Dans mon iPod

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Ma playlist… de ces derniers mois

Shame on me… ! Ca fait des mois que je ne vous ai pas parlé musique et pourtant ce n’est pas faute de découvertes et autres coups de cœur pour les nouveaux albums qui sont sortis depuis. Du coup, petit tour d’horizon en images de ce qui a fait vibrer (ou pas) mon Ipod ces derniers mois.

Du très bon :
Amos_Lee Bon_Iver Moriarty Mraz
* Amos Lee, Last days at the lodge
Manque d’objectivité flagrant ici vu que je suis fan du monsieur depuis plus de 5 ans, maintenant. Encore un très bel album qui m’a séduite, je ne peux me lasser de sa voix douce et chaude et de sa soul/folk à vous en coller le frisson.
* Bon Iver, For Emma, forever ago
Portés par la délcieuse voix à fleur de peau de Bon Iver, les 9 titres de cet album forment une cathédrale de mélancolie suave et satinée, vacillant sans cesse entre affliction et apaisement, mélancolie champêtre et songwriting délicatement évocateur. Des arrangements à tomber et une grâce palpable à tous les étages sur cet album enregistré en solitaire durant 4 mois d’isolement créatif. Un album somptueux et lumineux, comme un sorte de doux apaisament pour l’esprit et les oreilles.
* Moriarty, Gee Whiz but this is a Lonesome Town
Entre Johnny Cash, Kelly Joe Phelps et Cat Power, voici Moriarty, qui nous ballade dans un univers nocturne, folk blues, avec la voix rêveuse de Rosemary. Une musique entre folk moderne et country revisité, qui nous fait voyager dans l’espace et le temps. J’adore.
* Jason Mraz, We sing, we dance, we steal things
Jason Mraz et sa guitare, sa voix douce, son optimisme, c’est tout ce qu’il faut quand la musique nous sert d’exutoire. Sa philosophie? Profiter de la vie et de ce qu’elle nous offre, et ça se ressent très bien dans cet album à travers des chansons légères et enjouées, qui font beaucoup de bien en plein coeur de l’hiver et apportent une dose d’apaisement et de bonne humeur, même dans les chansons les plus mélancoliques.

Du vraiment pas mal :
Sara_Bareilles picard grace mcdonald
* Sara Bareilles, Little Voice
Beaucoup de versatilité chez cette artiste. Une superbe voix sur des textes sympas et pas trop compliqués (un peu faciles, diront les mauvaises langues). Plein de styles différents (pop, jazzy, funky, un peu blues même sur un titre). C’est super frais et même si ça manque un peu d’originalité, j’aime bien !
* Pascale Picard, Me, myself and us
La bonne surprise de l’été dernier, que j’ai découvert un peu plus sur le tard. J’avais aperçu la demoiselle à la télé: un ptit bout de femme pétillante, « enchantante » et enchanteuse. L’album est à son image : pétillant, sans chichis, généreux. On revient à l’origine de la musique pop-folk : un guitare et voix. Vive la simplicité !
* Grace Jones, Hurricane
Un beau disque, dans la veine de ses meilleurs morceaux; le travail de Sly & Robbie, Tricky, Brian Eno et Tony Allen constituent un écrin luxueux s’adaptant parfaitement à la forte personalité de de Grace Jones !
* Amy McDonald, This is the life
Cette Amy c’est pas un cru phénoménal mais c’est tout de même pas mal, à l’image de l’entetant « This is the life »; une fois que tu l’as dans la tête, c’est mooooort !

Morrison oasis the_verve foals

* James Morrison, Songs for you, Thruths for me
C’est pas de la grande musique, mais j’ai de la sympathie pour cet artiste. L’atout majeur de cet album est de parvenir à se différencier nettement de son prédécesseur. On reconnait l’ambiance chaude de l’univers de James Morrison, mais contrairement au premier essai, ce second se situe bien moins dans les tons rock pour se concentrer vers une musique bien plus pop. En ressort un album bien plus calme, bien plus doux et forcément bien plus intimiste, sublimé par la voix rauque de l’artiste.
* Oasis, Dig Out Your Soul
L’écoute révèle un disque davantage nourri par le rock US que par la brit pop, et les quelques séquences psychédéliques qui jalonnent les onze titres lui donnent un petit côté aventureux. De plus, à plusieurs reprises, on discerne très bien un Oasis notoire, très enthousiasmant avec guitares mordantes et refrais adhésifs. A écouter sans modération !
* The Verve, Forth
Textes psychédéliques, musiques délicieusement léchées et so british: The Verve is back ! C’est pas ce qu’ils ont fait de mieux, mais c’est quand même pas mal. Les titres sont longs, étirés parfois à l’excès, et pourtant le groove puissant du psyché rock de The Verve fait encore régulièrement mouche !
* Foals, Antidotes
Foals réussit la prouesse de réaliser un album qui part dans toutes les directions tout en restant cohérent et impose dès lors une véritable identité musicale. Une telle démarche me fait penser à The Cure. Les titres sont variés, mais ont tous la même « griffe ». L’ensemble est d’une qualité homogène, plutôt bonne, mais il manque deux trois titres en béton armé qui auraient pu donner encore plus de relief à « Antidotes ».

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* Thomas Fersen, Trois petits tours
Pourquoi en vouloir à Thomas Fersen de faire du Thomas Fersen ? J’ai lu un peu partout des commentaires un peu blasés sur ce nouvel album. Pour ma part, je trouve que l’écoute de ce disque ne laisse, pour la fan de la première heure que je suis, aucun ennui. Si bien sûr cela ressemble à ce qu’il fait d’habitude, il y a toujours un son, un instrument, une mélodie, un texte qui attire l’attention. Ce n’est jamais vraiment pareil, et c’est toujours aussi vivant, entraînant, gai et chaleureux. Certes, c’est pas ce qu’il a fait de mieux, on est loin de la « Pièce Montée des Grands Jours », mais j’aime tellement son univers que finalement, je lui passe tout !
* Vincent Delerm, Quinze chansons
Il aurait du appeler ça « Quinze idées de chansons » car il y a 3 ou 4 chansons terminées mais pour le reste c’est à l’auditeur de remplir les pointillés. Ce qui est paradoxal, c’est que les chansons qui semblent les plus abouties (« North avenue », « Tous les acteurs s’appellent Terence », « Allan et Louise ») ne sont pas les plus emballantes. Par contre, il y a des petits moments bien sympathiques dans les plages de l’album que je vous laisse le soin de découvrir…
* Bénabar, Infréquentable
J’aimé énormément l’artiste mais je ne peux m’empêcher de ressentir de la déception à l’écoute de ce dernier album. Où sont donc passées les trouvailles d’une ironie pleine de finesse, de tendresse,et de justesse, de ses premiers albums ? Les textes sont de moins en moins percutants, de moins en moins travaillés,  et sans doute, donc, de moins en moins plaisants… Je suis curieuse de voir la suite !
* Coralie Clément, Toystore
La sœur de Benjamin Biolay, qui fait des choses plutôt sympas et que je découvre seulement à travers son 3è album. Son frère lui a concoté un album serti d’ukulélé, de tambourin et de toucan. Le ton est léger, la voix aérienne et fragile. Pour l’écouter, c’est par ici.

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* Herman Dune, Next Year in Zion
Effectivement, le groupe s’est disloqué et on attendait au tournant les derniers de ses survivants. Nul doute à avoir sur le génie créatif des restants : un opus amplifié de bongos et autres percussions, d’un sublime choeur féminin qui aère les compositions du groupe, qui s’inscrit dans une droite lignée néo-baba ! Enregistré dans les conditions du direct en enrichi de cuivres, leur opus séduit par sa nonchalance californienne.
* Vampire Weekend
A l’heure où l’on essaie de faire croire au monde libre que les Arctic Monkeys et les Babyshambles vont sauver le monde, Vampire Weekend vient discrètement réinventer une syntaxe pop avec un sens de l’économie et du cheap que l’on pensait disparu depuis au moins les Papas Fritas. Qu’ils en soient remerciés !
* The Ting Tings, We started nothing
Il faut garder en tête que c’est de la pop: on goûte, on apprécie rapidement et on consomme sans retenue. L’arrière goût acidulé reste sur la langue un temps et on finira par goûter autre chose. Les morceaux sont malgré tout variés et démontrent déjà l’originalité du duo, sorte de duo Meg & Jack White version pop ! Energie, attitude branchouille et sex-appeal flashy rendent ce disque très enthousiasmant !
* The Virgins
Très très sympa, un peu dans la veine de MGMT comme je l’ai lu partout, mais en mieux (beaucoup beaucoup mieux) que vous pouvez écouter sur leur myspace.
* Fleet Foxes
On a beaucoup comparé cet album aux albums post-pet sounds des Beach Boys. Ici, pas de sons fabriqués avec des consoles sophistiquées, c’est du fait maison et ça s’entend. Il est vrai que là ou l’on retrouve le plus les Beach Boys, ce n’est pas au niveau des compos mais au niveau des harmonies vocales. On laissera débattre de l’utilité et de l’apport du groupe à la musique pour se limiter au pur aspect esthétique de la chose. Et pour le coup, ça sonne bien, ça sonne beau et ça me suffit. De très beaux chants sur des compos solides: sans crier au génie, on peut au moins apprécier l’effort.

Du moins bon :
anais Raphael
* Anaïs, The love album
J’avais déjà eu un peu de mal avec le premier, que j’avais trouvé certes assez drôle et désopilant à la première écoute mais qui ensuite, perdait toute sa saveur. Dans ce nouvel album, on sent qu’Anaïs se cherche et on dirait qu’elle ne m’a pas trouvée.
* Raphaël, Je sais que la terre est plate
Y’a pas que la terre qui est plate, ton album aussi ! Déçue je suis, car j’avais beaucoup aimé « Caravane »… tant pis !

Pas encore écouté :
ACDC Cure bloc_party
AC/DC, Black Ice
The Cure, 4:13 Dream
Bloc Party, Intamacy
D’ailleurs j’attends vos avis sur les albums en question si vous avez pu les écouter !

Beaucoup de bonnes choses pour 2009 sont en préparation, sinon :
Un nouvel album de Noir Désir est au travail, en attendant vous pouvez télécharger gratuitement 2 titres sur leur site. On attend également de pied ferme les nouveaux albums de Robbie Williams (groupie rules… enfin j’espère qu’il fera mieux que le très décevant « Rudebox »), de U2 et du génialissime -M- ! Ce sera d’ailleurs la dernière apparition de -M- avant d’être enterré par son génial créateur. Un nouvel album ne devrait pas tarder à voir le jour et une tournée serait envisagée, avec comme bouquet final un concert au Parc des Princes ! Hâte de voir ça !

Très bientôt dans cette catégorie: la musique que j’écoute en ce moment (ouf, il serait temps !).

Gainsbourg à la Cité de la Musique

afficheAprès Lennon, Hendrix, Pink Floyd…, c’est au tour de Serge Gainsbourg d’être honoré par la Cité de la Musique, dans le parc de la Villette de Paris, sa ville de toujours. Les expos sur la musique sont toujours un exercice délicat. Difficile en effet de retranscrire dans une installation par définition statique, le mouvement, le rythme et l’animation que l’on peut retrouver dans une composition musicale. Pourtant, c’est le pari auquel s’est attaqué Frédéric Sanchez, le commissaire de l’exposition.

Je ne cesse de m’extasier depuis des années devant le génie artistique de Gainsbourg, alors autant vous dire que je me réjouissais de cette exposition. Pour peu qu’on n’ait lu aucune des nombreuses biographies lui ayant été consacrées depuis sa mort, on apprend pas mal de choses.
Graphiquement et structurellement, Sanchez a décidé de capitaliser doublement sur l’idée du collage kaléidoscopique réalisé par l’artiste belge Stefan de Jaeger dans les années 70, qui donne son affiche à l’exposition (à gauche ici). Choix judicieux pour un artiste aux multiples facettes, à la fois auteur, compositeur, interprète, musicien, acteur, réalisateur, peintre, écrivain… En cela, Gainsbourg était d’ailleurs bien le digne héritier de Boris Vian, dont il s’inspira très largement par son attitude générale de dandy au cynisme détaché, ne masquant pas toujours un sentimentalisme d’écorché vif et surtout par l’espèce de « mausolée » qu’il se constitua de son vivant dans son fameux hôtel particulier de la rue de Verneuil, directement inspiré de l’appartement de Vian (ce que l’exposition rappelle fort judicieusement).

gainsbourg

La scénographie de l’expo adopte donc le principe des piliers à quatre faces présentant photos, vidéos et textes explicatifs de plusieurs facettes de son œuvre, respectant un cheminement assez strictement chronologique qui, s’il n’est pas d’une folle originalité, a le grand mérite d’associer influences et activités artistiques de Gainsbourg à différents moments clés de sa vie.
Quatre bornes principales rythment ici son parcours: la période bleue, de 1958 à 1964, celle des débuts « rive gauche » ; les idoles, de 1965 à 1969, celle des chansons yéyé puis pop ; la décadanse, de 1969 à 1979, celle d’un certain repli intérieur ; puis Ecce homo, de 1979 à sa mort, où Gainsbourg cède peu à peu la place à Gainsbarre, son Mr Hyde à lui. Ces divisions se subdivisent elles-mêmes en différents moments/rencontres clés de sa vie: Bardot, la pop anglaise 60’s, Birkin, le punk, le reggae…

Une très judicieuse œuvre sonore (créée par Frédéric Sanchez à partir des textes de Gainsbourg lus par ces artistes qui ont à un moment croisé sa vie ou qui l’ont inspiré: Vanessa Paradis, Bambou, Alain Chamfort, Isabelle Adjani, Jane Birkin, Charlotte Gainsbourg, Catherine Deneuve, Jacques Dutronc, Lulu…) accompagne le tout et contribue à donner à l’expo une vraie ambiance.

Mais le vrai trésor de l’exposition est certainement la grande vitrine longeant toute la longueur de l’exposition dans laquelle sont exposés plusieurs effets ayant appartenu au chanteur. Autoportrait, manuscrits, partitions, fiche d’inscription à la Sacem, dictionnaire de rimes, collection de médailles de police… C’est vraiment dans cette partie de l’exposition qu’on a l’impression d’approcher le bonhomme de vraiment près. Cerise sur le gâteau, trône au milieu de l’exposition la sculpture « L’homme à la tête de chou » acheté à l’artiste Claude Lalanne et qui inspira le superbe concept-album du même nom.

gainsbourg

Cette exposition, même si elle n’est pas parfaite (mission impossible), aura au moins le mérite de plaire aux fans de l’artiste et permettra aux autres de le découvrir sous ses multiples facettes. Au-delà de ça, elle m’a vraiment donné envie de voir s’ouvrir un musée au 5 bis rue de Verneuil (7è), dans son ancienne maison.

Tiens, et pour finir, je ne sais pas si vous le saviez mais Joann Sfar (le dessinateur du « Chat du Rabbin », entre autres) tourne actuellement une sorte de « biopic », probablement plus poétique que réellement biographique, Serge Gainsbourg : vie héroïque, pour lequel le comédien Eric Elmosnino s’est fait une assez stupéfiante tête de l’emploi. On annonce également pour le reste du casting: Laetitia Casta en Brigitte Bardot, Anna Mouglalis en Juliette Gréco, Mylène Jampanoï en Bambou, Sara Forestier en France Gall, Philippe Katerine en Boris Vian ou Yolande Moreau en Fréhel ! Et qui pour jouer Jane B. ? Mystère…

C’est où ?
Gainsbourg 2008
Cité de la Musique
211, avenue Jean Jaurès (19è) – Porte de Pantin
Plus d’infos sur le site.
Jusqu’au 1er mars 2009.
Ouvert du du mardi au jeudi, de 12h à 18h, vendredi et samedi de 12h à 22h, dimanche de 10h à 18h et les soirs de concert, jusqu’à 20h.
Tarifs: 8€ ou 5,60€ pour les moins de 28 ans.

Ma musique du moment

Comme ça faisait longtemps, petit tour d’horizon des albums que j’écoute pas mal en ce moment:

+++ Thom Yorke – The Eraser:

Thom Yorke, voix du groupe cultissime Radiohead s’en est (momentanément) allé en compagnie du fidèle producteur Nigel Godrich pour signer « The Eraser » chez XL Recordings. Il n’en a pas pour autant tiré un trait sur son passé.
Au départ, on n’y comprend rien, comme à peu près tous les albums de Radiohead. Et puis, rien à faire, on s’accroche, et après l’avoir écouté plusieurs fois, on se prend à réaliser que, là encore, Thom Yorke est « simplement » génial. Oui, Thom Yorke est un génie…il plane sur la musique, il est dans une autre constellation, il se réinvente sans cesse pour nous surprendre et émouvoir (pour notre plus grand bonheur évidemment!). On ne peut s’empêcher de passer le CD en boucle afin d’en saisir tout les détails surprenants.

Comme annoncé, l’album est principalement taillé dans une belle étoffe électronique. Les boîtes à rythmes parfois agressives, mais plus souvent feutrées, imposent leur bringuebalance, pendant que les synthés dernier cri modulent leurs mélodies enveloppantes ou leurs micro-fréquences bondissantes. Bien qu’envahi par les machines (l’album « Kid A » en ligne de mire), le projet demeure davantage accessible… qu’un disque de Radiohead. Ce paradoxe, s’il existe, se résorbe à l’écoute des paroles magistralement interprétées par Thom Yorke.

Le texte conserve en revanche une noirceur paranoïaque : menaces climatiques, effacement de l’espèce humaine(…) le chanteur est plus que jamais névrosé par le train de vie occidental. Ailleurs, c’est l’urgence de la mission écologique planétaire qui le tracasse. Juste après, « The Clock » explicite l’imminence du compte à rebours par son rythme (op)pressant. L’interprétation retenue et sans fard confère aux paroles la force du désenchantement. Sans tourner à l’ascétisme ou l’abstraction, le songwriting engagé occupe une place de choix dans cet album. L’orientation vaguement rock de morceaux tels que « And It Rained All Night » et « Harrowdown Hill » rappelle les hauts faits du quintet d’Oxford, la batterie de Phil Selway en moins.
Une vraie réussite.

+ Charlotte Gainsbourg – 5 :55:

Après « Charlotte For Ever » sorti en 1986, Charlotte Gainsbourg revient faire un petit tour dans la chanson. Pour peu on se croirait à la même époque : les mêmes ritournelles lancinantes, les mêmes rythmiques obsédantes. L’osmose entre un univers qui fait désormais partie de notre patrimoine (celui de Serge) et celui d’un groupe qui compose habilement sur ses traces, et qui s’en inspire allant même jusqu’à reproduire avec virtuosité le schéma musical de « Bonnie and Clyde » sur « The Songs That we Sing ».
Dès lors, on ne pouvait espérer mieux pour propulser Charlotte dans notre inconscient collectif. Elle assure, elle susurre d’une voix qu’on peine à reconnaître mais qui s’installe avec délicatesse sur les différents titres de l’album. Cette balade délicieuse nous suggère que le pari est risqué 20 ans après, mais plutôt réussi. Cet opus ciselé est avant tout marqué de la patte d’Air et de grands noms de la musique tels que Nigel Godrich (producteur de Radiohead), Tony Allen (batteur de Fela Kuti), Jarvis Cocker et Neil Hannon (Divine Comedy).
La voix de Charlotte n’est pas simplement douce, frêle et étouffée comme le diront les plus pessimistes. L’artiste est même capable de varier les effets de sa voix au fil des différents morceaux. On sent vraiment l’inspiration des personnes dont elle s’est entourée. Les mélodies d’Air collent parfaitement avec sa voix éthérée. En bref donc, sa voix est tout sauf « limitée », bien au contraire. La seule chose que je me demande c’est que comme l’album de Charlotte est complètement « possédé » par le groupe Air, on ne sait plus trop bien si cet album la symbolise vraiment ou si c’est un disque de Air featuring Charlotte Gainsbourg…
La langue entre Shakespeare et Molière, elle laisse l’anglais dominer les textes mais se permet quelques vers en français comme dans l’impeccable « Tel que tu es ». D’après un de ses poèmes, « Morning Song », qui termine l’album, en est sans surprise la chanson la plus personnelle.
Je ne suis pas déçue mais je ne suis pas surprise non plus… bref, j’attends de voir avec le prochain album !

++ Tété – A la faveur de l’automne:

Tété avait montré sa qualité d’auteur-compositeur-interprète avec son premier album, « l’Air de rien », un opus plein de bonne humeur, et de fraîcheur, avec l’emploi prédominant d’instruments acoustiques. Ce deuxième album, qui date d’il y a 2 ans environ (déjà ?!) est plus accompli encore. Tété se montre tour à tour dépouillé (souvent une guitare, une fameuse boîte à thé et un harmonica font l’affaire) et intelligemment orchestré. Côté inspiration, le chanteur joue à pile et face.

D’un tempérament mélancolique fortement ancré dans le début de l’album (« À la faveur de l’automne », le lyrique « Ton absence »…), il réaffirme ensuite son goût prononcé pour les textes caustiques et drôles, à la façon d’un Brassens qui aurait découvert la musique avec Ben Harper (« Une bonne paire de claques », déjà présent sur le live et qui est on ne peut plus jouissif, « Inspiration et circonstances » dont les bruitages ne laissent aucun doute sur le sens du texte, « Ces grands moments de solitude »…). Tété se révèle, une nouvelle fois, d’une grande justesse dans ses choix artistiques.
Cet album est une perle : « revigorant comme l’onde claire » (pour ceux qui connaissent!). J’aime l’écouter en cette saison pour sa poésie mélancolique, sa sensibilité et sa subtilité.

En attendant, profitez-en, le rayon de soleil est là jusqu’à la prochaine giboulée.

Mes Bilans de l’été (3) – Ma musique de l’été

Nouvel épisode de cette semaine de bilans en tous genres de ce trop court été 2006.. Ce n’est pas évident car j’ai écouté pas mal de choses différentes :

Je vous ai rabattu les oreilles avec Gnarls Barkley qui m’a envoûtée tout l’été avec « Crazy ».

J’ai beaucoup écouté 3 albums récents dont je vous ai déjà parlé:
KT Tunstall
Muse
Corinne Bailey Rae (juste ce qu’il faut de pétillant et coloré pour finir en beauté le mois d’août). D’ailleurs, je cherche une bonne âme qui aime ce que fait cette demoiselle pour m’accompagner au concert au Grand Rex le 18 octobre (si tant est qu’il reste des places!). Avis aux amateurs!

Nouvelles petites chroniques pour vous parler de quelques autres albums que j’aime et que j’ai écouté cet été :

+++ Olivia Ruiz – La Femme Chocolat

Après son premier album « J’aime pas l’amour » dont je vous avais venté les mérites ici, j’ai succombé au charme des compositions espiègles d’Olivia Ruiz sur « La Femme Chocolat ». Quelle fraîcheur , quel parfum ! On respire chaque mot, chaque note, chaque son.
Délicieuse et inventive, Olivia nous surprend encore plus que dans son premier album. A chaque écoute, il distille de la bonne humeur, du rire, de la nostalgie (c’est imparable pour se mettre de bonne humeur le matin : remède anti grise mine de première catégorie !). On y (re)trouve des textes originaux, illuminés, fous; des mélodies enjouées qui nous propulsent dans son univers unique et acidulé. Un indispensable !

 

++ Massive Attack – Collected

Un beau portrait musical où l’on ne peut que constater l’importance de leur apport dans la musique. Au début des années 90, alors que la pop et le rock étaient en perte de vitesse, que le hip hop faisait son apparition remarquée, et que la techno n’était encore qu’à ses balbutiements, Massive Attack a jeté une bombe avec un premier album qui mélangeait un approche ‘underground’, le hip hop, l’utilisation très cinématographiques des cordes, des rythmes dub à une ambiance sonore expérimentale travaillée mais également très visuelle et surtout un spleen qui reflétait bien son époque. Les albums suivants n’ont fait que confirmer leur talent, et le groupe est toujours resté fidèle à son univers, un courant que l’on a étiqueté de ‘trip hop’, tout en étendant toujours son champ musical.
Dans ce premier ‘best of’, la sélection est vraiment bien faite et tous les morceaux présents sont déjà des classiques : « Unfinished Sympathy », « Angel », en passant par « Teardrop » et le loufoque « Karmacoma ». Les chansons n’ont pas pris une ride. C’est un plaisir de (ré)entendre les voix de Tracy Thorn, Liz Frazer, Shara Nelson, ou Horace Andy (les différentes voix féminines qui ont traversé le groupe). Indispensable à tous ceux qui voudraient découvrir Massive Attack, mais aussi aux inconditionnels ! En supplément, vous trouverez un inédit qui figurera sans doute sur leur album prévu en 2007 : « Live With Me » (avec Terry Callier).

++ Katie Melua – Piece By Piece

J’ai découvert il y a seulement peu de temps (alors que l’album est sorti en septembre dernier oulala !) ce très joli album de Katie Melua (pas encore très connue chez nous). Cet album aux couleurs pop jazzy blues est vraiment parfait pour se détendre. Une âme, une douceur, du sens, de la beauté, une sérénité, du rêve : tout y est !
Les mélodies sont simples mais limpides et les paroles très personnelles sont très touchantes. La voix douce et envoûtante de Katie nous procure un bien-être extrême et l’on se laisse volontiers transporter dans son univers. Que demander de plus ?

 

++ Aretha Sings the Blues

Si Aretha Franklin, à juste titre surnommée  » la reine de la soul « , reste avant tout connue pour son cocktail teinté de Rhythm’n’blues, cette diva a souvent mis en évidence les liens profonds entre le blues et un gospel qui illumine toute son oeuvre. Cet album permet de découvrir l’une de ses nombreuses facettes. Son timbre est divin et ensorcelant et certains morceaux sont tout simplement à fleur de peau. Aretha signe ici un album sensible et intemporel où elle utilise avec merveille l’étendue de ses possibilités vocales. Une jolie découverte.

A découvrir pour la rentrée :
– Tom Yorke – The Eraser (je triche un peu car j’ai déjà écouté l’album, mais je vous en parlerai dans un prochain billet miousik, c’est promis !)
– Charlotte Gainsbourg- 5:55

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Little Miss Chatterbox

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