Beyond Magic

« Il était une fois Disney, aux sources de l’art des studios Disney » présente jusqu’au 15 janvier 2007 quelques 500 dessins originaux, maquettes ou extraits de films, « pour faire comprendre que Walt Disney était un artiste », dit Bruno Girveau, commissaire général de cette exposition « atypique », dit-il.

Walt Disney est certainement l’un des créateurs les plus originaux du XXème siècle. S’il n’est pas l’inventeur du dessin animé, il est le premier à lui donner une audience universelle. De « Blanche Neige et les sept nains » (1937) au « Livre de la Jungle » (1967), l’exposition se propose de rapprocher les dessins originaux des studios Disney des oeuvres et créations de l’art occidental qui les ont inspirés. Mis sur un pied d’égalité avec les Gauguin et autres Monet, c’est au tour de Bambi, Mickey et Blanche-Neige d’occuper les salles prestigieuses du Grand Palais à Paris pour raconter comment Walt Disney a puisé son inspiration dans l’art, de la miniature médiévale au cinéma allemand.

Disney était un autodidacte, il a quitté l’école très tôt, mais il avait une intuition artistique infaillible. Il arrête rapidement de dessiner lui-même, au milieu des années 20, mais sera un chef d’orchestre, intervenant à chaque étape de la création.

Il fût un auteur et un démiurge dont la première qualité a été de réunir des talents. Ses illustrateurs – Albert Hunter, Gustaf Tenggren, Kay Nielsen, … – souvent d’origine européenne et formés dans des écoles d’art, ont alors amené leurs propres influences classiques. Disney va mélanger sans aucun scrupule ces influences avec sa propre culture, celle d’un Américain moyen, pour en faire une culture populaire.

Dans une scénographie signée du designer italien Alessandro Mendini, qui plonge le visiteur dans un univers coloré de châteaux à tourelles, on découvre que Blanche-Neige (1937), quand elle est au balcon, ressemble étrangement à la Juliette d’un film de George Cukor de 1936 alors que sa maison dans la forêt vient de « Métropolis », de Fritz Lang (1926).

La méchante reine est un mélange de Joan Crawford et d’une princesse du XIIIe statufiée dans la cathédrale de Naumbourg, en Allemagne ; le château de la Belle au Bois Dormant vient d’une enluminure médiévale et d’un château de Bavière ; la fée bleue de Pinocchio tient de Jean Harlow et Alice au pays des Merveilles s’inspire des célèbres illustrations de John Tenniel ou d’Arthur Rackham.

Dans les années 30, Disney était venu en Europe où il avait acheté des centaines de livres illustrés par tout ce qui compte du XIXe et du XXe, Gustave Doré, Benjamin Rabier, Béatrix Potter, etc… Nombre de ces livres, qui étaient à la disposition des illustrateurs, sont exposés aux côtés de dizaines de dessins préparatoires, celluloïds, maquettes qui n’ont pour l’essentiel jamais été montrés.

Le visiteur peut également découvrir une perle rare, « Destino », un court-métrage de six minutes réalisé en 2003 à partir d’une collaboration Salvador Dali – Disney, restée à l’état d’ébauche.

Non seulement l’expo est super bien agencée, mais elle est très riche en détails et en cela, très intéressante pour moi qui ai grandi avec tous ces merveilleux films dans un coin de ma tête. C’est une vraie madeleine de Proust pour l’imagination et comme un miroir qui nous renvoie vers les plus beaux endroits de notre enfance.

INDISPENSABLE !

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