place importante à ses voyages qui ont été favorisés par sa position officielle à partir de 1505 au sein de la cour de Frédéric le Sage, prince électeur de Saxe, fixée à Wittenberg. Au-delà des commandes artistiques de son mécène, Cranach s’est vu en effet confier des missions diplomatiques qui ont joué un rôle fondateur dans la formation de sa personnalité. A la demande de Frédéric le Sage, Cranach se rend notamment en 1508 à Malines dans les Flandres auprès de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, dont la cour est peuplée d’artistes et d’humanistes originaires de contrées diverses. Au contact de cette brillante société, il perfectionne son art. Il introduit dans ses œuvres une élégance plus raffinée mais s’intéresse surtout à de nouvelles thématiques qui rencontrent alors un vif succès dans ce milieu aristocratique, comme celles des femmes fortes et vertueuses, représentées à mi-corps.


Une partie de l’exposition est consacrée à la représentation du nu féminin qui occupe une place centrale au sein de l’œuvre de Cranach. Dans ses figures féminines d’une grande sensualité, empruntées tantôt au répertoire antique (Vénus, Diane…), tantôt à la culture chrétienne (Ève), il représente des corps à la beauté parfois inquiétante, dont le canon se distingue très nettement des proportions idéales prisées à la Renaissance. Ces images ambiguës, mêlant érotisme et morale, à la signification souvent complexe, ont rencontré en leur temps un énorme succès qui a incité l’artiste à les décliner sous des formes variées. Son sens consommé des affaires le pousse même à mieux organiser son atelier pour répondre le plus rapidement possible à la demande.

L’exposition insiste beaucoup sur la richesse et l’originalité du parcours de Cranach, un parcours jalonné de rencontres déterminantes avec des représentants majeurs de la vie politique et religieuse de l’époque, alors agitée par le vent de la Réforme protestante. A Wittenberg, il côtoie notamment Martin Luther que protège Frédéric le Sage. Portraitiste de talent, il nous a transmis les effigies des principaux acteurs de ce moment fort dans l’histoire de la chrétienté. Cranach participe aussi pleinement à la diffusion de cette nouvelle doctrine, en mettant son art au service d’une propagande visuelle, largement diffusée par la gravure. Ainsi, il a contribué à élaborer une nouvelle iconographie protestante, sans pour autant renoncer aux commandes de l’Eglise catholique.


L’exposition est très intéressante et instructive dans le sens où elle aide à comprendre la place de cet artiste dans l’histoire de l’art et son implication dans la société de son temps, touchée alors par de profonds bouleversements politiques et religieux. La scénographie est magnifique, les salles sont très sombres mais (et c’est assez rare pour être signalé) ce n’est pas gênant pour profiter des tableaux. Au contraire, on a l’impression d’être comme au creux d’une alcôve, les tableaux sont somptueux. Le lieu est très feutré mais cela met vraiment en valeur les toiles exposées. Concernant l’ajustement des salles, on note pas mal d’améliorations par rapport à avant et c’est tant mieux ! L’espace de l’exposition a été repensé et réorganisé totalement. Les salles sont plus nombreuses, tout est fait pour qu’un maximum de monde puisse circuler dans l’exposition sans (trop) se marcher sur les pieds: par exemple, les grands panneaux thématiques ont été placés assez à l’écart des tableaux ce qui fait qu’on peut les lire sans gêner la visite d’autres personnes… Astucieux !

Un progrès également côté pédagogie (il faut dire qu’on partait de zéro sur ce point !), l’expo est plutôt bien documentée. Au-delà des grands panneaux dont je parlais juste au-dessus, il y a de nombreux encarts explicatifs près des toiles, ce qui n’oblige pas à prendre l’audio-guide pour comprendre la majorité des œuvres. Ouf ! Petit bémol quand même: malgré la qualité de l’exposition, je regrette une fois de plus les tarifs plus que prohibitifs pratiqués par le musée (11€ pour une expo de cette taille ? faut p’têt pas pousser non plus…). C’est un petit musée/une petite expo, il n’y a que peu de salles, pas énormément d’œuvres et sincèrement, les prix pourraient être diminués de quelques euros, à mon goût… Au moins, si vous y allez, vous vous y rendrez en connaissance de cause ;)

C’est où ?
Cranach et son temps
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard (6è) –  RER Luxembourg
Ouvert tous les jours de 10h à 20h, et jusqu’à 22h le vendredi et le samedi.
Tarifs: 11€/7€50
Le nouveau site.
Du 9 février au 23 mai 2011.

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