Dans mon iPod

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Petit cadeau *musical* de Noël #2

Ho ho ho, encore un petit cadeau *musical* à sortir de ma hotte pour vous ce matin !

Il y a quelques semaines, l’un des nombreux communiqués de presse que je reçois au quotidien m’a fait découvrir une très chouette artiste venue de Belgique (encore une !): Lady Linn.

Après un succès confirmé en Belgique, Lady Linn, arrive en France et nous embarque avec elle dans un univers rétro pop coloré et pétillant. Sa musique est un mélange d’influences diverses (Duke Ellington, Ella Fitzgerald, mais aussi la pop des années 60 ou encore la bossa nova), de mélodies pop & jazzy et de cuivres rutilants combinés à une voix au timbre délicieusement rétro et sucré ! Accompagnée de ses « Magnificent Seven », elle sortira au printemps prochain, un nouvel album intitulé No Goodbye At All.

En attendant son live en janvier prochain au Divan du Monde, on a de quoi se mettre sous la dent avec le clip de la première chanson issue de l’album, Cry Baby: un titre jazzy, frais et plein de pep’s, qui met un peu de couleurs dans nos froides journées d’hiver !

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A GAGNER ♥

Pour vous permettre de découvrir un peu mieux cette artiste, je vous propose de remporter 2 x 2 places pour son concert du 17 janvier au Divan du Monde à Paris. Cela vous dit ?

Si ça vous intéresse, il vous suffit de me laisser un petit commentaire ci-dessous ;) Je vous laisse jusqu’au 1er janvier (minuit) pour participer au tirage au sort !

Merci à Xavier Chezleprêtre pour la découverte et le concours ;)

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Edit: Après tirage au sort, ce sont Caroline (commentaire du 23/12 à 10h25) et Laura qui remportent chacune 2 places pour le concert de Lady Linn au Divan du Monde le 17 janvier prochain ! Les filles, n’oubliez pas de m’envoyer un petit mail pour me donner vos noms + prénoms complets via le formulaire de contact de ce blog, asap ! ;) Merci à toutes celles qui ont participé et à très vite pour un prochain petit concours !

Mon mini-blissoscope de rentrée !

Oui mon titre est naze, mais vous avez l’habitude maintenant. Aujourd’hui, mesdemoiselles, mesdames, messieurs, il y aura donc du billet en vrac culturo/gourmand au menu ! Et avec ceci ? Ah bah non, ce sera tout !

(c’est la fatigue, z’en faites pas) (ou juste mon humour pourri ? allez savoir !)

Expo: Lewis Hine à l’honneur à la Fondation Cartier-Bresson (jusqu’au 18 décembre 2011).

Il y a quelques jours, je me suis rendue au vernissage de l’exposition Lewis Hine à la Fondation HCB qui rassemble environ 150 tirages originaux en noir et blanc provenant de la George Eastman House, International Museum of Photography and Film de Rochester. Cette rétrospective couvre l’ensemble de la carrière de Hine et permet de découvrir l’œuvre emprunte d’humanisme sans affectation de ce sociologue formé à l’histoire de la peinture, qui photographiait les madones des taudis à l’image de celles du peintre Raphaël. On y retrouve avec plaisir les clichés qui ont fait sa renommée: reportages en Europe à la fin de la première guerre mondiale, portraits d’immigrants débarquant à Ellis Island, enfants au travail, ouvriers sur le chantier de construction de l’Empire State Building (dont j’ai quelques reproductions chez moi: je suis fan !)…

L’expo est toute petite: seulement 2 salles avec très peu de tirages et quasiment pas d’explications mais le travail de Lewis Hine est passionnant et parle de lui-même (donc pour une fois, je ne ferai pas le reproche à l’exposition de ne pas être assez documentée !). Les photos sont superbes et c’est vraiment très intéressant !


C’est où ?
Lewis Hine
Fondation Henri Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis (14è) – M° Gaîté
Ouvert du mardi au dimanche de 13h à 18h30 (nocturne le mercredi jusqu’à 20h30) et le samedi de 11h à 18h45.
Le site.

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Film/Livre: La Couleur des Sentiments

J’ai vu le film en avant-première il y a un petit moment déjà mais je voulais avoir le temps de finir le livre avant de vous en parler ! C’est en fait l’adaptation du premier roman de Kathryn Stockett, qui a longtemps trôné en tête des meilleures ventes de livres aux États-Unis. The Help – le titre original et largement meilleur que la mièvre et inadéquate traduction française La Couleur des Sentiments – entrelace les réflexions imagées de trois jeunes femmes  – deux domestiques noires et une jeune apprentie-journaliste blanche – dans le Mississipi du début des années 60, alors que la lutte des droits civiques n’en est qu’à ses balbutiements.

Le film a fait de l’humilité de sa production un véritable atout : pas de casting 5 étoiles mais une palette d’actrices rayonnantes et lumineuses (Emma Stone, Viola Davis, Octavia Spencer, Jessica Chastain…), un réalisateur inconnu au bataillon & ami de la romancière, et surtout une belle histoire de femmes, à la fois simple mais touchante, profonde et émouvante. Il rend magnifiquement hommage à ce roman (que j’ai beaucoup aimé aussi) plein de tendresse, bien écrit, prenant et bourré de sensibilité, d’intelligence et de drôlerie. Son succès actuel au box-office US (dépassant même la barre symbolique des 100 millions de dollars) est donc largement mérité ! Sortie en France le 26 octobre prochain.

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Musique: Noel Gallagher’s High Flying Birds

On est à peine remis de la séparation d’Oasis que les frères Gallagher nous reviennent en force avec de nouveaux albums solos ! J’attends particulièrement de pied ferme Noel Gallagher’s High Flying Birds, un album comprenant dix nouvelles chansons enregistrées à Londres et à Los Angeles au cours des 18 derniers mois. On peut déjà écouter The Death of You and Me, The Good Rebel, If I had Gun (qui rappellent sensiblement les sonorités d’Oasis) mais pour en entendre plus, une escale française au Casino de Paris est prévue pour le 6 décembre 2011. Les billets seront mis en vente ce matin même à 10h. Youhou !

Je suis fan d’Oasis depuis le collège (ça me rajeunit pas) et mon chouchou a toujours été Noël ♥♥ (groupie inside), donc je me réjouis de pouvoir le voir sur une scène parisienne en cette fin d’année. En attendant la sortie de l’album prévue pour le 17 octobre prochain, je me contente du clip de The Death Of You And Me qui tourne en boucle chez moi !

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Théâtre: Une semaine… Pas plus !

J’ai commencé la saison théâtrale le week-end dernier avec une pièce, chaudement recommandée par Lili ici, qui est à l’affiche depuis un moment au théâtre de la Gaîté Montparnasse: Une semaine… Pas plus !, une comédie désopilante écrite par Clément Michel (auteur prolifique d’autres comédies dont vous avez certainement déjà entendu parler: Le Carton, Début de soirée et Le Grand Bain) et mise en scène par David Roussel et Arthur Jugnot. Le pitch ? Paul (interprété par Clément Michel lui-même) fait croire à Sophie (Maud Le Guénédal) que son meilleur ami Martin (Sébastien Castro), venant de perdre sa mère, va venir s’installer quelque temps chez eux. Il veut en réalité la quitter, pensant que ce ménage à trois fera exploser leur couple… Pris au piège, Martin accepte,  mais « une semaine… pas plus ! ». Démarre alors un ménage à trois totalement explosif, jeu de véritables chaises musicales avec son lot de mensonges, de coups bas et autres plaisirs quotidiens !

Alors j’admets que c’est un tout petit peu long à démarrer mais une fois que c’est lancé, ça ne s’arrête plus: la mise en scène est enlevée, c’est bien écrit, juste, surprenant, drôle et parfois même très drôle (c’est un euphémisme pour vous dire que j’ai même écrasé quelques larmes… de rire ! et croyez-moi, ça m’arrive rarement au théâtre). Les comédiens sont tous vraiment remarquables: petit coup de cœur pour l’excellent Sébastien Castro dont c’était malheureusement la dernière dimanche dernier mais dont le rôle est repris par Arthur Jugnot. C’est jusqu’au 18 septembre, ne la manquez pas !

C’est où ?
Une semaine… Pas plus !
Théâtre de la Gaîté Montparnasse
26, rue de la Gaîté (14è) – M° Gaîté
Du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 17h.
Jusqu’au 18 septembre 2011.

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Bonne adresse: Mamie Gâteaux (encore et toujours)
J’ai déjà souvent parlé (notamment ici et ) de ce petit salon de thé qui est l’une de mes adresses fétiches à Paris mais comme j’y vais souvent, que l’endroit est super joli et que je l’aimeuuuuh ♥, je n’ai pas pu résister à en rajouter une couche ici !



Au menu: tartes chèvre/tomate/roquette, carrot cake et tarte pistache/griottes (un mariage que j’apprécie tout particulièrement !).



C’est où ?
Mamie Gâteaux
66, rue du Cherche-Midi (6è) – M° St Placide
Sans réservation donc si vous souhaitez avoir une table, allez-y tôt !

My favorite Christmas Songs ♥

En cette veille de réveillon de Noël (oui… déjà !), je suis, et plus encore que d’habitude, immergée dans les petits plaisirs de saison, et je dois avouer que les chansons de Noël en font partie depuis de (très) nombreuses années, maintenant.

Alors, comme je n’ai plus trop le temps (il faut absolument que je le prenne à nouveau… ça me manque beaucoup !) de vous parler musique sur ce blog, je tenais un peu à me rattraper en vous proposant une petite sélection de mes chansons préférées en cette saison : le sexy « Santa Baby » version Kylie, mon « Please come home for Christmas » (je dis « mon » car ça me rappelle les Noël de mon enfance, les 30 millions de visionnage de Home Alone en attendant les invités, tout ça…), l’inénarrable « The Christmas Song » (« chestnuts roasting on an open fire »…) par la voix chaude et sublime de Nat King Cole, le « J-I-N-G-L-E Bells » jazzy de Sinatra (sans parler de SA version de « Santa Claus is coming to town »… juste géniale !), le très lacrymogène « I’ll be home for Christmas » (version Bing Crosby… who else ?!), la merveilleuse « Have yourself a merry little Christmas » par la voix envoutante et magique de Judy Garland…

Petite précision technique pour celles et ceux qui n’auraient pas l’habitude du lecteur Deezer : il suffit de cliquer sur lecture et ça lancera aléatoirement une chanson de ma petite playlist. Si vous souhaitez écouter une chanson en particulier et que vous cliquez dessus, cela ouvrira la page Deezer d’où vient la chanson. Vous savez tout ! Enjoy :)

♥♥ Bonne journée à tous ! ♥♥

Edit: Shame on me, j’avais oublié l’indispensable I saw Mommy kissing Santa Claus par le petit Jimmy Boyd et le génial Run, Rudolph, Run (« All I want for Christmas is a Rock and Roll electric guitar », oh yeah !) by Chuck Berry… Argh ! Merci au chouette album de reprises A very Ally Christmas (extrait des multiples saisons de la série Ally McBeal, évidemment) de m’y avoir fait penser !

Mon année Chopin

Je ne sais pas si certains d’entre vous s’en souviennent encore, mais par le passé, j’ai souvent dit sur ce blog que même si (malheureusement) mon piano ne vit pas avec moi, il me manque terriblement. J’adore le piano et j’en joue depuis un certain nombre d’années. Depuis que je suis toute petite, mon compositeur préféré c’est Chopin: c’est celui que je préfère jouer, celui que je préfère écouter, celui qui parle à mon cœur à chaque morceau et à chaque nouvelle écoute beaucoup plus profondément que n’importe quel autre musicien et compositeur. Ses nocturnes me font vibrer, ses valses couvrent mes joues de larmes, je suis amoureuse de sa Fantaisie Impromptue, folle de ses Mazurkas, enivrée par ses Polonaises… c’est bien simple: j’aime tout. Chopin, c’est ma musique de cœur.

C’est donc avec une joie non dissimulée que j’ai vu arriver l’Année Chopin à l’occasion du bicentaire de sa naissance. Au menu (jusque là): un moment en privé avec mon pianiste préféré, Alexandre Tharaud, il y a quelques mois à l’occasion d’un mini-récital à la Fnac (pour son album Chopin, Journal Intime). C’était magnifique, j’ai encore du mal à m’en remettre ! En parallèle, j’ai assisté à un concert à la Cité de la Musique (dans le cadre d’une série de concerts sur piano d’époque), un récital Chopin par Janusz Olejniczak, celui qui prête ses mains et son talent à Adrian Brody dans le film de Polanski, Le Pianiste. Je n’avais jamais entendu de concert sur piano d’époque et je ne m’attendais pas exactement à ça: le son est sec, abrupt, moins subtil et harmonieux que sur les pianos actuels, mais ce n’est pas inintéressant et ça permet de se rendre compte de ce que les gens entendaient à l’époque quand c’est Chopin lui-même qui jouait ses compositions dans les salons.

Et puis, Janusz Olejniczak ne joue pas Chopin comme Tharaud. Tharaud nous le susurre, nous le glisse insidieusement à l’oreille et parvient, on ne sait comment, à aller jusqu’au fond de notre être, de notre âme… Alors qu’Olejniczak nous l’impose, nous le jette en pleine face jusqu’à nous éblouir tellement qu’on n’arrive plus à penser. J’en ai encore plein les oreilles, autant vous le dire !

J’ai bien envie de m’acheter quelques albums pour compléter ma petite collection. J’ai déjà l’album de Tharaud, deux Best Of (dont un petit très bien chez harmonia mundi et un, pas trop mal, qui était vendu avec le Point il y a quelques semaines), un vieil album de Nocturnes que j’ai depuis au moins 10 ans et l’album du bicentenaire avec les meilleurs enregistrements de Rubinstein, Horowitz, Kissin et Luisada. Plusieurs intégrales me font également de l’œil, je vais regarder ça de près ! Si vous avez des conseils, je suis preneuse, évidemment.

A suivre aussi:
* La salle Pleyel, salle historiquement reliée à Chopin, organise cinq concerts prestigieux autour des œuvres de Chopin (programme ici).
* Une rétrospective de films au Cinéma le Balzac du 20 au 22 juin 2010 (chaque projection sera précédée d’un mini-récital).
* Des concerts de jeunes pianistes polonais candidats au concours International de piano Frédéric Chopin de Varsovie à la salle Cortot.
* Un cycle de 6 concerts gratuits au jardin du Luxembourg du 20 juin au 25 juillet.
* Un double hommage Chopin/Schumann (pour le bicentenaire de leur naissance) du 18 juin au 14 juillet à l’Orangerie de Bagatelle.

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Sans parler de deux petites expositions: l’une au musée de la Vie Romantique, l’autre à la Cité de la Musique qui permettent de situer la venue et l’installation de Chopin à Paris au cœur des cercles intellectuels et artistiques de l’époque, de comprendre son attachement indéfectible au piano et de pénétrer au cœur de l’atelier du compositeur. Si deux établissements publics collaborent autour de ce projet c’est avant tout parce que la BNF et le musée de la Musique possèdent dans leurs collections de nombreux témoignages de l’effervescence de l’époque: manuscrits, correspondances, estampes, premières éditions des œuvres, instruments et objets anciens. Passionnant !

Je vous emmène ?

Frédéric Chopin, La Note Bleue – Musée de la Vie Romantique

Jusqu’au 11 juillet prochain, le musée de la Vie Romantique, un endroit parisien un peu hors du temps que j’aime beaucoup, propose une petite exposition pour rendre hommage à Chopin, qui se rendait souvent dans cette maison rue Chaptal, en voisin et ami de Scheffer. L’exposition a été baptisée « La Note bleue » en référence à une discussion entre Eugène Delacroix et George Sand sur la musique de Chopin et les correspondances entre les notes et les couleurs. Sand a relaté cet échange dans ses mémoires, Impressions et souvenirs, et ressentait le jeu de Chopin comme « l’azur de la nuit transparente ».

Cette expo se traverse comme une sorte d’évocation des années parisiennes de l’artiste: elle essaie de recréer l’atmosphère historique, esthétique et poétique dans laquelle s’est épanoui le génie musical de Chopin entre 1831 et 1849. On navigue ainsi entre littérature, peinture et musique au milieu de peintures, sculptures et dessins de Chassériau, Clésinger, Corot, Delacroix, Courbet, Scheffer…

Le Musée de la Vie Romantique nous propose ici une évocation, une toute petite balade littéraire, esthétique et musicale dans les pas de l’artiste. On y apprend peu de choses au final (pas de but pédagogique ici), mais l’expo est à visage humain (pas adaptée DU TOUT à une foule trop nombreuse… contrairement au jour du vernissage !), et se visite avec les œuvres de Chopin en fond sonore. Pour les amoureux de l’artiste uniquement !

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C’est où ?
Frédéric Chopin, la Note Bleue

Musée de la Vie Romantique – Hôtel Scheffer-Renan
16, rue Chaptal (9è) – M° Pigalle ou St Georges
Ouvert tous les jours de 10h à 18h (nocturne le jeudi jusqu’à 20h), sauf les lundis et jours fériés.
Tarifs:
7€/5€
Le site.
Jusqu’au 11 juillet 2010.

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Chopin à Paris, l’atelier du compositeur – Cité de la Musique

L’exposition « Chopin à Paris, l’atelier du compositeur » est le fruit d’une très chouette collaboration entre la Cité de la Musique et la Bibliothèque Nationale de France et a un réel intérêt, dans le sens où elle permet de créer un lien immédiat entre l’écriture, l’image et les sonorités qui composent l’univers de Chopin. La Cité de la Musique nous propose ici un parcours thématique, en plusieurs parties, dans lequel s’entremêlent manuscrits, éditions rares, tableaux, dessins, partitions et instruments.

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La première partie de l’exposition, Pianopolis, nous fait découvrir Paris en 1830, à un moment où la ville est la capitale européenne des Arts et attire de nombreux artistes de l’Europe entière. C’est à cette époque que le goût pour le piano s’est affirmé (au tournant du XVIIIe siècle) et où l’instrument acquiert (au début du XIXe siècle) un véritable statut privilégié, notamment au sein de la bourgeoisie. C’est dans ce contexte que Chopin rencontre les pianistes Franz Liszt et Ferdinand Hiller, qui font la gloire des concerts parisiens, et voit en Frédéric Kalkbrenner un maître incontesté du piano. L’expo permet également de se rendre compte que les facteurs de piano, comme Sébastien Érard ou Camille Pleyel, sont aussi des acteurs essentiels de cette vie musicale, d’autant qu’ils adjoignent à leurs ateliers des salons qui deviennent rapidement des lieux de concert réputés.

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La seconde partie de l’expo nous propose une balade dans les cercles amicaux et artistiques de l’époque. On voit que pendant toute sa carrière Chopin est un artiste à part, préférant l’intimité des salons à la lumière des salles de concerts. A cette époque, c’est d’ailleurs dans ces salons que se joue la vie musicale, ce sont de vrais noyaux de sociabilité mondaine et des berceaux d’échanges entre les arts. Cela amène évidemment Chopin à fréquenter l’aristocratie et la haute bourgeoisie parisiennes, auprès desquelles il trouve ses premiers élèves et se produit en concert. Il y croise artistes, écrivains et journalistes, et y rencontre George Sand, qui jouera un rôle protecteur essentiel auprès du compositeur et lui rendra familiers certains cercles intellectuels. Ils auront une liaison entre 1838 et 1847.

Chopin, qui se considère toujours comme un exilé politique, fréquente activement le milieu de l’immigration polonaise où il retrouve ses racines culturelles. En 1833, il rejoint la Société Littéraire Polonaise, qui rassemble les intellectuels polonais exilés, dont le grand poète Adam Mickiewicz. Ce milieu, où la langue et les traditions polonaises reprennent vie, est déterminant pour Chopin puisque cela lui permet de garder un lien avec son pays et il compose d’ailleurs des œuvres d’inspiration polonaise, mazurkas ou polonaises, souvent dédiées à ses compatriotes en exil.

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Ensuite, l’expo nous fait pénétrer à l’intérieur de l’atelier de Chopin et c’est là, qu’à mon goût, elle devient vraiment la plus intéressante. On apprend que les premières œuvres parisiennes de Chopin privilégient d’abord des formes brèves – mazurkas, nocturnes – très vite concurrencées par des pièces de plus grand format telles que scherzos, ballades et polonaises. Brillant improvisateur, Chopin ne compose pas à sa table de travail mais au piano. Selon George Sand, « sa création était spontanée, miraculeuse… Elle venait sur son piano soudaine, complète, sublime ». Impressionnant quand on voit le résultat ! Vient ensuite une phase d’écriture, longue et difficile, comme en témoignent esquisses, manuscrits mis au net et épreuves corrigées. Ce travail laborieux s’achève lors de l’édition simultanée des œuvres de Chopin à Paris, Londres, Leipzig et Berlin: cette diffusion, plus que sa notoriété de pianiste, conforte sa célébrité dans toute l’Europe.

L’expo met également en lumière les sources d’inspiration de Chopin. Sa musique trouve ses racines dans celle des grands maîtres du passé comme Bach, dont il sait par cœur Le Clavier bien tempéré qu’il joue quotidiennement. Fin connaisseur de Mozart, son œuvre s’imprègne également du bel canto italien. À son arrivée à Paris, il assiste aux représentations de Robert le Diable de Meyerbeer dont la mise en scène spectaculaire l’enthousiasme. Il fréquente le Théâtre Italien, rencontre Rossini, Cherubini et Paër, et admire surtout l’art de Bellini.

L’exposition permet de voir qu’il choisit de cultiver aussi bien les formes et genres hérités de l’âge classique (études, préludes, sonates, variations) que celles dessinées par l’esprit romantique (ballades, nocturnes, scherzos, valses, tarentelles, berceuses). C’est dans cette double approche qu’il faut comprendre l’inventivité et le génie de la musique de Chopin. Le salon d’écoute, dans lequel on peut entendre de larges extraits musicaux et assister à des concerts donnés tous les samedis sur le piano à queue Broadwood que Chopin a utilisé en 1848 lors de sa tournée britannique, vaut vraiment la peine qu’on s’y attarde. Le parcours s’achève juste après, dans le salon de Cinéma où sont présentés des extraits de films autour de l’œuvre de Chopin.

Vous l’avez surement deviné, j’ai vraiment beaucoup aimé cette expo et pour plusieurs raisons. J’ai vraiment apprécié son atmosphère feutrée, intime et tamisée comme, j’imagine, devait l’être celle des salons qu’adorait fréquenter Chopin. La façon de présenter les manuscrits pour rappeler les racines de son art, son rapport complexe aux sonorités musicales, inventées dans l’élan de l’improvisation et recherchées dans les innovations de la facture du piano est tout à fait pertinente. J’ai largement préféré cette expo à celle du musée de la Vie Romantique: elle est bien mieux organisée, mieux agencée, bien documentée et en bonus, à l’entrée, nous est fourni un audio-guide gratuit avec accompagnement musical pour illustrer le propos. Du coup, tout au long du parcours, de longues plages musicales en rapport avec les œuvres présentées sont disponibles à l’écoute et l’on peut en profiter à son gré, c’est vraiment réussi. Une très belle expo, à ne pas manquer !

C’est où ?
Chopin à Paris, l’Atelier du Compositeur
Cité de la Musique
221, avenue Jean-Jaurès (19è) – M° Porte de Pantin
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h (nocturne le vendredi jusqu’à 22h) et le dimanche de 10h à 18h.
Tarifs (avec audio-guide inclus): 8€/5€60. Tarif réduit sur présentation du billet d’entrée à l’exposition Chopin, la Note Bleue du Musée de la Vie Romantique (et vice-versa).
Le site.
Jusqu’au 6 juin 2010.

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