Mes expos

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Hommage à « Metropolis » à la Cinémathèque Française

Petit billet culturel aujourd’hui pour vous parler d’une expo visitée il y a un moment mais qui était passée un peu à la trappe ici (je rattrape mon retard au fur et à mesure, mille excuses): Metropolis à la Cinémathèque Française.

Pour nous présenter cette exposition, la Cinémathèque a rassemblé un nombre impressionnant de documents (dont 800 superbes photos de plateaux) qui témoignent des secrets de tournage de la production épique et démesurée du dernier film expressionniste réalisé par Fritz Lang et tourné entre 1925 et 1926: Metropolis. C’est assez incroyable de se dire qu’il aura fallu plus de 300 jours et 60 nuits de tournage avec 750 acteurs et plus de 25 000 figurants pour terminer cette œuvre spectaculaire!

Le parcours nous emmène à la rencontre des différents univers du film: dans la « Cité des Fils » où l’on découvre les secrets de création d’une ville futuriste avec tout plein de photos du New York de l’époque (où Fritz Lang est allé puiser l’inspiration pour imaginer ses gratte-ciels vertigineux), parmi les somptueux costumes et les dessins préfigurant le gigantisme du projet, au milieu d’extraits, photos et croquis de la « Ville haute », de la « Ville ouvrière » et de la « Salle des machines » ou encore de scènes qui n’ont pu être réalisées faute de budget suffisant, etc…

L’expo met bien en lumière l’ingéniosité de Fritz Lang et les astuces pour réaliser les effets spéciaux à l’époque: les procédés du tournage sont décortiqués, comme pour la scène de la naissance du robot Maria où l’on voit de nombreux cercles lumineux se former autour du robot. C’est assez intéressant ! On y découvre aussi les multiples censures et critiques négatives reçues par le film du fait de son avant-gardisme dans les thèmes qu’il aborde (épopée du taylorisme, scènes effrayantes et prémonitoires du nazisme, affrontement entre la magie et l’occultisme…).

L’exposition est très bien construite, super complète et instructive. J’ai aimé en apprendre plus sur ce film mythique et tellement moderne qu’il aura influencé certaines des plus grosses productions américaines telles que Star Wars ou Superman ! Au delà de ça, je m’interroge tout de même sur l’intérêt de visiter l’expo si l’on ne connait pas DU TOUT le film car elle vaut surtout par la richesse des documents qu’elle présente et sa recherche fouillée autour de l’œuvre. J’ai bien peur que cette avalanche de détails ne paraisse un peu absconse à qui n’aurait pas vu le film (mais je me trompe peut-être).

De plus, j’avoue que je me suis sentie un brin frustrée par la scénographie adoptée. Pourtant, le sujet se prêtait bien à une mise en scène originale et futuriste (un peu comme ce qu’avait fait la Cinémathèque dans le cadre de l’expo sur l’expressionnisme allemand en 2006 où l’on pouvait se balader dans l’étrange décor du Cabinet du Docteur Caligari et les clairs-obscurs de M Le Maudit) mais les choix adoptés ici permettent difficilement de se réapproprier le film. Dommage.

En marge de l’exposition, ne ratez pas la rétrospective Fritz Lang qui dure encore jusqu’au 18 décembre prochain et qui propose notamment de voir sur grand écran la version intégrale restaurée de Metropolis (ce sera le 17 décembre à 21h45).

C’est où ?
Metropolis
La Cinémathèque Française
51, rue de Bercy – M° Bercy
Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 12h à 19h (nocturne le jeudi jusqu’à 22h) et le dimanche de 10h à 20h (entrée gratuite de 10h à 13h).
Tarifs: 6€/5€/3€
Jusqu’au 29 janvier 2012.

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Si vous avez besoin d’autres excuses pour vous rendre à la Cinémathèque Française, le planning des prochaines semaines (et mois) devrait vous réjouir:
* un cycle Clint Eastwood (du 9 décembre 2011 au 12 janvier 2012) : je me ferais bien Le Bon, la Brute et le Truand, Impitoyable, Sur la route de Madison ou encore l’Homme des Hautes Plaines sur grand écran et reverrais volontiers Million Dollar Baby ou Gran Torino !
* une rétrospective Steven Spielberg (du 9 janvier au 3 mars 2012) parce que j’ai grandi avec ses films et que voir (ou revoir) tous les Indiana Jones, Jurassic Park, E.T. ou La Liste de Schindler au cinéma me plairait bien !
* sans oublier, et j’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog: Tim Burton, l’exposition (qui aura lieu du 7 mars au 5 août 2012) dont la mise en vente des billets débutera le 9 décembre. A vos agendas !

« Samouraï » au Musée du Quai Branly

Expo découverte la semaine dernière et dont je voulais absolument vous parler: Samouraï, Armure du Guerrier au musée du Quai Branly.

Pour la première fois en Europe, le musée du quai Branly présente l’exceptionnelle collection d’armures de samouraïs réunie par Ann et Gabriel Barbier- Mueller. Cette exposition a pour objectif de faire découvrir au public l’univers du Japon ancien et la place qu’y occupa durant près de neuf siècles le guerrier samouraï. À travers 140 objets exceptionnels (armures complètes, casques, armes, caparaçons équestres utilisés tant pour les batailles que pour les cérémonies et parades…), elle nous invite à comprendre l’évolution de l’omote dogu (apparence extérieure et équipement du guerrier) du XIIe siècle au XIXe siècle, époque à laquelle la caste des guerriers au sang noble disparaît pour se fondre dans le Japon moderne.

On y apprend que les samouraïs appartenaient à l’élite intellectuelle de la société japonaise et pratiquaient souvent des disciplines contrastant avec la violence de l’art du combat, telles que la calligraphie, la poésie et la littérature. Leurs armuriers effectuaient pour eux un véritable travail d’artiste, créant des pièces d’une grande beauté et d’un grand raffinement dans le détail – les protégeant néanmoins au maximum lors des plus violentes batailles. Les armures des anciens guerriers japonais, en particulier les casques en métal laqué, aux ornements et cimiers souvent inspirés par la nature, avaient pour autres fonctions de signaler le statut du guerrier, de différencier chaque samouraï dans le chaos des combats, mais aussi d’effrayer l’ennemi sur le champ de bataille.

Le parcours de l’exposition, à la fois chronologique et thématique, est passionnant et hyper bien documenté. La scénographie adoptée met superbement en valeur l’attirail des samouraïs et les pièces présentées sont toutes vraiment magnifiques. Au-delà de la noblesse de l’apparat, il y a de l’onirisme, du rythme et du hors mesure dans ces spectaculaires armures de samouraï, elles sont très impressionnantes ! Je vous recommande chaudement de faire le déplacement, d’autant que l’expo est installée dans la mezzanine Est du musée, ce qui fait que vous pouvez sans aucun soucis aller vous balader dans les collections permanentes juste après.

Quelques images de l’expo pour finir, en espérant vous donner envie de vous y rendre :)




























C’est où ?
Samouraï, Armure du Guerrier
Musée du Quai Branly – Mezzanine Est
37, Quai Branly (7è) – RER Pont de l’Alma
Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 11h à 19h (et jusqu’à 21h les jeudi, vendredi et samedi).
Pour en savoir + sur les tarifs ou sur les horaires spécifiques pendant les vacances de Noël, c’est par .
Expo gratuite pour les – de 26 ans résidents de l’Union Européenne.
Jusqu’au 29 janvier 2012.

Expo coup de cœur: « Le peuple de Paris au XIXe siècle » au musée Carnavalet

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de l’une de mes expos « coup de cœur » de cette rentrée 2011: « Le peuple de Paris au XIXe siècle » au Musée Carnavalet.

L’exposition propose un voyage insolite au cœur du Paris populaire du XIXe siècle (un long XIXe siècle qui s’étend de la fin de la Révolution française à la Première Guerre mondiale), dans une capitale en pleine mutation, touchée par l’explosion démographique, la révolution industrielle et les transformations urbaines. Plongé dans les ruelles étroites et sinueuses, le visiteur part à la découverte d’une catégorie sociale majeure et d’une figure mythique de l’imaginaire parisien depuis la Révolution française. Tous les aspects de la vie quotidienne sont abordés, à travers une riche iconographie, puisée notamment dans les collections du musée Carnavalet, mais aussi des documents d’archives et des objets du passé issus d’une vingtaine d’institutions publiques. Au fil d’un parcours thématique, on découvre les conditions de vie et de travail des classes populaires : Comment se logeaient-elles ? Que mangeaient-elles ? Quels étaient leurs codes vestimentaires ? Leurs distractions ?

Le début de l’exposition s’interroge sur ce qui forge l’identité du peuple de Paris depuis le XVIIIe siècle et nous offre chronologie, cartes et maquettes, qui permettent de mieux cerner la topographie du Paris populaire. Armés de ces quelques repères, on constate que la capitale connaît alors de profonds bouleversements, avec l’extension de Paris en 1860 et les grands travaux menés par Haussmann sous le Second Empire, et poursuivis sous la IIIe République. L’ensemble des territoires populaires est évoqué, des quartiers centraux vétustes en passant par les faubourgs, et on nous explique qu’à ce moment là, le peuple de Paris, ce sont avant tout des provinciaux et des étrangers venus travailler en ville, souvent poussés par la misère.

Par la suite, bon nombre de salles sont consacrés au travail. A cette époque, au sein de la ruche parisienne, on voit que le travail ne manque pas. L’exposition nous présente plusieurs métiers essentiels dans l’économie de la capitale au XIXe siècle, depuis les « petits métiers » se pratiquant dans la rue aux métiers très qualifiés de l’atelier du grand centre.

Les salles suivantes tentent de reconstituer le quotidien du peuple, difficile à saisir tant les témoignages populaires sont rares. Vivre à Paris, c’est à la fois trouver un abri pour dormir, en cette période de grave crise du logement (dont les conditions sont souvent pénibles et caractérisées par un manque d’intimité, que l’on habite un « garni » ou un petit meublé), se nourrir, à une époque où l’alimentation occupe une grande part du budget d’une famille ouvrière, mais aussi se vêtir et prendre soin de son corps. L’une des salles s’articule d’ailleurs autour d’une immense vitrine centrale au sein de laquelle sont disposés quelques vêtements qui, par un jeu de transparence, sont mis en perspective avec les autres pièces présentées. La scénographie est vraiment réussie !

Très intéressant aussi: un long panorama, constitué des façades des maisons de la rue de Belleville prises par l’Union Photographique Française, permet de restituer l’atmosphère qui pouvait régner dans ce quartier en 1906. Les sociabilités de proximité, les manières de parler ou de se tenir sont autant d’indices des cultures populaires de la capitale. Même si les temps de repos sont brefs, on voit que le peuple s’amuse aussi et les récréations & plaisirs populaires sont simples : une promenade, de nombreux spectacles de rue, un verre au cabaret, une danse dans une guinguette de barrière, etc…

Le parcours se poursuit sur le thème de l’indigence. Sans être dans la misère noire, on estime à près d’un quart le nombre de Parisiens souffrant d’une précarité qui peut les faire basculer dans l’indigence au premier coup dur : la maladie, le chômage, les accidents du travail – contre lesquels il n’existe pas d’assurance – voire le terme du loyer tant redouté. Loin du pittoresque brossant une image idéalisée du peuple de Paris, l’exposition approfondit des pans souvent occultés de l’histoire de la capitale : les abandons d’enfant, la peur de l’hôpital, la vie dans les taudis et j’en passe.

Les dernières salles sont, quant à elles, consacrées aux peurs que fait naître le peuple au sein de la classe dirigeante. Le fantasme des « bas-fonds » révèle de nouvelles peurs sociales liées à l’urbanisation, à l’industrialisation et à la délinquance juvénile. La peur du crime – associée à une certaine fascination pour celui-ci – augmente au cours du XIXe siècle et alimente la vogue des faits divers de la Belle Époque. Le parcours s’achève sur les barricades et l’expo nous invite à redécouvrir quelques-unes des insurrections majeures qui ont jalonné le siècle : les trois Glorieuses de 1830, celles de février et juin 1848 et la Commune en 1871, dont les issues en ont fait des révolutions.

Si vous aimez l’Histoire en général et l’Histoire de Paris en particulier, si vous étiez fan des romans de Zola au lycée ou si, tout simplement, vous avez la curiosité de savoir comment vivait le peuple à Paris au XIXe siècle: foncez, cette expo vous plaira forcément ! En ce qui me concerne, j’adore cette époque. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien… Enfin, si, peut-être parce qu’au lycée, j’avais eu la curiosité de lire l’intégralité (oui, les 20 romans) (non, je n’avais pas de vie sociale) des Rougon-Macquart de Zola (ce que tous les lycéens détestent mais que j’adorais) et que du coup, cette période me semble un brin familière.

Bref, ce que je sais, en tout cas, c’est que cette exposition est passionnante et qu’elle apporte un éclairage tour à tour pittoresque, amusant, effrayant ou tragique sur le peuple de Paris au XIXe siècle. Je l’ai dévorée comme on dévore un bon roman, du début à la fin avec l’envie de m’attarder sur chaque pièce présentée et sur chaque encart explicatif proposé afin d’absorber le moindre détail donné sur la vie du peuple de Paris à cette époque. Pour tout vous dire, elle est tellement riche et complète qu’en 1h30, je n’ai même pas eu le temps de TOUT lire tant il y a à découvrir (mais c’est pas grave, car du coup, j’y retournerai… histoire d’être sûre de n’en avoir pas manqué une miette et pour la partager avec Uwe au passage !). C’est une exposition fascinante, enrichissante, super bien documentée et qui vaut vraiment le déplacement. A ne pas manquer !

C’est où ?
Le peuple de Paris au XIXe siècle
Musée Carnavalet
23, rue Sévigné (3è) – M° Saint-Paul
Ouvert tous les jours (sauf le lundi et les jours fériés) de 10h à 18h.
Tarifs: 7€/5€/3€50
Jusqu’au 26 février 2012.

« Sempé, un peu de Paris et d’ailleurs », à l’Hôtel de Ville

Mini billet en ce dimanche pour vous parler de l’exposition consacrée au génial dessinateur Sempé qui a très récemment ouvert ses portes à l’Hôtel de Ville et que j’ai eu le plaisir de visiter il y a quelques jours !

L’exposition s’appelle Sempé, un peu de Paris et d’ailleurs, c’est la première rétrospective parisienne consacrée à ce dessinateur de génie et elle nous invite à découvrir un artiste, à la fois discret et familier, et à redécouvrir la finesse et la délicatesse de son trait unique, teinté d’humour, de tendresse et de mélancolie. Plus de 300 dessins originaux, accompagnés de textes de Jean-Jacques Sempé himself, donnent au visiteur l’occasion d’apprécier la virtuosité d’une œuvre très riche à mi-chemin entre humour et poésie.

L’expo nous propose de flâner au milieu de son incroyable univers, entre Paris et New York, à travers ses premiers dessins de presse (depuis les débuts dans Sud-Ouest jusqu’à l’apothéose du New Yorker, en passant par L’Express, Match, Télérama…) mais aussi ses diverses collaborations (du Petit Nicolas à L’histoire de Monsieur Sommer). Chacun dessin présent dans cette exposition illustre à merveille le fameux « art de dire tout avec presque rien » dans lequel Sempé excelle. Son œuvre est inclassable, tour à tour pleine de tendresse, de poésie, d’ironie, d’humour et de délicatesse.

J’y ai beaucoup apprécié sa vision de Paris : de longues percées haussmanniennes avec de somptueuses perspectives, des ombres immenses et des trouées de lumière ! Et puis cette foule, toujours très dense et fourmillante, mais où chaque personnage raconte une histoire : une petite dame claudiquant dans les jardins du Luxembourg, un marchand de cycles qui ne sait pas faire du vélo, un garnement à rollers avec un téléphone vissé à l’oreille, un propriétaire au balcon, satisfait, moustache et cravate au vent… Mais aussi celle de New York et notamment les sublimes couvertures du New Yorker et le magnifique tableau (présent ci-dessous), mélange d’encre de Chine, d’aquarelle et de gouache, dans lequel un chat contemple la ville et ses buildings à travers une fenêtre. Je veux en trouver une reproduction et la mettre dans mon salon !

Et puis, j’ai aussi aimé cette exposition pour des raisons très personnelles car elle a été une véritable madeleine de Proust pour moi. J’avais complètement oublié qu’autrefois, l’une de mes grand-mères avait tout un tas de recueils de dessins de Sempé et qu’un été, quand j’étais vraiment très petite, j’avais passé un temps fou à tous les lire en entier ! C’est en m’attardant devant quelques dessins exposés à l’Hôtel de Ville que tout est revenu… Ok, vous vous en foutez, mais j’avais envie de le dire quand même ! Nah ! ;)

Une fois encore, la nouvelle expo proposée par l’Hôtel de Ville de Paris est donc aussi surprenante que riche, très complète et intéressante, je vous la recommande sans aucune hésitation. En ce qui me concerne, j’ai même déjà noté dans mon agenda les 2 prochaines expos qui y seront présentées: Doisneau Paris Les Halles (du 2 février au 28 avril 2012) et Paris vu par Hollywood (d’avril à juillet 2012). De futurs bons moments en perspective !

C’est où ?
Sempé, un peu de Paris et d’ailleurs
Hôtel de Ville – Entrée salle Saint-Jean
5, rue de Lobau (4è) – M° Hôtel de Ville
Ouvert tous les jours sauf dimanches et fêtes de 10h à 19h, jusqu’au 11 février 2012.
Entrée gratuite.

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