Dans mon iPod

Page 2 sur 3123

J’vous ai pas raconté… #Dans mon iPod

En préparant cet article, je me suis rendue compte que je n’avais quasiment pas parlé musique sur ce blog depuis l’été dernier. Ça craint du boudin ! Il faut vraiment que je trouve un moyen de vous faire partager mes découvertes musicales au fur et à mesure. Du coup, pour ne pas vous assommer de mots, je suis allée au plus simple, juste pour essayer de vous donner envie de découvrir certains artistes que j’écoute régulièrement.

Dans mon iPod ces derniers mois, il y a eu…

♥ De la douceur fémininement poétique…

Coeur_de_Pirateemilie_simonemily_jane_white_victorian_america
Vanessa_ParadisIRM

* Cœur de Pirate : Un album qui est sorti il y a un petit moment déjà mais que j’ai découvert un peu sur le tard (à force de trop en entendre parler, je n’avais pas eu plus envie que ça de l’écouter… esprit de contradiction de merde !). Et puis, par curiosité, je l’ai quand même écouté et je n’ai pas été dégoutée ! C’est une pop folk doucereuse, résolument teenager, aux airs légers et aux paroles un peu moins, frêle comme une fleur qui cherche à s’ouvrir. A suivre, donc !
* Emilie Simon, « The Big Machine » : Un album aux couleurs moins minimalistes et feutrées que les précédents mais que j’ai tout de même apprécié. L’univers toujours intimiste d’Emilie Simon, prend ici quelques strass et paillettes, comme pour affirmer la maturité d’une jeune femme un brin excentrique. J’ai hâte de la voir sur la scène du Casino de Paris dans quelques jours !
* Emilie Jane White, « Victorian America » : On trouve dans « Victorian America » la même veine « dark folk » intimiste que dans son premier album « Dark Undercoat ». J’aime beaucoup ce ton toujours aussi mélancolique avec quelques éclaircies qui ressemble aux pages arrachées d’un journal intime.
* Vanessa Paradis, « Best Of » : Pas besoin d’en dire plus. Mon iPod est content !
* Charlotte Gainsbourg, « IRM »: Une bonne surprise que ce nouvel album de Charlotte fait en collaboration intense avec Beck… même si (oui, petit bémol quand même) le petit méli-mélo de genres rend les écoutes successives moins intrigantes et hypnotiques que la première.

♥ De l’imagination onirique et du beau texte…

mister_mystereBiolay

* -M-, « Mister Mystère » : Un album plus sombre et mélancolique que les précédents, plus Mathieu que -M- mais chaque titre vaut le détour. C’est un plaisir de se perdre entre ses mots et de danser au milieu de ses notes. Et ce live !
* Benjamin Biolay, « La Superbe » : Un des plus beaux albums de cette fin d’année, les textes sont magnifiques, d’une poésie moderne et élégante. Un double album d’une qualité remarquable.

♥ Du rock, de l’indé, du vrai (yeahhh), qui dépote, qui dépote…

muse_the_resistancearctic_monkeys_humbuggrizzly_bear
The_Dead_WeatherThem_crooked_vultures

* Muse, « The Resistance » : Et une déception, une ! Alors que Muse était pour moi l’une des plus grosses révélations des années 2000, je trouve les 2 derniers albums bien en dessous. « The Resistance » est une sorte de melting-pot qui ne semble pas savoir ce qu’il veut, ni où il va. C’est un brassage étrange entre des tubes à chanter sous la douche (« The Resistance », « Uprising »), des hommages (à Queen dans « United States of Eurasia », à Depeche Mode dans « Undisclosed Desires »), des déceptions (« Guiding Light ») et une mini-symphonie classique qui vient conclure le disque. Mouais…
* Arctic Monkeys, « Humbug » : Aux premières écoutes, on se demande où est passée la fougue des jeunes anglais, car l’ensemble de l’album parait compact, comme si aucun morceau ne sortait vraiment du lot. Tout ça se dénoue un peu après plusieurs écoutes et il faut du temps pour l’apprécier, même si je dois bien reconnaître que certains titres sont de véritables hits derrière lesquels on sent la patte Josh Homme de QOTSA (qui a travaillé sur l’album).
* Grizzly Bear, « Veckatimest » : Un album qui reprend en douze titres les recettes du succès de Grizzly Bear, qui continue de nous livrer sa dose de musique de chambre pop teintée d’une pointe de pop folk. J’adore leurs têtes étranges et leurs chansons légères comme des plumes ! Une des plus chouettes surprises de l’année.
* The Dead Weather, « Horehound » : Enregistré chez Jack White à Nashville en trois semaines, « Horehound » réunit sous le nom de Dead Weather quelques personnalités marquantes de la scène rock: Alison Mosshart des Kills (au chant), Jack Lawrence des Raconteurs (à la basse) et Dean Fertita des Queens Of The Stone Age (aux guitares et claviers). Jack White assure donc sur cet album les parties de batterie, étonnantes d’idées et d’imperfections rafraîchissantes et partage le chant avec Alison Mosshart. De l’urgence du projet naît un album de blues-rock garage enflammé, instinctif, épique, sauvage et cru. Difficile d’éteindre le feu après ça !
* Them Crooked Vultures : L’évènement rock de cette fin d’année avec un groupe formé par Josh Homme des QOTSA, Dave Grohl de Nirvana et John Paul Jones de Led Zeppelin. Excusez du peu ! La première écoute est une gifle, on ne comprend pas tout, la musique est dense, torturée. Mais une impression de puissance extraordinaire s’en dégage. Les arrangements, le clavier et la basse sont de John Paul Jones ça saute aux oreilles, mais on sent aussi la créativité de Josh Homme, sa voix et ses riffs particuliers. La sauce prend à chaque note. Une tuerie !

♥ Du Easy Listenning

pony_pony_run_run_coverNNBxx

* Pony Pony Run Run, « You need Pony Pony Run Run » : Une pop sympa et pleine d’énergie (oui, c’est laconique mais je ne vois pas grand chose de plus à dire à propos d’un album qui me sert surtout lorsque je fais mon jogging !).
* Naive New Beaters, « Wallace » : 3 copains parisiens un peu barrés au look vintage et décalé inspiré du prince de Bel air ou de Tante Ginette qui nous sortent un album rempli de pop bien sympa. Alors clairement, Naive New Beaters ne joue pas dans la catégorie « prétendant au titre d’album de l’année » mais parvient, via un mélange des styles original qui ne sonne jamais vulgaire, à emporter l’adhésion.
* Xx : Un des grands buzz de fin d’année (vraiment mérité ?!). En tout cas, ça s’écoute pas trop mal et c’est très efficace dans la salle de sport !

♥ The Girls that Rocked…

batforlashesFlorence___the_MachineScarlett_Johansson_break_up

Norah_JonesAu_Revoir_Simone

* Bat for Lashes, « Two Suns »: Le second album de Natasha Khan dans lequel elle imprime un peu plus sa personnalité sur une musique à la fois envoûtante et maniérée et qui, à la manière d’une Björk ou d’une Kate Bush, réussit à créer un univers très personnel où les atmosphères et l’ambiance, à la fois mystique et éthérée, occupent une grande place.
* Florence + the Machine, « Lungs » : Florence Welch possède une voix marquante et remarquable et « Lungs » est la réunion de différents musiciens autour de ses textes. Parfois soul souvent indie, l’album est surtout rythmique sur des arrangements minutieux déployant des toiles de fond changeantes, où la tension le dispute à la rêverie, la mélancolie à l’enthousiasme. Etonnant !
* Scarlett Johansson & Pete Yorn, « Break Up »: Une très bonne surprise pop et acoustique que ce second album de Scarlett, loin devant « Anywhere I lay My Head ». Ouf !
* Norah Jones, « The Fall » : Le virage musical que l’on pouvait déjà entrevoir sur « Not Too Late », se dessine encore plus ici: « The Fall » apporte une toute autre saveur (plus pop/rock) à la discographie de Norah Jones, ne l’enfermant plus dans uniquement dans une « case jazz ». Elle montre sur cet album qu’elle sait faire autre chose, en s’essayant à d’autres styles musicaux plus variés, et elle le fait bien !
* Au revoir Simone, « Reverse Migration »: Un très joli album de remix acidulés à consommer comme un petit bonbon musical.

♥ De l’indé, de la folk, qui vous souffle doucement dans le cou le soir avant de s’endormir…

bowerbirdskings_of_conveniencenurses
RevolverDepartment_of_Eaglespeter_doherty

* Bowerbirds, « Upper Air » : Un groupe très sympa dont je vous ai déjà parlé, un album plein de grâce et d’arrangements majuestueux qui fait penser à Bon Iver et Andrew Bird. Je les ai ratés fin octobre au Point Ephémère, j’essaierai de ne pas manquer leur prochain passage à Paris !
* Kings of Convenience, « Declaration of Dependance » : Là aussi, je vous en ai déjà parlé plusieurs fois, c’est l’un de mes gros coups de cœur de cette année. De la douceur brute pour les oreilles, à écouter sans modération !
* Nurses, « Apple’s Acre »: Une bande assez déjantée sur des chants psychés plutôt sympatiques. Une musique magique et insaisissable.
* Revolver, « Music for a While »: « Music for a While » se démarque par un son pop/rock très doux et mélodique influencé par les harmonies des Beach Boys et de Simon&Garfunkel, l’élégance d’Elliot Smith et la simplicite de Radiohead. Une chouette découverte !
* Department of Eagles, « In Ear Park » : Un mic-mac fait de mélodies aventureuses et bancales tout en étant bien maîtrisées, dans un univers pop/folk voisin de Fleet Foxes mais de façon plus audacieuse et délurée, à la manière de Grizzly Bear.
* Peter Doherty, « Grace/Wasteland »: Un de mes gros coups de cœur de l’année, un album magnifique, puissant, comme un hommage vibrant à toute la pop anglaise. Une merveille !

*****

Cette liste est non exhaustive évidemment, il y a encore quelques découvertes dont je n’ai pas parlé mais j’en garde dans ma manche pour janvier (histoire d’avoir quelques trucs à vous raconter !). Si ça ne vous suffit pas, vous trouverez pas mal de p’tites choses de 2009 très sympas par ici. La semaine prochaine, je vous parle de mes coups de coeur littéraires de ces derniers mois (spéciale dédicace pour Kalinouz eheh ;)

J’-M-

-M- est probablement l’un des artistes français que je préfère. C’est le seul dont je connais toutes les chansons par cœur, dont j’aime absolument tous les albums, tous les textes, toutes les mélodies, toutes les extravagances… Je ne m’en lasse pas ! Depuis quelques mois, des rumeurs virtuelles nous annoncent la sortie imminente du dernier album de Mathieu Chedid avec -M- ! Le dernier… snif. Même si Mathieu sort ensuite d’autres albums sous son nom,  je suis déjà nostalgique…

Depuis hier, tout ça s’est concrétisé un peu plus avec la mise en ligne du site du roi des ombres, premier extrait du nouvel album de -M-, « Mister Mystère », que j’attends depuis des lustres (au sens propre pour une fois) et qui devrait sortir le 31 août prochain. Sur le site, on peut voir le clip du « Roi des Ombres » justement et comme d’habitude, j’aime beaucoup. Ça promet !

Un concert au Parc des Princes devrait venir clore l’aventure d’ici quelques mois (rumeur rulezzz). En attendant, sur le site, sont annoncées quelques dates de la tournée et il y aura des concerts à la Cigale en décembre prochain ! Yiiiiiiii ! J’ai eu la chance de voir -M- sur scène plusieurs fois et à chaque fois, c’est juste fan-tas-tique. Peu d’artistes sont aussi charismatiques sur scène ! Les shows durent des heures, l’interaction avec le public est inouïe même sur des grandes scènes, bref un vrai bonheur… Qui n’en veuuuut ?!!

Sinon, je cherche un moyen astucieux et pratique pour moi pour vous faire régulièrement des billets musicaux, car je fais des découvertes sur le net quasiment tous les jours et je ne prends pas le temps de vous en parler. Vilaine, je suis. Non, en fait, c’est ma faute, car à chaque fois que je vous parle des albums que j’écoute, je peux pas m’empêcher de rentrer dans les détails (sale bavarde) et je ne sais pas me limiter. En tout cas, c’est à l’étude !

Dans mon iPod en ce moment

Qu’est ce qui tourne en boucle dans mon Nipod en ce moment ? Pas mal de choses en fait !

Deux très beaux albums que j’écoute, sur le tard:

patrick_watson    we_were_here

* Patrick Watson, Close to paradise
Un album de 2006 que je découvre seulement maintenant… Et c’est un pur bijou. Magistralement et très intelligemment composé, l’univers Watson s’ouvre petit à petit à nos oreilles. Tout d’abord déboussolé, comme sorti trop vite d’un rêve, on se laisse submerger par ces mélodies très visuelles. On se croirait dans un film. « Weight Of The World » semble tout droit sorti d’un film façon Tim Burton. « Mr. Tom » nous raconte une histoire simplement avec ses notes de piano. Toutes les chansons fourmillent d’idées, le talent et l’audace de la composition font mouche à chaque fois. Difficile de donner des références tant le style est onirique mais on croise Jeff Buckley dans « Slip Into Your Skin »; la manière dont les sons graves remplissent l’espace sont dans le style de « The Wall » mais l’ensemble garde une profonde identité. Et que dire de la merveille des merveilles, à savoir « The Great Escape » avec son piano envoûtant, ses mots simples… et cette voix… le paradis sans doute.

* Joshua Radin, We were here
Son dernier album c’est « Simple Times » mais je n’ai pas encore eu le temps de l’écouter. Celui-ci date de 2006 et il est tout simplement sublime. J’aime beaucoup cet artiste que je découvre un peu en retard mais que j’écoute en boucle en ce moment pour me rattraper.

Et sinon:

noah___the_whale the_weepies at_long_last emily_jane_white

* Noah & the Whale, Peaceful, the World lays me down
Noah and the Whale est un groupe anglais de pop-folk dont les sonorités ressemblent à pas mal d’autres groupes actuels comme Beirut ou encore Arcade Fire (oui, c’est léger, mais quand même) en passant par Jens Lekman. La voix du chanteur, Charlie Fink fait penser à celle d’Adam Green. Pour la petite histoire, le groupe doit son nom au film de Noah Baumbach, « The Squid and The Whale », sorti en 2005 et traduit en français par « Les Berkman se séparent ». Avec une rythmique rudimentaire, des chœurs naïfs et des guitares aux sonorités africaines, « 2 Atoms In A Molecule » donne le ton. Le meilleur est à suivre, avec l’apparition du violon et d’un accordéon sur l’extraordinaire « Jocasta », puis de cuivres radieux sur « Shape Of My Heart ». Le chant rauque et tremblant de Charlie est appuyé par la douce voix de Laura Marling. « Give A Little Love » porte encore un peu plus hautes les couleurs de cette pop artisanale et j’apprécie beaucoup les douceurs de « Do What You Do, Hold My Hand As I’m Lowered ». Ca ne révolutionne rien, mais c’est sympa à écouter.

* The Weepies, Say I am You
Formés du duo Deb Talan et Steve Tannen, The Weepies ont vu naissance en 2001 en même temps que la rencontre de ces deux âmes soeurs. Très vite une complicité se crée et en vient à naître le très bon mais néanmoins peu connu « Happiness », puis suit le déjà plus plébiscité « Say I am You ». En effet, en 2006 le groupe connait enfin la reconnaissance mondiale puisque « Say I Am You » va devenir un des albums folk les plus téléchargé sur iTunes: le succès est alimenté par les divers incrustations musicales dans des séries à forte audience comme « Scrubs », « How I Met Your Mother », « One Tree Hill », « Grey’s Anatomy »… Encore une fois, il ne révolutionne pas la musique mais c’est mignon et charmant. En bref, un folk très sympa à mettre dans ses oreilles :)

* Princess One Point Five, At long last
Petit joyau que ce « At long last » de Princess One Point five, projet artistique de l’australienne Sarah-Jane Wentzki. Très cinématographique dans sa forme, chaque morceau est néanmoins une petite vignette qui à son existence propre (enfin, je vous rassure, on est loin de la juxtaposition de morceaux il y a une trame faite de tension qui lie chaque morceau l’un à l’autre). Voix cristalline pour une musique qui tend à saigner le peu d’âme qui nous reste, je vous recommande chaudement son écoute…

* Emily Jane White, Dark Undercoat
Emily Jane White ne sera sans doute ni la première ni la dernière jolie chanteuse folk à frange (on ne peut s’empêcher de penser à l’influence de Cat Power), mais son premier album « Dark Undercoat » révèle sur 10 morceaux un univers sensible, porté par une folk mélancolique sans fioritures, tendrement mélancolique, sublimé par la voix grave et vaporeuse de la Californienne. Mêlant harmonieusement folk et rock à quelques notes de piano, Emily Jane White crée un univers partagé entre le désespoir et la possibilité d’une renaissance, où le silence a sa place autant que le son. Un joli album folk mélancolique.

Hugh_Coltman may_day jay_jay U2

* Hugh Coltman, Stories from the Safehouse
Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas eu autant de plaisir à écouter un album de ce genre (songwriter masculin s’accompagnant de sa guitare avec authenticité, sur fond de folk-rock bluesy). Après avoir fait ses premières armes, sans grand succès, au sein de groupes de blues dans sa Grande-Bretagne natale, Coltman s’est exilé en France pour chanter dans des cafés parisiens. Et c’est ainsi qu’est née cette collection de chansons. Si l’ensemble est plutôt acoustique à la guitare ou au ukulélé, l’album varie les ambiances et les plaisirs allant de surprises en surprises. Bossa nova, tango, reggae, blues, Coltman s’amuse entre différents styles qu’il adapte à sa façon sans pour autant commettre un disque patchwork décousu. Du lot, ressort surtout « Could you be trusted » qui renoue avec une certaine idée du rock 70’s; c’est la petite bombe du disque et de loin le morceau le plus électrique. En songwriter prolifique et inspiré, Cotlman nous propose un album qui s’écoute facilement, une petite ballade dans son univers personnel fait d’arpèges de guitare délicats. Et le plaisir de couler de source tout au long de ces douze plages, réconfortantes à la fin d’une harassante journée.

* Peter von Poehl, May day
Avec « May day », Peter von Poehl signe un second album au moins aussi bon que le premier qui m’avait charmé (« Going to Where The Tea Trees Are » pour ceux qui s’en souviennent). Tout l’album est ainsi traversé de vibrations nouvelles, qui donnent un surcroît d’intensité à des chansons conçues une fois de plus en artisan. Comme « Going To Where The Tea Trees Are », la majeure partie de « May Day » a été confectionnée en plein cœur de la campagne suédoise, dans le merveilleux atelier de Christoffer Lundquist ami et collaborateur depuis de nombreuses années, une nouvelle fois crédité comme co-réalisateur. Les arrangements de « May Day » regorgent de trouvailles qu’on devine spontanées, surgies fortuitement au fil des sessions. Le groove tendu de « Carrier Pigeon », l’irrésistible tourbillon pop de « Moonshot Falls », l’épure rugueuse de « Dust in Heaven » et « Near the end of the world » ou les savants feuilletages instrumentaux du terrassant « Elisabeth » participent d’un même plaisir de la découverte et d’un même goût du jeu, qui s’étendent à tous les compartiments d’un songwriting hors catégorie, réfractaire à toute figure de style gratuite. Des arrangements au chant, des rythmes aux textes, tout est mis au profit d’une musicalité qu’aucun gimmick ne vient mettre en défaut. C’est ainsi, en ouvrant son champ expressif sans perdre de vue l’horizon de ses sensations et de ses pensées, que Peter von Poehl se ménage une fois encore une place à part dans le paysage musical actuel. Les chansons de « May Day » le rappellent opportunément : il est de ces créateurs qui creusent leur sillon sans se soucier de leur positionnement dans le temps et l’espace musicaux, et qui parviennent à des formes aiguës de singularité sans jouer à tout prix la carte de l’anticonformisme. Bravo !

* Jay Jay Johanson, Self Portrait
J’ai encore du mal à croire que le précédant album du suédois, son meilleur à ce jour, « Long term physical effects are not yet known » ait pu passer inaperçu à ce point… « Self Portrait » continu dans ce sens, avec quelques nuances malgré tout: les refrains chatoyants d’antan font place aujourd’hui à un trip-hop baroque, sombre voir cafardeux. Les émotions ont du mal à filtrer, même si les envolées lyriques restent de qualité, on ne retrouve que trop rarement la puissance mélodique de « The Long term physical effects are not yet known ».
L’effet séduction s’estompe donc, les chansons ont du mal à rester encrées en nous, faute de compositions, certes toujours aussi ambitieuses, mais difficiles d’accès. C’est un disque abscons et intelligent, peut être un peu trop !

* U2, No line on the horizon
Les partisans du « c’était mieux avant » vont encore gagner… Il faut dire qu’avec un album comme ça, U2 ne fait qu’apporter de l’eau à leur moulin. Cinq ans après « How To Dismantle An Atomic Bomb », force est de constater que « No Line On The Horizon » tranche radicalement avec son prédécesseur. En effet, outre le fait que Bono a largement tendance à donner plus de voix (ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose) dans les différentes chansons, on note aussi la présence de chœurs, d’une bonne partie de musique électronique en accompagnement et d’autres innovations… Si certaines chansons de cet album sont intéressantes et agréables à écouter (par exemple « Magnificent » ou « Get On Your Boots »), le reste manque singulièrement d’originalité (malgré les quelques nouveautés évoquées un peu plus haut qui ne sont pas forcément de mon goût). Finalement un album qui se laisse écouter, mais sans plus. On est bien loin des excellents « Achtung Baby » ou encore « The Joshua Tree ». Dommage.

the_afterlife sophie_hunger noble_beast alela_diane

* The Elysian Fields, The Afterlife
L’un des duos les plus envoûtants de la scène new yorkaise des 10 dernières années est de retour avec « The Afterlife ». Après quatre ans de silence, ces dix nouvelles compositions sombres étaient plus qu’attendues… Les mélodies sont efficaces et la voix de Jennyfer Charles fait merveille. L’ensemble est totalement envoutant. Les compositions sont essentiellement acoustiques, avec quelques touches électrifiées. Toute la force d’Elysian Fields repose sur la voix chaude, tantôt rassurante, tantôt éthérée de Jennyfer avec les choix mélodiques (et fins) d’Oren. Au final, c’est assez classique dans la structure mais c »est intelligent, léché, totalement actuel en termes de prod et très efficace.

* Sophie Hunger, Monday’s ghost
On se laisse prendre très facilement par la musique folk-pop de Sophie Hunger et de ses harmonies sophistiquées: la douceur du trombone, la justesse des arrangements, la voix d’une chaleur pénétrante, on ne s’en lasse pas… C’est raffiné, esthétique, élégant, varié. Très agréable, écoute après écoute.

* Andrew Bird, Noble Beast
Du premier sifflement à la dernière note, Andrew Bird se place dans un état de grâce: il adjoint à un folk assez classique, un songwriting impeccable aux arrangements légers et somptueux, parfois aux frontières de la musique classique. Outre les ballades pop (comme « Fitz and the dizzy spells ») et les refrains folk (comme sur « Tenuousness ») que Bird savait déjà manier, le voilà maintenant embarqué dans des chansons à tiroirs (sur l’incroyable « Not a robot but a ghost »). Mais ce qu’il y a de plus fascinant, c’est la simplicité apparente de cet album: les orchestrations sont riches, les envolées musicales sont faites de contre-temps, mais tout semble incroyablement évident. A découvrir sans hésitation.

* Alela Diane, To be Still
Ces onze nouvelles chansons ne ressemblent pas à celles de « The Pirate’s Gospel ». Pourtant, les sonorités sont familières dès les premières mesures. Et le restent tout le long du disque. C’est qu’Alela Diane chante et joue comme j’ai pu la découvrir sur scène l’an dernier: à la magie mystique des premiers sillons succèdent une country plus classique, conservant toutefois ce magnétisme étrange qui fait sa force. Violon, scie, banjo et percussions légères rhabillent des ballades portées par une guitare apaisée et une voix à l’équilibre roi, poignante sans forcer, enchanteresse sans cliché. L’écriture a gagné en clarté, à l’image de la luminosité qui semble baigner « To Be Still ». Si « The Pirate’s Gospel » révélait une voix, « To Be Still » dévoile une musicienne. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les orfèvreries légères de « To Be Still » prouvent que cette musicienne-là possède toutes les qualités pour rejoindre la famille des grands songwriters de l’Ouest américain d’aujourd’hui. A suivre de très près.

Et vous, vous écoutez quoi en ce moment ?

Musique du moment

Encore un billet où je vous parle des dernières découvertes qui tournent en boucle dans mon iPod en ce moment !

Ipod

J’essaie de rattraper mon retard en écoutant des albums sortis il y a quelques mois (voire plus) :

animal_collective elbow

* Animal Collective, Merriweather Post Pavilion
Un groupe qui fait parler de lui pour ses prestations scéniques et je dois dire que c’est comme ça que je les ai découverts, après le concert récent au Bataclan. L’album est truffé de petites pépites folko-électro-psychédéliques, mais à part ça, je le trouve assez décevant dans l’ensemble.

* Elbow, The Seldom Seen Kid
Du rock propret pour ce dernier album d’Elbow (quintette de Manchester peu charismatique) pour lequel le groupe a reçu le fameux Mercury Prize. Notons qu’Elbow était en compétition avec notamment Radiohead et The Last Shadow Puppets ! Ca me laisse perplexe… tout comme ce dernier album, moyennement convainquant. A ceux qui ne connaissent pas ce groupe, le souvenir de ce dernier album (le moins bon) sera vite envolé.

Seal ray_lamontagne kaiser_chiefs

* Seal, Soul
Seal, le crooner à la voix de velours s’est lancé dans la reprise de titres qui font l’histoire de la soul. C’est une bonne idée de rajeunir ces chef d’œuvres qui devraient le supporter justement parce ce sont LES chefs d’œuvres absolus de la soul. Et bien cela ne passe qu’à moitié. La bonne moitié parce que ce sont des titres tels qu’on ne peut pas totalement les massacrer, et que Seal a du talent et une voix à perdre la tête, la moitié qui manque parce que Seal les enveloppe dans un sirop velouté qui en retire la substance et l’énergie. Dommage… Les originaux sont bien supérieurs, mais on a là une compilation choisie avec goût.
* Ray LaMontagne, Gossip in the Grain
Un artiste que j’affectionne tout particulièrement (pas autant qu’Amos Lee mais quand même). Partant d’une base folk, l’album propose quelques incursions dans la soul, le blues et la country à travers des titres tous plus séduisants les uns que les autres car portés par des arrangements super soignés et des mélodies superbes. Plus romantique que mélancolique, « Gossip in the grain » gagne en intérêt et en intensité au fil des écoutes. Un univers sensible où l’on a envie de s’installer durablement pour en goûter toute la poésie !
* Kaiser Chiefs, Off with their heads
Après un premier album dont l’énergie punky, les mélodies avenantes et les tubes avaient fait leur petit effet, puis un second déja moins bon, voilà que Kaiser Chiefs s’enfonce d’avantage avec ce troisième opus qui sombre très vite dans une redite ennuyeuse et dénuée de tout intérêt… On ne fait ici illusion que l’espace de quelques titres percutants et inspirés (« Never miss a beat », « Can’t say what I mean » et ses synthés efficaces), mais d’un groupe tel que celui-ci, on était en droit d’escompter un résultat un peu plus original tout de même.

Sammy acid_tongue elvis_perkins

* Sammy DeCoster, Tucumcari
Un artiste que j’ai découvert grâce à son showcase à la Fnac Montparnasse (comme quoi !). J’aime assez son univers, le titre « the drive » plus particulièrement, l’imaginaire que cela implique, l’Ouest américain, la route, l’infini… Bref, un disque qui fait doucement voyager. A suivre avec attention !

* Jenny Lewis, Acid Tongue
Un nouveau très bon album de l’ancienne chanteuse du déjà très bon combo Rilo Kiley. Une voix suave posée sur des mélodies agréables et une guitare discrète et qui vient juste à propos. Car c’est bien là la force de Jenny Lewis, un équilibre dans tout ce qu’elle fait pour un disque au final très bien balancé. Un pur moment de grâce country-folk aux accents doux-amers. Du grand art pour une chanteuse qui gagnerait à être plus connue par chez nous.

* COUP DE CŒUR: Elvis Perkins, Ash Wednesday
Elvis Perkins signe le genre de disque qu’on a envie d’être le premier à connaître… ce qui ne fut pas mon cas puisque je viens seulement de le découvrir alors que l’album date de 2007 ! Au sujet de l’auteur, on a déjà tout lu, sur son père (c’est le fils d’Anthony Perkins, ce génie que j’idolâtre) et sa mère, sur les hasards de la vie, sur le 11 septembre 2001 et avant et après. Question comparaison, il a eu droit aussi à tout, de Dylan à Van Morrison en passant par Nick Drake ou Leonard Cohen (personne n’a cité Neil Young ?). Mais en fait, l’essentiel tient en un mot : ce disque est BEAU. L’album, de la première écoute à la dixième paraît toujours aussi abouti et complet (rarissime pour moi). Bravo !

Et je me délecte des nouveautés:

grande_sophie Pays_sauvage Hobo

* La Grande Sophie, Des Vagues et des Ruisseaux
Je connaissais la Grande Sophie pour son excellente présence scénique (vue lors de divers festivals depuis plusieurs années) mais là, je dois dire que j’ai été totalement conquise par son nouvel album, « Des vagues et des ruisseaux », que j’ai trouvé beaucoup plus sobre que les précédents. Réalisé avec Edith Fambuena du groupe Les Valentins, cet opus, plus acoustique et organique que ses prédécesseurs, est aussi le plus personnel de La Grande Sophie… « l’album de la maturité » en quelque sorte !
* Emily Loizeau, Pays Sauvage
J’aime énormément Emily Loizeau que j’avais eu le bonheur de découvrir sur scène fin 2007 et qui m’avait séduite avec son premier album, le génial « L’autre bout du monde ». Elle revient avec « Pays sauvage » et même si j’y suis moins sensible, je le trouve pas mal du tout ! On dirait un album un peu « hippie » enchanté par toute une communauté d’invités (Herman Düne, Moriarty, Thomas Fersen, Danyel Waro…) qui souffle le chaud, le grave et le frivole à la fois, sur une musique folk subtile et raffinée. Ca sent un peu l’expérimentation parfois (genre Camille), mais point trop n’en faut.
* Charlie Winston, Hobo
Vous n’avez probablement pas pu passer à côté du titre « Like a hobo » propulsé très récemment à toutes les sauces sur les ondes. Au début, je me disais « ouais, encore un truc qu’on veut absolument nous faire aimer, mouais…bof », mais en fait la sauce prend plutôt pas mal au bout du compte ! Du coup, ça m’a donné envie d’écouter son album « Hobo » et j’aime bien: une voix chaude et noire qui swingue, des penchants romantiques à jouer les crooners et une musique intemporelle qui donne à chaque refrain des faux airs de classique ! Pas la révélation de l’année mais pas mal quand même !

Tonight The_Crying_Light

* Franz Ferdinand, Tonight:Franz Ferdinand
3è album de Franz Ferdinand, que j’attendais comme le messie impatiemment. Idéalement, cet album se voudrait la bande-son d’une nuit de fête, avec de souples décollages, un sommet extatique et un final plus mélancolique. Ce qui ressort, à la première écoute de l’album, c’est l’omniprésence de la basse, pleine et chaleureuse, mixée bien à l’avant, qui porte les chansons et déclenche l’envie de se trémousser ! Sans renier ses bases rock, le disque met un accent plus marqué sur les rythmes dansants et l’apport des claviers, qui, s’ils n’oblitèrent pas les guitares, ont parfois tendance à être (un peu trop) omniprésents. Ce virage vaguement plus pop qui laisse percer les influences new wave du groupe se fait avec une remarquable aisance. Ceci dit, c’était mieux avant… A confirmer !
* Antony & the Johnsons, The Crying Light
J’aime énormément cet album. Antony (Hegarty de son vrai nom) est un peu devenu l’artiste à la mode qu’il est de bon ton d’encenser (avec tous les dangers découlant d’un tel effet de mode). « I am A Bird Now » avait révélé un artiste extra-terrestre à la voix d’ange. « The Crying Light » est l’album de la confirmation et sans doute de la consécration alors qu’il est paradoxalement d’un niveau plus « normal » que son prédécesseur. L’effet de surprise ne joue en effet plus et les titres qui le composent revêtent une forme et une structure relativement classiques. Mais cette normalité (toute relative !) qui s’installe nous révèle un artiste d’un niveau exceptionnel qui va sans doute durer au-delà d’un engouement passager.

Le premier titre du nouvel album de U2 (qui sortira le 27 février): Get on Your Boots.

Page 2 sur 3123

Little Miss Chatterbox

Suivez moi aussi par ici …

instagram