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« L’épée » à l’honneur au Musée de Cluny

Encore un petit billet culturel aujourd’hui avec une exposition visitée la semaine dernière seulement: « L’épée – Usages, Mythes et Symboles » au très très chouette Musée de Cluny. Elle n’est pas très grande mais réunit néanmoins 120 œuvres dont un ensemble d’épées couvrant toute la période du Vè au XVè siècle, ainsi que des manuscrits, peintures, objets d’orfèvrerie et ivoires.


L’épée. Usages, mythes et symboles est la première manifestation consacrée uniquement à ce thème. Sujet passionnant s’il en est car l’épée est sans doute l’un des objets les plus représentatifs du Moyen Âge. A la fois arme de guerre, signe de pouvoir et de justice ou objet d’apparat, quasiment aucune autre production profane de cette époque n’a suscité autant d’intérêt et de fascination. De plus, elle est présente dans toutes les civilisations pratiquant la métallurgie, de l’âge du cuivre jusqu’à l’époque contemporaine et quelle que soit sa forme, elle est immédiatement reconnaissable à ses quatre parties : la lame, la garde, la fusée, le pommeau. Au-delà de ces éléments invariables, il en existe une extraordinaire variété de types et de décors, bien souvent révélateurs d’un contexte social et artistique.

L’expo présente les différents usages, réels et symboliques de l’épée. On voit qu’elle est d’abord étroitement associée au combat, dans des contextes aussi diversifiés que la guerre, la querelle, la joute, le tournoi ou même à la chasse, dans certains cas. Mais les utilisations symboliques sont également très variées : essentielle au sacre des rois ou à la cérémonie de l’adoubement du chevalier, l’épée est aussi l’attribut de nombreux saints, le symbole de la justice et du pouvoir spirituel. Image d’une fonction, elle peut aussi être celle d’une nation comme l’épée de Svante Nilsson Sture, régent de Suède autour de 1500 et défenseur de son indépendance, ou, pour la France, la célèbre épée de Charlemagne, dite Joyeuse. L’épée possède comme nul autre objet une part de personnification et d’enchantement, et certaines sont devenues mythiques, notamment dans la sphère littéraire et artistique. Elles portent un nom, à l’image des célèbres Durandal ou Excalibur et sont dotées de qualités extraordinaires : voler, briser un roc, rendre invincible son propriétaire, etc… Cette idéalisation se prolonge bien au-delà du Moyen Âge, depuis les épées touaregs du XIXè siècle jusqu’à l’épée moderne de l’académicien Jean-Pierre Mahé.

La scénographie de l’expo est vraiment très belle et met superbement les objets présentés en valeur (même si le cadre grandiose du frigidarium des thermes de Cluny y aide grandement, de base !). Et puis, j’ai trouvé l’expo intéressante et très bien faite dans son ensemble. J’aurais simplement apprécié qu’elle soit un tout petit peu plus aboutie par moments car pas mal d’explications m’ont semblé un peu sommaires, succinctes (même sur l’audio-guide) et un peu trop répétitives. Mais c’est tout de même très pédagogique, on apprend des choses et les pièces présentées sont magnifiques. Du coup, je chipote un peu mais au final, c’est une expo que j’ai tout de même appréciée dans sa globalité et je vous la recommande ne serait-ce que pour avoir l’occasion de faire un tour dans le très joli musée de Cluny !

Je vous emmène ?




















C’est où ?
L’épée
Musée de Cluny – Musée National du Moyen Âge
6, place Paul Painlevé (5è) – M° Cluny la Sorbonne
Jusqu’au 26 septembre 2011.
Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 9h15 à 17h45.
Tarifs: 8€50 ou 6€50.
Gratuit pour les moins de 26 ans et pour tous le 1er dimanche du mois.
Plus d’infos sur le site du musée.

Petite excursion chez les Mayas au Quai Branly

Il y a quelques jours, je suis allée visiter Maya – De l’aube au crépuscule, collections nationales du Guatemala au musée du Quai Branly, une exposition que j’attendais avec impatience puisque j’apprécie énormément ce musée (je trouve leurs expos temporaires toujours instructives et bien faites) et que j’aime beaucoup les arts premiers et plus particulièrement tout ce qui touche de près ou de loin aux civilisations précolombiennes. Et je n’ai pas été déçue !

A travers plus de 160 pièces exceptionnelles qui, pour la plupart, ne sont jamais sorties de leur pays d’origine, le musée du quai Branly nous propose donc cette fois de découvrir les Mayas du Guatemala, (l’une des trois civilisations les plus florissantes du monde précolombien). Céramiques peintes, stèles, pierres fines taillées, éléments funéraires, vestiges architecturaux, ornements, etc., y sont présentés selon un parcours chronologique (divisé en 4 séquences, les 3 premières correspondant aux 3 principales périodes, définies par les scientifiques, qui ont marqué cette civilisation à savoir le Préclassique, le Classique et le Postclassique) offrant un panorama complet de la culture maya du Guatemala, de son développement à son apogée, en finissant sur son déclin.

Dans une volonté de valorisation de la sauvegarde du patrimoine national du Guatemala, l’expo met en avant les dernières grandes découvertes archéologiques sur plusieurs sites récemment étudiés et notamment « El Mirador » qui figure en tête de la liste des 5 sites sélectionnés en vue d’une nomination au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces dernières recherches permettent de présenter aujourd’hui une conception plus large et plus complexe de la civilisation maya, en décrivant la grande variété et l’évolution de son organisation sociale mais aussi de ses formes et styles artistiques. L’architecture en est évidemment l’un des fleurons, comme en témoignent les imposants vestiges de palais et de temples, mais il faut savoir que les Mayas sont également renommés pour avoir développé un remarquable système d’écriture, le plus complet de toute l’Amérique précolombienne. Et les fouilles récentes ne font que confirmer le très haut degré de civilisation de ce peuple, capable de produire un art complexe qui rend par exemple compte de l’origine du monde ou d’une parfaite acceptation de la mort où l’idée de sacrifice devient une forme d’exaltation du pouvoir séculier et divin. La scénographie se veut une mise en mémoire des fastes de petits royaumes indépendants, assimilables à des cités-États extrêmement élaborées, qui tenaient leur splendeur d’un savoir impressionnant dans d’innombrables domaines : astronomique, cosmologique, mathématiques, création plastique et j’en passe.

Enfin, la dernière section dresse un portrait de la culture maya contemporaine à travers une série de photographies intéressantes et originales mettant en lumière le quotidien de l’ethnie maya actuelle du Guatemala, les couleurs vives des vêtements, la magnificence des coutumes et pratiques cérémoniales, preuves d’un héritage culturel toujours vivant. Elle tisse un lien cohérent entre un passé foisonnant et une société riche encore aujourd’hui d’une vingtaine de langues et forte d’un héritage exceptionnel.

J’ai trouvé l’expo assez petite mais néanmoins follement intéressante. Elle est vraiment très bien documentée et pédagogique, comme toujours au Quai Branly, ce qui fait qu’on y apprend pas mal de choses. Tout est présenté de façon claire et précise et les éclairages récents sur la culture maya du Guatemala sont aussi instructifs que passionnants. Les pièces présentées sont superbes (même si j’admets que je suis peu objective pour le coup !) et cette exposition offre une chance unique de pouvoir les voir de près (ben oui, le Guatemala, c’est pas la porte à côté !). Comme toujours, je vous propose une petite balade en images, histoire d’illustrer un peu mes propos et de vous donner un aperçu de ce que vous aurez la chance de contempler si vous vous y rendez !






















En bref, c’est une belle expo, riche, intéressante et qui mérite le détour, d’autant que c’est l’occasion d’une balade dans ce très chouette musée (l’accès à l’expo est inclus dans le billet « collections permanentes ») et que c’est gratuit pour les – de 26 ans* ! Alors, vous attendez quoi ?! ;)

C’est où ?
Maya – De l’aube au crépuscule, collections nationales du Guatemala
Musée du Quai Branly (Mezzanine Est)
37, Quai Branly (7è) – RER Pont de l’Alma
Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 11h à 19h (et jusqu’à 21h les jeudi, vendredi et samedi).
8€50 (entrée gratuite pour les – de 26 ans et pour tous, les dimanches 4 septembre et 2 octobre 2011).
Jusqu’au 2 octobre 2011.

« Vaudou » à la Fondation Cartier

Petit billet culturel pour commencer le week-end pour vous parler d’une exposition visitée il y a fort fort longtemps (je suis allée au vernissage début avril… hum, ok, c’est mal, très mal, honte à moi, je sais) mais qui est encore à l’affiche, donc j’en profite ! Il s’agit de l’expo Vaudou présentée par la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain jusqu’au 25 septembre.


De prime abord, je dois avouer que quand j’ai reçu le carton d’invitation de la Fondation Cartier, j’ai été pas mal intriguée par ce nom, « Vaudou ». Il faut dire que, du vaudou, on ne sait généralement pas grand chose (enfin, je parle pour moi) si ce n’est ce qu’on peut habituellement mettre derrière le terme « poupée vaudou » en Occident (en gros: magie noire, force maléfique, charlatanisme et j’en passe !). Pourtant, lorsque l’on visite cette expo, on s’aperçoit qu’on est assez loin de ces clichés qui simplifient tout à outrance. La Fondation Cartier y expose un ensemble exceptionnel de statues vaudoues, une centaine de « bocios » (c’est ainsi que l’on nomme ces figures traditionnelles) issues de la collection d’Anne et Jacques Kerchache, à l’occasion du 10è anniversaire de la mort de ce fanatique d’arts premiers. Il faut savoir qu’il a beaucoup œuvré pour leur reconnaissance en France et c’est d’ailleurs lui qui a transmis sa grande passion à Jacques Chirac, lui-même à l’origine de la construction du musée du Quai Branly !

Le vaudou est un culte religieux ancien et une tradition philosophique originaire de ce que l’on appelait la « côte des esclaves » d’Afrique occidentale et qui s’est propagé jusqu’aux Caraïbes du fait de la traite négrière aux XVIIè et XVIIIè siècles. Vaudou montre l’originalité et la puissance évocatrice de ces figurines qui assurent protection à leur propriétaire et malheur à ses ennemis. Elles jouent un rôle majeur dans la pratique de ce culte très ancien et encore vivant aujourd’hui, des côtes du Togo à l’Ouest du Nigéria, et sont généralement faites d’assemblages de cordes, d’os, de coquillages et de terre cuite. Les éléments qui entrent dans sa fabrication sont en fait déterminés par le devin après consultation du commanditaire de la statuette. Bien souvent, ce sont des sentiments comme la jalousie, la haine, l’amour ou la peur qui sont matérialisés.

Liées à l’énergie des divinités vaudoues, ces statuettes sont les intermédiaires entre le monde visible et le monde spirituel. Fabriquées pour protéger une personne ou un village entier, pour guérir de la malade, pour avoir des enfants, pour nuire à un ennemi, elles ont des fonctions qui varient selon les vœux de celui ou ceux qui les ont commandées. Un bocio est souvent constitué de petites fioles contenant des remèdes ou de matériaux investis d’un pouvoir particulier. Il y a des éléments clés sur un bocio et tout y est symbolique: par exemple, un bec de canard symbolise la discrétion alors que le sang du canard est un poison et met à l’abri des menaces. Le cadenas est aussi un symbole important car il renferme en général les poisons visant à ensorceler l’ennemi. Mais ce ne sont là que quelques interprétations, leurs sens sont tellement multiples que les tentatives d’explications sont forcément réductrices et c’est très difficile d’en comprendre totalement la signification. A voir aussi dans l’expo: un documentaire dans lequel Jacques Kerchache parle de sa passion et raconte ses expéditions. Un moyen de voyager un peu avec lui dans un monde mystérieux et empreint de magie !

Petite cerise sur le gâteau, ces statuettes sont présentées dans une très belle scénographie d’Enzo Mari, l’un des grands maîtres du design industriel italien. Elle met vraiment en valeur les objets et surtout dans la salle principale du sous-sol plongée dans le noir: ils y sont comme au garde-à-vous, alignés en plusieurs diagonales impressionnantes. C’en est presque flippant !

En revanche, le parti pris d’Enzo Mari a été de donner très peu d’informations sur les statuettes, ce qui était aussi une volonté de Kerchache afin de nous les faire regarder comme des œuvres d’art à part entière. Même si la démarche est justifiée et pertinente dans un sens, ça laisse malgré tout le visiteur (et là, je parle de moi, encore une fois !) sur sa faim. Car pour tout vous dire, la vraie raison pour laquelle je n’ai pas parlé de cette expo avant aujourd’hui, c’est surtout parce que même si elle est très intéressante dans ce qu’elle montre, je l’ai trouvée assez déstabilisante. Je suis loin d’être une spécialiste des arts premiers (même si je les aime beaucoup) et j’avoue que j’aurais aimé comprendre un peu mieux ce qui se cachait derrière chacune de ces statuettes. Un petit bémol mais qui n’a pas totalement gâché mon plaisir, je vous rassure !

C’est où ?
Vaudou
Fondation Cartier pour l’Art Contemporain
261, Bd Raspail (14è) – M° Denfert Rochereau/Raspail
Ouvert tous les jours (sauf lundi) de 11h à 20h (jusqu’à 22h le mardi).
Plus d’infos sur le site.
Jusqu’au 25 septembre 2011.

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La semaine prochaine, je vous parlerai encore d’arts premiers en vous emmenant cette fois chez les Mayas au musée du Quai Branly. Stay tuned !

L’expo du week-end: « Odilon Redon, Prince du Rêve » au Grand Palais

Petit billet express aujourd’hui pour vous parler d’une expo qui se termine demain soir et que je vous recommande pour ce week-end si vous ne l’avez pas encore visitée: « Odilon Redon, Prince du Rêve » au Grand Palais !

Considéré comme un précurseur du symbolisme et du surréalisme, Odilon Redon a créé au début de sa carrière un univers « noir » fantastique et onirique, avant de basculer vers un monde en couleurs plus serein et apaisé. Un parcours intéressant et intriguant retracé à travers plus de 180 peintures, pastels, fusains, dessins et une centaine d’estampes.

La première partie de l’exposition, et sans aucun doute ma préférée, est consacrée aux sublimes et hypnotiques lithographies de l’artiste. Dix des douze ensembles lithographiques qu’il a publiés sont exposés en entier et je vous garantie que ça vaut le coup d’œil ! Du premier, Dans le rêve, il dira qu’il est un de ses préférés. Déjà, il y dessine des têtes étranges qui flottent dans l’air, des yeux, des êtres étranges. Le second album est quant à lui dédié à Edgar Poe dont l’univers onirique le fascine. Les yeux reviennent, dans les arbres, sous forme d’un ballon qui s’élève dans le ciel. A côté de ces recueils sont exposés des fusains et des gravures extraordinaires, comme l’Araignée souriante (dont je suis fan !) ou la Plante grasse. Ces dessins sont peuplés de figures fantomatiques ou de squelettes prenant la forme d’un arbre et c’est à cause d’eux que, quelques années plus tard, le collectionneur et critique Thadée Natanson le surnommera « le prince du rêve ». Fascinant !


La seconde partie de l’expo nous fait découvrir son travail à partir de 1890 et l’on voit que c’est à ce moment là que son univers s’ouvre à la couleur. On ne peut pas vraiment parler de passage à la couleur puisque Redon a toujours pratiqué la peinture, mais il la réservait au travail sur le motif, son travail imaginaire ne relevant que de ses « noirs », fusains et gravures. Mais à partir du début des années 1890, son univers onirique s’ouvre progressivement à la peinture et au pastel. Les Yeux clos (que je vous ai mis tout en haut en illustration et que je trouve superbe) est l’œuvre qui marque cette transition et deux versions, une lithographie et une peinture, sont exposées côte à côte.

A partir de là et pendant dix ans, Redon travaille à la fois en couleur et en noir. Pendant cette période, il va progressivement vers la lumière et son univers se fait plus serein. Même Songes (1891), une série de lithographies dédiées à son ami Armand Clavaud, qui s’est suicidé, est moins sombre que les précédentes. Il y est question de lueur et de « monde sublunaire ». A cette époque, il peint aussi des enfants, des jeunes filles et des thèmes religieux, Christ ou Bouddha. Les couleurs sont de plus en plus éclatantes, comme dans cet hommage à Gauguin qui explose de turquoise ou de vermillon. Il abandonnera complètement la gravure au tournant du siècle.

La dernière partie de l’exposition est consacrée aux travaux de fin de vie de Redon et à son travail essentiellement décoratif, mais je dois avouer que cela m’a nettement moins intéressée. Je vous conseille donc de passer plus de temps dans les premières salles !

Une belle exposition qui m’a beaucoup touchée et particulièrement les premières salles dont l’atmosphère mystérieuse, sombre, envoutante et poétique (presque burtonnienne… oui, j’aime les anachronismes mais c’est pas grave !) m’a touchée. Je vous la recommande chaudement pour ce week-end, foncez-y avant qu’il ne soit trop tard !

C’est où ?
Odilon Redon – Prince du Rêve
Galeries nationales du Grand Palais, entrée Clémenceau
Avenue du Général Eisenhower (8è) – M° Champs-Elysées-Clémenceau
Ouvert aujourd’hui et demain de 10h à 20h. L’expo se termine demain soir !

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Little Miss Chatterbox

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