De l’Art

Page 3 sur 612345...Last »

Balade au Musée de l’Orangerie

J’ai découvert ce musée pour la première fois lors de sa réouverture après travaux il y a 3 ans. Situé dans le jardin des Tuileries, le musée de l’Orangerie est, comme qui dirait, divisé en deux parties. Au sous-sol, il abrite la collection Jean Walter et Paul Guillaume, cédée à l’État à condition qu’elle ne soit pas dispersée. Elle a rejoint les huit immenses compositions des Nymphéas que Monet a offert à la France en 1922 et qui sont installées, depuis 1927, dans deux grandes salles ovales spécialement aménagées sur les indications du peintre pour les recevoir.

orangerie1

Les deux salles ovales qui exposent les 8 panneaux  des Nymphéas permettent une immersion totale et profonde dans l’œuvre, presque comme si on était vraiment dans le jardin d’eau de Monet à Giverny (que j’ai visité récemment si vous vous en souvenez). L’ouverture sur le ciel et les changements de couleurs dues à la lumière rendent une impression de vie assez phénoménale. On peut y rester des heures sans jamais voir la même chose… C’est un endroit sublime.

Monet1
Monet2_bis
Monet2
Monet3

Et regardez-moi ces couleurs…

Monet_couleurs

La collection Walter-Guillaume est, quant à elle, installée dans les murs de l’Orangerie depuis les années 60. Elle a été léguée à l’Etat en 1984 par Domenica Walter, femme du marchand d’art et collectionneur Paul Guillaume et donc héritière de sa collection personnelle jusqu’à sa mort. Cette collection regroupe 144 tableaux  de la fin du XIXe et de la première moitié du XXe siècle, parmi lesquels des oeuvres de Modigliani, Renoir, Soutine, Cézanne, Matisse, Laurencin, Picasso, Derain, Utrillo et du Douanier Rousseau.

Il y a peu de toiles finalement, mais ce qui est sûr c’est que la collection est superbe et la muséographie, où la lumière naturelle joue un grand rôle, sert parfaitement les œuvres. On y retrouve le côté avant-gardiste des choix de Paul Guillaume au début du siècle et je ne m’en lasse pas. Ci-dessous, 2 exemples de tableaux qu’on y retrouve et que j’aime bien pour des raisons différentes. Un portrait de Paul Guillaume (« Novo Pilota ») par Modigliani et « Arlequin et Pierrot » de Derain.

collec2 collec3

Ma salle préférée dans cette partie du musée est sans aucun doute la petite bleue au fond, à droite, consacrée à quelques œuvres de Marie Laurencin dont j’adore les toiles: quelle délicatesse dans le trait, et cette mélancolie dans les couleurs… J’aime beaucoup ce portrait de Coco Chanel (entre autres), plein de douceur et de mystère, avec ces yeux noirs (de simples tâches noires en fait) pourtant si expressifs !

collec1

C’est où ?
Musée de l’Orangerie
Jardin des Tuileries – Place de la Concorde (1er) -M° Concorde
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 9 h à 18 h.

« Une image peut en cacher une autre » au Grand Palais

afficheÇa faisait un moment que je voulais voir « Une image peut en cacher une autre », la seconde grande expo du Grand Palais cette saison (la première c’est la rétrospective Warhol dont je vous parlais ici) et j’ai profité de ces derniers jours pour enfin satisfaire ma curiosité !

De prime abord, on pourrait croire que cette expo se contente d’accumuler les calembours visuels: une suite de purs jeux d’optique ou d’ombres pour étonner les petits et les grands. Certes, on s’émerveille devant ces tours de peintres prestidigitateurs, virtuoses truqueurs soucieux de plaire en déroutant notre œil; on rit de cette médaille de 1540 où la tête de l’Arétin est composée de phallus; on s’enivre à suivre les escaliers sans fin de Piranèse et d’Escher. Et c’est tant mieux ! Qui prétendrait ne pas s’amuser à dénicher la ­forme cachée dans l’apparence de ces quelques 250 peintures, sculptures, objets d’art, cartes postales, estampes ou films ? Ils composent une autre histoire de l’art, de la préhistoire au temps présent, tout en mettant en évidence des thèmes et motifs récurrents comme le paysage anthropomorphe, l’analogie entre visage et torse, l’ambiguïté sexuelle, l’illusion spatiale ou encore l’interprétation de taches (comme dans le test de Rorschach).

arcimboldo

Tout le monde connaît les maîtres des images multiples: Arcimboldo et ses portraits composites (dont certains sont aussi réversibles) et le maître moderne de l’image ambiguë, Dalí. Et bien figurez-vous qu’ils ne sont pas les seuls à avoir utilisé ce procédé.  De nombreuses autres œuvres où apparaissent des images multiples existent mais ne sont connues que depuis peu du fait qu’on s’est longtemps méfié du caractère subjectif de leur reconnaissance, préférant souvent les attribuer au hasard. L’exposition du Grand Palais ne présente donc que des œuvres qui font l’objet d’un consensus et pour lesquelles ont pense que l’ambiguïté a été consciemment voulue par l’artiste.

Dès les premières salles, elle porte notre attention sur la diversité des artistes jouant avec la perception visuelle du spectateur. Le plaisir de découvrir des peintures  magnifiques (pour certaines) est au rendez-vous, mais pas seulement, l’expo a avant tout un intérêt ludique et a pour but de rendre le spectateur actif.  Et de ce point de vue, c’est plutôt très réussi: on cherche les visages, les corps et les profils qui se dissimulent derrière un nuage ou un rocher. Mais cette partie de cache-cache n’est finalement qu’une mise en bouche avant la suite de l’exposition.

dali

La salle des anamorphoses nous invite à explorer les tableaux de plusieurs points de vus, à tourner autour pour y chercher différents sens. On y découvre par exemple l’extraordinaire « Nu Féminin » de Dalí qui se regarde avec un cylindre, ou la représentation en accordéon de Jésus et Marie par l’Ecole de Guido Reni. L’exploration continue ensuite avec d’autres tableaux de Dalí comme « L’Enigme sans fin », que je vous ai mis ci-dessus et qui ne cesse d’interroger le regard. Puis, les paysages-visages apparaissent, avec l’utilisation du corps et du désir pour donner vie à des toiles étranges, comme « Le viol » de René Magritte (ci-dessous) ou « La demoiselle accroupie » de Picasso.

magritte
Une des œuvres les plus extraordinaires est la « British Wildlife » de Tim Noble (ci-dessous), qui représente un édifice savamment confus d’animaux sauvages, et qui par un effet d’éclairage révèle deux profils sensuels l’un contre l’autre ! L’expo se termine ensuite sur une note d’humour avec les extraordinaires et bluffantes anamorphoses tridimensionnelles du suisse Markus Raetz.

noble-wester_466
Cette exposition est une occasion inédite de revisiter l’œuvre de nombreux artistes et d’en découvrir les dessous les plus inattendus. C’est vraiment très ludique, un peu comme une sorte de « Où est Charlie ? » géant (vive les références, mais avouez que vous adoriez le chercher Charlie, et même encore maintenant ?!) où l’on s’amuse un peu et où l’on apprend beaucoup (quel sens de la formule, n’est-ce-pas ?! humpf). Je vous conseille évidemment de prendre l’audio-guide, ou encore mieux de le télécharger ici avant votre visite, c’est indispensable pour saisir toutes les subtilités qui n’apparaissent pas forcément à l’œil non expert lors de la découverte de l’expo.

C’est où ?
« Une image peut en cacher une autre »
Galeries nationales du Grand Palais
Square J. Perrin (8è) – M° Champs-Elysées-Clémenceau
Ouvert tous les jours (sauf mardi) de 10h à 22h et le week-end jusqu’à 23h.
Jusqu’au 6 juillet.

Warhol au Grand Palais

La plus grande rétrospective du travail d’Andy Warhol se tient actuellement à Paris au Grand Palais, jusqu’au 13 juillet 2009. C’est l’une des expositions de la saison à ne pas manquer. La galeries nationales du Grand Palais semblent avoir pris, pour l’occasion, un petit air de la célèbre Factory de l’artiste !

Après quelques explications sur la vie de l’artiste, né en 1929 en Pennsylvanie de parents slovaques, on découvre son vaste travail qui consista principalement à « tirer » des portraits en tout genre. Ceux qui n’aiment pas les portraits risquent donc fort de ne pas apprécier…

andy_warhol

Cette expo nous fait découvrir la multitude de portraits sérigraphiés (pour la plupart, des commandes) des « Beautiful People » de l’époque, Marylin Monroe, Elizabeth Taylor, Jackie Kennedy, Mick Jagger (…) sans oublier le milieu des affaires, les galéristes, les hommes politiques (voir l’impressionnante salle avec les Mao !), mais aussi certaines photos originales prises avec son célèbre Polaroïd. On y découvre un Warhol extraverti, obsédé par ses auto-portraits (j’ai adoré ses auto-portraits en Drag Queen) et la perfection en général. Ses portraits cherchent à mettre en valeur l’expression la plus parfaite de ses modèles: élimination des défauts, bouches plus pulpeuses…

warhol_marilyn

« Le Grand Monde d’Andy Warhol » est très riche en œuvres (environ 250 parmi lesquelles ses œuvres plastiques, ses photos, ses magazines et même des extraits vidéos) qui proviennent des musées et collections privées du monde entier. Même les célèbres « Piss Painting » sont présentes – peintures réalisées grâce à l’oxydation de l’urine sur le métal – que l’on peut découvrir notamment au travers des portraits de Jean-Michel Basquiat (que je vous ai mis ci-dessous). Le brillant des portraits à la poudre de diamant (comme celui Giorgio Armani) ajoute également une nouvelle dimension à l’œuvre de Warhol.

warhol_piss_painting

Vers la fin de sa vie, l’artiste se consacra aux médias pour étendre son empire. Il créa la revue d’art “Interview” (où David laChapelle fit ses premières armes) et son émission de télévision sur MTV. Ses dernières créations représentent principalement des industriels ou des personnalités fortunées: il faut savoir qu’il avait toujours les mêmes tarifs: 25 000$ le portrait puis 15 000$ les déclinaisons. Wow ! Andy Warhol, maître absolu du Pop Art a marqué son temps par son talent mais est aussi célèbre pour avoir associé sans complexe art et gros sous-sous. C’est sûrement même l’un des pionniers de l’industrie culturelle contemporaine.

jagger

Et puis à la fin de l’expo, il y a des œuvres un peu méconnues, un peu sombres, l’autre face d’Andy Warhol en quelque sorte… loin des couleurs pop qu’on lui associe systématiquement. Des interprétations plus personnelles qui ne laissent pas le visiteur indifférent: on adhère ou on déteste, on accroche ou on néglige, mais on ne peut rester de marbre.

grand_monde_andy_warhol2_1

La scénographie de l’expo est plutôt bien faite, et le nombre d’œuvres exposées nous offre une vision assez complète de l’approche du portrait par Warhol. En revanche, le peu d’explications peut décontenancer et en décevra certains, c’est évident. C’est pour cette raison que je vous recommande chaudement de télécharger l’audioguide sur le site du Grand Palais, avant de vous y rendre.

En ce qui me concerne, cette expo m’aura permis de me rendre compte que je ne connaissais pas grand chose du « Pope of the Pop », finalement. Et force est de constater que j’ai appris pas mal de choses, merci à l’audioguide (et à Poleen, aussi !).

C’est où ?
Le Grand Monde d’Andy Warhol
Grand Palais
3 avenue du Général Eisenhower (8è) – M° Champs-Élysées Clémenceau
Fermé le mardi, ouvert de 10h à 22h.
Jusqu’au 13 juillet  2009.

Vernissage AAF: le mini compte-rendu.

Comme je vous le disais il y a 2 jours, je me suis rendue hier soir au vernissage de l’Affordable Art Fair, à l’Espace Champerret dans le 17è. Pour tout vous dire, j’avais légèrement la flemme de m’y rendre sachant que l’Espace Champerret est à l’autre bout de Paris par rapport à chez moi, mais ça valait largement le déplacement.

affiche

Force est de constater qu’on était vraiment hyper bien accueillis hier soir à l’AAF de Paris: coupes de champagne Nicolas Feuillate à volonté (qui n’ont pas acheté mon jugement, je vous rassure mouahahahah), glaces Magnum à foison pour nous rafraichir, wine bar, des magazines d’art et de design géniaux à récupérer de partout et surtout des stands vraiment très intéressants. Petit coup de cœur pour le stand Art and You qui présente des artistes vraiment passionnants, notamment Chinart (un collectif d’artistes chinois vraiment prometteurs), A2jus qui propose de très belles créations et Nekomori (en photo ci-dessous), un univers créé par Marion Baylé, inspiré des mangas et décliné en pochettes, coussins, badges… J’adore !

Nekomori

J’ai passé un bout de soirée très sympa, à naviguer entre les stands, à découvrir des artistes contemporains résolument originaux. J’ai même eu quelques coups de cœur pour des œuvres présentées par certaines galeries, notamment la Maison des Muses qui est à Rueil-Malmaison et la galerie Envie d’art (qui est dans le 8è) -particulièrement pour les œuvres de Corinne Dalle Ore. Je les mets pour le moment de côté (les œuvres qui m’intéressaient étaient mises à prix entre 1000 et 2000€), mais je ne les oublie pas.

ny

C’est où ?
AAF
Espace Champerret, 2 avenue de la Porte Champerret (17è) – M° Porte de Champerret
Ouvert jusqu’au 7 juin, de 11h à 20h. Nocturne ce soir jusqu’à 22h.
Et pour ceux qui seraient intéressés, voici une offre pour obtenir une place offerte pour une place achetée !

Page 3 sur 612345...Last »

Little Miss Chatterbox

Suivez moi aussi par ici …

instagram